LEGISLATIVES BELGES DE JUIN 2007 :LE DEFI DE GISELE MANDAILA A LA COMMUNAUTE AFRICAINE 1550

Ce mercredi 24 janvier 2007, à peine le Roi Albert II de Belgique finissait de recevoir les corps constitués pour les vœux du nouvel an, qu’un membre du gouvernement fédéral belge lançait sa campagne électorale : Gisèle Mandaïla Secrétaire d’Etat aux familles et aux personnes handicapées.

Les grosses pointures de la politique belge multiplient déjà les prétextes pour attirer les médias. Guy Verhofstadt lui-même, Premier ministre sortant n’a pas manqué l’occasion dans son discours aux corps constitués : il a caressé l’électorat flamand dans le sens du poil en prenant position sur la nécessité des réformes institutionnelles. L’enjeu est de taille, il veut se succéder à lui-même. Distancé par les autres partis flamands, même par le Vlaams Belang, le VLD, parti du Premier ministre aura forte à faire pour remonter la pente.

Evoluant dans la cour des grands, la secrétaire d’Etat belge d’origine congolaise a décidé de ne pas être à la traîne. C’est ainsi qu’elle a invité ce jour les représentants de différentes associations africaines de Belgique à une rencontre d’échange de vœux pour 2007.

C’était au siège du FDF son parti, sis127, chaussée de Charleroi dans la commune de Saint-Gilles.

Les vœux n’ont pris que deux minutes : bonheur, réussite, prospérité, sans et paix pour tout le monde, en cette période de grande turbulence au niveau planétaire. Puis c’est le saut dans la politique.

Gisèle Mandaïla sera-t-elle ou pas sur la liste du MR dont le FDF est membre ? A quelle place ? La réponse à ces deux questions dépend des paramètres suivants :

– La circonscription des élections législatives fédérales est très grande, le nombre de voix à obtenir est plus important.

– Ont priorité sur les listes, les mandataires sortants : ministres, sénateurs, députés sans compter les dirigeants des partis. Un joli paquet.

– Le nombre d’élus par parti dans chaque circonscription varie entre 2 et 5.

Des grandes communautés d’origine étrangère en Belgique, la communauté sub-saharienne est la moins visible sur l’échiquier politique, en comparaison aux turcs et aux maghrébins.

Ainsi, à plusieurs niveaux des décisions, les sub-sahariens n’ont pas d’ « avocat. »

Tous les partis aligneront leurs candidats blacks. Avec quelles chances d’être élus ? Ne seront-ils pas que des rabatteurs de voix ?

Quel doit être le comportement des électeurs africains, doivent-ils porter la candidate ou le candidat susceptible d’être élu, ou vont-ils se donner le luxe de disperser leurs voix ? Avec comme conséquence d’être absent du parlement fédéral, comme maintenant ?

Objectivement, en tant que candidate, Gisèle Mandaïla se considère comme étant la personne la mieux indiquée pour être portée par la communauté africaine :

– Première noire à travailler dans l’exécutif fédéral, elle a eu l’occasion de naviguer dans les autres institutions fédérales : Sénat, parlement. C’est une expérience à capitaliser. Il n’est pas sage de toujours recommencer alors que les autre avancent.

– Il est quasi certain que la coalisation gouvernementale sera composée du PS, parti socialiste et du MR. Si elle est élue, la communauté africaine disposera d’un parlementaire dans la coalition au pouvoir. Or au parti socialiste, il n’y a pas de candidat africain susceptible d’être bien placé sur la liste pour ensuite être élu.

Pour être élue, il faudra engranger 12.000 voix au moins. Cela sous-entend, un large consensus dans la communauté sur une candidate ou un candidat.

Les sub-sahariens le pourront-ils ?

Des difficultés pour y arriver ? Oui . Mandaïla ne se voile pas la face. La mauvaise cote du MR auprès des congolais, compte tenu de la politique belge au Congo. Est-ce pour autant que la communauté ne devra pas avoir son représentant pour changer de l’intérieur ceux qui sont considérés comme oeuvrant contre le Congo ?

Elle assume sa présence au MR. Elle n’est pas une girouette, elle veut rester constante. Et c’est une qualité en politique.

Mandaïla pense que les Africains, surtout les Congolais devraient aborder les enjeux politiques avec moins de passion et plus de pragmatisme. Et surtout faire la part des choses entre la lutte pour le changement au Congo et le combat pour accéder à une meilleure vie ici en Belgique.

Pour le changement au Congo, elle a commencé sa lutte il y a très longtemps. A 17 ans, elle avait une fois interpellé monsieur Mobutu sur la me-gestion et la fracture qui existait entre le peuple et son dirigeant. Elle fut même interdite de séjour au Congo.

Et de lancer cet appel aux électeurs belges d’origine africaine : « Je suis candidate. J’ai besoin de 12.000 voix. Dites-le à tous vos amis électeurs. Mon élection n’est pas un défi pour moi, mais pour vous. »

La communauté africaine de Belgique pourra-t-elle relever ce défi ? Quel sera le comportement des électeurs belges d’origine congolaise qui constituent le plus grand nombre ? Gisèle Mandaïla a cinq mois pour convaincre.

Rendez-vous le 10 juin prochain pour le verdict.

Bruxelles le 25 janvier 2007

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