Ce n’est plus étonnant de voir à Kinshasa des enfants appelés enfants de la rue. A tous les ronds point de la capitale, on trouve des ces enfants sans ressources qui ont choisi pour demeure, la rue. Ne sachant comment se nourrir, la grande partie de ces enfants s’est spécialisée dans le vol. le vol du téléphone est devenu l’activité principale de ces enfants sans éducation qui sont prêts à insulter même des personnes qui pourraient être leurs parents. N’ayant où mettre la tête, ces enfants passent la nuit à la belle étoile même pendant la saison sèche considérée comme celle où il fait très froid pendant l’année. Nous avons circulé à travers la ville pour voir comment vive ces enfants et pour vous, nous avons interrogé un de leur Bruno qui n’a que 8 ans.
Culturek : Bonjour Bruno, que fais-tu ici
Bruno : Je suis chez moi. J’habite le rond point Mandela voila pourquoi je suis là
Culturek : Depuis quand tu es là et pourquoi ?
Bruno : Ca va faire deux ans que je suis ici. Ma mère est morte et je n’ai pas supporté vivre avec la nouvelle femme de mon père qui ne m’a pas rendu la vie facile.
Culturek : Elle te tapait ?
Bruno : Elle me demandait à faire tous les sales boulots de la maison et ça je n’en voulais pas. Elle ne faisait rien et moi j’étais le domestique de la maison.
Culturek : Ton père sait que tu es devenu un sans abri ?
Bruno : La femme de mon père compte plus que moi. Il sait que je suis là et c’est non loin de la maison puisque la maison est dans la commune de Lingwala. Pour lui c’est un bon débarra pour bien vivre avec sa femme.
Culturek : Nous t’avons surpris entrain de fumer, a-t-on age c’est dangereux
Bruno : Pourquoi seulement pour moi ça serait dangereux et pas pour les autres. Quand nous voyons les musiciens passer et certains hommes politiques, ils ont des grosses cigarettes (cigare) à la bouche et nous aimons ressembler à eux. Papa avait un cette cigarette à la tété c’était bon et moi comme je ne peux pas avoir les grosses, je fume les petites.
Culturek : Où dors-tu la nuit venue ?
Bruno : Nous dormons sur des cartons soit dans la station essence soit sur la pelouse devant une parcelle. On cherche les parcelles où il n’ y a pas de sentinelle pour être calme.
Culturek : Comment fais-tu en cette période où il fait très froid
Bruno : Pour vous dire vrai, la nuit a toujours été un cauchemar pour moi. Ces derniers temps il fait froid et même quand je fume j’ai toujours froid. Nous sommes obligés de dormir collé les uns les autres pour bénéficier de la chaleur humaine de l’autre.
Culturek : Comment trouves-tu la vie à la rue
Bruno : c’est une vie difficile dans la mesure où personne ne vient te donner à manger, il faut chercher pour mettre quelque chose sous la dent. Ici, c’est comme dans la forêt, le plus fort règne sur les faibles.
Culturek : Tu peux rentrer un jour chez toi ?
Bruno : je ne sais pas parce que je suis libre ici et je vais où je veux sans problème. A la maison, on va me taper et ça je ne veux pas. Je préfère rester ici plutôt que chez cette sorcière. Mon père prend toujours partie et moi je ne supporte pas ça.
Culturek : donc tu restera à la rue pour toujours ?
Bruno : aussi longtemps que cette sorcière sera à la maison, je ne mettrai pas mes pieds là bas. Je préfère mourir ici que travailler comme domestique.
