Depuis quelques jours un bras de fer se joue entre l’ONATRA et les habitants d’un quartier de Limete. Ces pauvres gens ont acheté des terrains le long des rails du train à Limete quartier industriel. Ils se sont construit des maisons sur ces terrains, créant ainsi le quartier « SOCOPAO » du nom d’une grande industrie qui se trouvait dans les parages il y a belle lurette.
L’ONATRA s’est réveillé depuis un certain et a décidé de faire déguerpir ces personnes de « son » terrain. Il s’est donc engagé un bras de fer dont se sont fait l’écho toutes les chaînes de télévision congolaise.
Le quartier compte environ 5,000 habitants qui se comptent parmi les plus pauvres de la ville. Les faire déguerpir sans proposer des solutions de relogement est inhumain, surtout que ces gens ont pour la plupart payé naïvement leur terrain aux « autorités ». Ils sont détenteurs de titre de propriété en bonne et dû forme (si cette expression signifie encore quelque chose dans le Congo de l’AFDL, hier Zaïre de Mobutu).
La justice avait donné raison à l’ONATRA et émis un avis de démolition de ces constructions sauvages. L’expulsion devait se faire le vendredi dernier, mais devant la résistance des habitants et leurs sympathisants, un délai de grâce de 48 heures avait été donné aux habitants. Nous apprenons donc ce dimanche 14 janvier 2007, que la police s’est mise à évacuer sans ménagement ces personnes.
Est-ce cela le sens de la fin de la « récréation » prôné par Joseph Kabila? On se le demande quand on voit que jusqu’à aujourd’hui les puissants qui pillent réellement les richesses du pays, qui ont détourné et détournent encore les deniers publics restent impunis et pire, sont prêts à être reconduit dans de hautes fonctions. Le responsable de l’ONATRA qui avait vendu ces terrains n’a pas été à notre connaissance sanctionné à ce jour… Nous pensons que cette personne devrait être identifiée et que les victimes de ces agissements devraient se regrouper en un collectif afin de le faire traduire en justice. Ce genre de chose est normal et courant dans un pays dit démocratique. Jusqu’à quand le peuple congolais doit-il supporter ces grandes injustices?
Autres victimes de la fin de la recréation, les petits vendeurs ambulants. Ces jeunes orphelins, rejetés, abandonnés et poussés dans la rue par l’indigence de leurs parents sont systématiquement pourchassés, arrêtés, harcelés par les autorités de la ville et du pays. Tout cela toujours et encore sans apporter de solution à la cause de leur présence dans la rue. Les shégués sont la preuve vivante de l’irresponsabilité de la société kinoise. Aucun enfant de 4 ans ne va dans la rue par choix.
Fini la recréation, oui mais pour qui?
