Le phénomène ‘’Libanga’’ emprunté par les journalistes 1528

La télévision congolaise n’ayant plus de modèle, les journalistes et surtout les animateurs qui ne sont passés par aucune école de journalisme, confondent le micro de la télévision à celui des musiciens. Il n’est plus intéressant de suivre la télévision à Kinshasa. Les chaînes de télévisions naissent tous les jours et pour la seule ville de Kinshasa, on compte plus de 35 chaînes. La crise économique mélangé à la mauvaise gestion des propriétaires de ces entreprises de presse a fait que les journalistes ont trouvé un moyen de se faire payé par le public. La pratique est simple, faire un coucou à un riche de la capitale ou du pays et après l’émission recevoir un peu d’argent.

Cette pratique a fait que les journalistes ont remplacé le primordial par l’accessoire. L’information ne prime pas étant donné que les journalistes estiment qu’elle ne pays pas alors que citer le nom d’une personne à longueur de l’émission paye très bien. Le phénomène ‘’libanga’’ a commencé dans le monde musical. Les musiciens congolais avaient trouvé comment soutirer de l’argent à ceux qui aiment la musique qu’ils font. Nous nous rappellerons que lors d’un enregistrement à Paris avec nouvelle Ecriture, Papa Wemba avait demandé à ces musiciens venus de Kinshasa de ne pas lancer n’importe qui mais que tout celui qui voulait entendre son nom à l’album devait payer 5000$. Cela avait permis aux musiciens d’acheter des véhicules et des habits avant leur retour à Kinshasa. Mais, il est vrai que cela est bénéfique pour les musiciens parce qu’ils ont les poches remplies mais de l’autre coté, les chansons ont perdu leur beauté et tout leur sens. Dans certaines chansons au lieu d’écouter des bonnes phrases, ce sont des noms des personnes que très souvent le public ne connaît même pas. JB Mpiana a même écrit une chanson où il n’a fait que citer des noms des personnes qui soutiennent son groupe. Papa Wemba, Koffi Olomide et d’autres ne font pas exception à cette pratique qui a fait que notre musique perde un peu de sa notoriété.
Ce qui est touchant dans notre pays, c’est de voir que les musiciens sont devenus des modèles de la jeunesse et cela est allé jusqu’à la télévision. Il n’est plus étonnant de voir sur les petits écrans de Kinshasa des journalistes parler comme des musiciens. La télévision que nous avons connu du temps de Lukunku Sampu, Manda Tshebwa n’existe plus, les jeunes ne voulant pas travailler comme l’ont fait nos parents pensent qu’il faut pour être connu et devenir une star de télévision, citer des noms d’hommes célèbres. Le journalisme n’est pas synonyme de mendicité. Le journaliste doit travailler et être payé pour le travail abattu durant le mois et non recevoir de l’argent pour le nombre de fois qu’il aurait cité un nom à la télévision. La haute autorité des médias a du pain sur la planche. Nous osons croire que la fin de la recréation concerne tout le monde et même l’espace médiatique congolais. Certaines chaînes kinoises sont sur satellite et nous nous demandons ce que disent tous ceux qui nous suivent à l’extérieur quand ils voient le temps que passent nos journalistes à mendier à la télévision.

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