BELGA Mis en ligne le 28/11/2006 La Cour suprême congolaise a rejeté lundi soir les huit recours déposés par Jean-Pierre Bemba. Il réclamait l’annulation du scrutin pour diverses fraudes.
La Cour suprême a rejeté, lundi soir, les huit recours en contestation des résultats provisoires du second tour de l’élection présidentielle (Joseph Kabila 58,05pc, Jean-Pierre Bemba 41,95pc) déposés le 18 novembre dernier par Jean-Pierre Bemba. En conséquence, Joseph Kabila a été proclamé président de la République.
Le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt a immédiatement félicité ce dernier.
Centre-ville désert
L’audience de la Cour suprême – tenue dans le Salon rouge du ministère des Affaires étrangères en raison de la destruction des bâtiments normaux de ce tribunal par des manifestants pro-Bemba, mercredi dernier – était retransmise à la télévision, alors que le centre-ville de Kinshasa s’était vidé dès le milieu de l’après-midi et était « aussi désert qu’un dimanche matin à 6h ».
Les griefs de M. Bemba touchent au « vote par dérogation » (dans un bureau de vote situé hors de la circonscription normale de l’électeur), beaucoup trop nombreux; au « bourrage d’urnes »; au « taux de participation dans l’est » du pays, favorable à M. Kabila, que le camp Bemba juge trop élevé par rapport à ses observations; à « l’inégalité des moyens de campagne », le chef d’Etat sortant ayant été notoirement favorisé en la matière; à la « falsification des résultats » et à « l’empêchement des témoins d’accéder aux bureaux de vote ».
La Cour a déclaré les requêtes recevables mais « non fondées ». Examinant un à un les huit griefs, les juges ont estimé que le requérant n’avait pas apporté la preuve des accusations qu’il formulait.
Certaines des accusations formulées par M. Bemba ont été faites par les observateurs internationaux – notamment sur le nombre anormal de votes par dérogation – mais la défense du candidat malheureux semble n’avoir guère brillé. Elle s’est ainsi absentée sans explications avant d’avoir terminé ses plaidoiries, samedi dernier.
Dans plusieurs cas, elle n’a pas présenté les documents qui devaient soutenir ses accusations. Elle a en revanche été plus précise sur ses accusations d’empêchement de ses témoins d’accéder aux bureaux de vote, citant les numéros de ces derniers. La Cour suprême a alors demandé des explications sur ce point à la Commission électorale indépendante (CEI) qui a produit les procès-verbaux d’ouverture des bureaux de vote nommés, portant… la signature des témoins du candidat Bemba. Ces derniers étaient en revanche absents lors de la clôture du vote.
Certains spectateurs de la retransmission télévisée de l’audience, lundi soir, évoquaient la « maladresse » de la défense du requérant, supposant que cette dernière n’avait pas bien préparé ses dossiers.
Fausse rumeur
Kinshasa retenait à nouveau son souffle, lundi soir, se demandant si l’annonce de l’élection confirmée de Joseph Kabila allait déclencher des violences, dans une ville qui a voté à près de 70 pc pour le vaincu.
Certains observateurs en doutaient, cependant.
Ils basent leur appréciation sur le fait que vendredi dernier, la rumeur a été répandue dans les quartiers populaires de la capitale que Bemba était déclaré vainqueur, ce qui a suscité des fêtes dans nombre d’endroits. Lorsque la rumeur a été démentie, les gens sont retournés, mornes, à leurs occupations, mais ne se sont pas révoltés.
© La Libre Belgique 2006
