Lors de la séance de ce mercredi 9 mai 2007 au Palais de Justice Bruxelles, aucun avocat belge d’origine congolaise n’ose avoir le courage de défendre le Cerco/Ulb dans cette affaire au tribunal correctionnel de Bruxelles, par peur de représailles, dit-on. Ce procès est un dossier costaud aux effets d’entraînement multiples : tout peut arriver dans la classe politique belge et congolaise.
Le seul avocat congolo-belge Adar Binzunga qui a décidé de sauver l’honneur, est venu en catastrophe au tribunal suite, nous a-t-il déclaré, à l’appel téléphonique matinal des journalistes de LA LIBRE BELGIQUE qui l’ont réveillé. La presse belge suit discrètement ce procès sans se manifester physiquement lors de l’audience.
Me Binzunga a eu des discussions chaudes avec les membres de CERCO/Ulb après la séance du report sur la procédure à suivre. Il est possible que la citation soit encore bétonnée juridiquement avant la séance prévue le 26/9/2007.
La juge de la séance a soulevé le problème de la recevabilité et de la compétence de son tribunal sur ce dossier car la citation fait aussi allusion aux 6 millions de morts au Congo.
En réaction, les membres de Cerco/Ulb se sont défendus, après la séance que, cette référence aux 6 millions de victimes n’est pas à l’ordre du jour et a été écrite juste comme « effet d’entraînement d’actes et des contrats miniers aux clauses léonins comme celui de Forrest d’une part, la Gécamines et l’Etat congolais d’autre part, et que la juge ne peut pas s’appuyer sur une phrase sans analyser et sans pénétrer les griefs à charge de l’Office du Ducroire ». Le procureur et la juge du tribunal ont donné l’impression de n’avoir pas bien étudié le dossier avant l’audience.
Les membres de CERCO/Ulb sont mécontents du report et parlent de la manipulation du tribunal par une main invisible. L’ombre de Louis Michel plane sur cette affaire : au moment de transfert de 22 millions Usd de l’office du Ducroire à Georges Arthur Forest, des témoignages dénoncent l’aval du ministre des affaires étrangères que fut Louis Michel à cette époque. Opération financière rare envers un pays à haut risque qu’est la Rdc classée à la catégorie sept.
L’office du Ducroire et Forrest ont été défendus par Me David Ribant du cabinet Marc Uyttendal, l’époux de l’actuel ministre fédéral belge de la justice ! Marc Uyttendal est aussi professeur de droit constitutionnel à l’Ulb. Ce qui donne l’image d’un procès entre un professeur et ses étudiants réunis au sein de CERCO/Ulb.
Le recours à ce grand cabinet d’avocat témoigne que ce procès est pris très au sérieux en Belgique. « Depuis février 1960, c’est la première fois que les congolais prouvent aux belges la rationalité de leurs revendications en recourant à la justice pour réclamer leurs droits car le Congo n’est pas encore indépendant politiquement, financièrement et économiquement » a déclaré Georges Kimba, fils de Kimba pendu par Mobutu au pont Kasa-Vubu à Kinshasa, lui aussi présent dans la salle de l’audience.
CERCO/Ulb demande à tout congolais, à la Gécamines, à l’Etat congolais de se constituer partie civile et de leur apporter l’appui, de différentes manières, à ce procès, « une première dans les relations belgo- congolaises »
Jean-Willy Bondjala Bo Sisimi
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