Les promesses n’engagent que ceux qui y croient 1855

Les élections au Congo sont passées, les élections présidentielles françaises aussi.

Mais voilà, il existe un adage, qui ne fait que se vérifier depuis qu’il a été émis, et qui clame: « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ».

Un engagement implique la signature d’un contrat et si l’une des parties signataires ne respectent pas une des clauses, elle est passible de sanction. Une promesse, le seul engagement réside dans la crédulité de l’auditeur, de celui à qui la promesse est adressée. Un politique t’oblige à le croire sur parole. Il te fait rêver.

Ce 10 juin à Bruxelles comme dans toute la Belgique, à Paris comme dans toute la France, le peuple souverain est convoqué pour exercer son droit constitutionnel : voter.

Quoi de plus normal puisqu’on parle des pays démocratiques. La période électorale c’est le moment de prédilection pour faire des promesses. En effet que voulez-vous que les politiciens fassent d’autre que de promettre monts et merveilles à l’électeur pour lui arracher son suffrage? Et que faire d’autre pour l’électeur si ce n’est d’écouter ces promesses et de faire son choix en fonction de la promesse la plus séduisante?

Au réveil, il y a souvent beaucoup de déception. Déception inévitable car les politiques parlent beaucoup, promettent énormément et souvent sans avoir la pleine connaissance du dossier.

Mais une fois élu et confronté à l’exercice du pouvoir ils se rendent compte des contraintes du pouvoir et sacrifient certaines promesses.

A cause de la douloureuse expérience vécue au Congo, il nous semble judicieux de donner ce conseil aujourd’hui à tous ceux qui s’apprêtent à aller voter ce dimanche. En effet, que ne nous a-t-on pas promis avant les élections congolaises? Les candidats comme les donneurs de leçon ou « faiseurs de paix » n’ont pas lésiné sur les promesses et les arguments d’autorités: « voter pour la paix », « voter pour la stabilité », « Votez pour la bonne gouvernance », « je vais vous apporter l’abondance, l’éducation, l’école gratuite pour tous, les soins de santé », « nous allons vous aider à reconstruire », « le plein emploi », institution de l’allocation de chômage », « paiement des salaires », « construction des autoroutes »…

Les résultats des élections n’étaient pas encore proclamés que la première guerre de Gombe sera déclenchée. Avant même que les corps des victimes de cette première guerre ne sèchent dans la terre, une seconde guerre sera lancée, et une troisième et une nième. Jusqu’à l’éloignement du territoire de celui qui a osé être plus populaire que le « gagnant ».

Tout cela sous les yeux indifférents des faiseurs de paix et donneurs de leçon, qui justement ce jour là se sont rendus compte qu’ils devaient réviser leur satellite, entretenir les drones, récurer les armes, ou nettoyer les chars… Bref ils ont choisi de fermer les yeux.

Mieux voici nos « élus » aux pouvoir à tous les niveaux, la réalité leur sautent aux yeux, l’armée nationale tant vantée, n’est qu’un épouvantail destiné à faire fuir les oiseaux qui s’en sont rendus comptes aussi et viennent donc butiner à volonté sur le territoire national.

L’Angola, l’un de ces oiseaux, choisit de venir carrément tenter de se tailler un morceau du territoire copngolais. Elle y plante son drapeau, déplace les populations… Le ministre de l’intérieur decide de faire l’autruche, il déclare que ces territoires appartiennent à l’Angola. Médusés(c’est ainsi qu’on peut qualifier l’expression des élus provenant de ces territoires « angolais »). Le ministre de l’intérieur, leur ministre de tutelle choisi de renier publiquement une partie du territoire national. Le gouvernement Gizenga tout entier vient encore de confirmer cette bévue. Voilà comment vole en éclat la promesse de garantir l’intégrité du territoire faite à la population.

Mais qui est responsable? Ceux qui y ont cru selon l’adage « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». La morale de tout ça, car il y en a une : Soyez incrédules, devenez des « Saints Thomas ». Il vaut mieux bousculer le politique quand il vient solliciter votre voix qu’après lui avoir donné votre voix. Obliger-le à prendre des engagements fermes. Vous avez le droit en tant que peuple souverain de refuser de donner votre voix à un projet auquel vous ne croyez pas, à quelqu’un qui ne vous inspire pas confiance… Si vous ne voulez pas verser des larmes de crocodile comme nous les congolais.

Bon vote à tous les français et les belges ce 10 juin!

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