C’est autour d’une table même que quelques Congolais de Belgique ont suivi le déroulement des élections dans leur pays d’origine. A partir de 15 heures, Culture K avait convié des personnalités de la scène politique et culturelle congolaise à venir suivre et contrôlé le déroulement des élections dans toute l’étendue de la République. En alternant débat et dépêches, la question du processus électoral et de la démocratisation du Congo a une fois de plus été remise en question.
« Si le Congo change, l’Afrique changera aussi, parce que nous avons l’habitude de vous imiter (ndlr : imiter les Congolais) ». C’est en ces termes que s’est exprimé Dieudonné Kabongo, artiste comédien congolais. Il a voulu démontrer l’influence que les congolais ont sur l’Afrique, et ce, sur tous les plans de la vie de tous les jours. Il a exhorté les Congolais a être fier, mais avoir une fierté utile, c’est-à-dire, ancré sur des actions concrètes.
L’orateur est intervenu à un moment où le débat était à son comble. Les participants, des congolais intéressés par la marche du pays, et surtout par le processus électoral, étaient tous au rendez-vous pour suivre en temps réel le déroulement des élections au pays.
Tour à tour, Olivier Kayomo, Désiré Katompa et Rogatienne Kapema ont animé la soirée de mains de maître. Ils ont évoqué, avec leurs invités les questions qui tournent autour des déroulements des élections.
On notera particulièrement l’intervention de Cheik Fita, dramaturge congolais, qui a réfléchi sur l’avancement du processus électoral. « Le Congo, selon, certaines presses – occidentales surtout – tourne une page de son histoire. Mais la tourne-t-elle comme il se doit ? Nous vivons des élections avec des ratés. »
Paul Sampu, président de la Ligue des Electeurs en exil depuis 2005 en Belgique, a fait un exposé sur les propositions que son organisation avait faites à la Commission électorale Indépendante. Elle – l’organisation – avait insisté sur un mécanisme pouvant éviter toute tricherie : « comment faire des élections au sommet, sans passer par une organisation de la base ? ».
Les ratés de l’organisation de l’élection et la non justification de certains résultats, ont été évoqué par le professeur Tharcisse Loseke, candidat aux précédentes élections à la députation. Il a raconté comment il a vécu la campagne électorale et les fraudes qui ont émaillé le déroulement du premier tour.
Monsieur Jean B., citoyen belge, a souligné l’importance de l’auto prise en charge des Congolais. C’est à partir de là que l’on a rebondi sur la crise du leadership au Congo, avec un point d’achoppement sur l’implication des hommes de Dieu.
Notons la présence de Samson, de Bana congo, qui a évoqué l’implication de la diaspora dans le processus électoral au Congo, et évoqué la marche à suivre, après la journée du 29 octobre.
Tout au long du débat, plusieurs dépêches sont tombés sur le plateau. L’équipe de Culturek était en direct avec les villes de Kayemba, Bumba, Kinshasa, Matadi, Lubumbashi, Kananga, Bukavu. De ces dépêches l’on nous a signalé une participation moins massive qu’au premier tour, suite à la pluie qui s’est abattu sur plusieurs grandes villes du pays. Des incidents ont été enregistré à Bumba, où les électeurs ont voulu faire échouer une tentative de fraude. On y a déploré deux morts. A Kananga, un chef du Pprd a été battu, car il voulait corrompre les électeurs qui allaient aux urnes. Pendant que dans la Commune de Kinshasa, dans la capitale, des heurts ont opposé des policiers et des électeurs, qui ont décrié la tentative de corruption de Christophe Muzungu, un acolyte du candidat Kabila.
Tous les participants de la soirée sont sortis satisfaits de l’organisation, de la qualité des informations ainsi que de la richesse des débats. Les organisateurs de la manifestation promettent d’autres rencontres, car disent-ils : « la lutte continue ! »
