Le nouveau plan de colonisation tutsi dans le Kivu montagneux 282

C’était il y a 7 ans. Le congolais à la memoire courte, culturek se charge de la rallonger en publiat une série d’article qui nous aideront à apporter une lumière nouvelle sur nos acteurs politiques. Bonne lecture!

Africa Information and Publishing Service

Washington

27.07.98

Des informations troublantes en provenance du Kivu font de plus en plus etat de la mise en oeuvre, depuis plusieurs semaines, de l’occupation partielle du territoire congolais par les ressortissants Tutsi, conformement aux termes du plan conclu a Lemera en 1996-97 entre l’AFDL, alors en rebellion et les principaux commanditaires du soulevement, particulierement le Rwanda.

Selon plusieurs temoignages, des personnes parlant principalement l’anglais ou un francais sommaire et d’une morphologie assimilable a celle de l’ ethnie Tutsi auraient debarqués en quantités innombrables sur le territoire du Nord et Sud Kivu. Le gouvernement congolais garde un mutisme total sur ce mouvement de population qui revet un caractere hors du commun. Debut juillet, le quotidien ougandais, New Vision, dans son edition du 6, indiquait que les militaires de Yoweri Museveni avaient deplace leur base d’operations de Kiraro, dans le district de Kasese en Ouganda, vers la localite congolaise de Ntabi, situee a 15 km de la frontiere pour orchestrer les combats avec les elements rebelles de l’ADF. Ntabi a ete prise d’assaut par un bataillon ougandais le jeudi 2 juillet sous les ordres du lieutenant-colonel Tumusiine Nyakaitana et du brigadier James Kazini.

Kinshasa ne semble pas avoir donne une replique adequate a ce qui ressemble fort bien a un viol de la souverainete nationale.

Par ailleurs, des rumeurs persistantes vont dans le sens de la creation prochaine de la « Republique Independante du Kivu » qui serait composee de quatre provinces : la province de Mulenge, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu et le Maniema. Le gouvernement unitariste du President Kabila ne leve aucune voix de protestation contre ce projet de demembrement de la Republique democratique du Congo.

Avant de quitter Washington vendredi dernier, l’ancien Premier Ministre Kengo wa Dondo avait donne des eclaircissements sur la situation dans l’Est du pays, au cours de sa derniere conference au National Endowment for Democracy. Il avait notamment explique les differentes phases de versement des peuplades Tutsi sur le territoire congolais depuis l’epoque coloniale jusqu’a l’avenement des camps des refugies a Goma en 1994. Cette presence massive a provoque des probleme d’ordre demographique, d’ordre foncier et des problemes afferents a la representativite et donc au pouvoir. M. Kengo etait brievement revenu sur l’ordonnance signee par le president Mobutu en 1973 accordant globalement la nationalite congolaise aux Tutsi dans l’espoir d’eteindre les foyers de tentions avec les autochtones ( Nandes, Hundes, Nyanga, Bashi etc..) Cette disposition a ete annulee par l’activation de l’article 1 de la Constitution de Luluabourg par la Conference Nationale Souveraine. Selon cet article, « est Congolais, toute personne dont les parents, les grands-parents ou les arrieres-grands-parents se trouvaient sur le territoire congolais au moment de la Conference de Berlin.

Or, d’apres M. Kengo, aucune presence Tutsi n’etait signalee au Congo a cette epoque. Leurs revendications sont donc caduques. A ce probleme perplexe, M. Kengo a reconnu l’incapacite de ses gouvernements successifs a proposer une solution susceptible d’apporter une paix durable. Il pense maintenant que le calme dans l’Est du Congo viendrait peut-etre avec la relocalisation des ressortissants Tutsi sur un autre site a trouver sur le territoire congolais. Un dossier brulant, a precise Leon Kengo wa Dondo, qu’il faut traiter avec parcimonie, puisqu’au Congo, « toute terre appartient a une tribu ». Pour les premiers interesses, la solution a deja ete planifiee a Lemera entre les dirigeants actuels et leurs bailleurs.

Extrait du nouveau plan de colonisation tutsi dans le Kivu montagneux.


Periode de realisation : de 1998 a 2008 (soit 10 ans)

Source de financement : encore inconnue

Colonisation a 2 variantes :

– Imposition armee dans le Nord-Kivu

–  » Transfert tranquille  » dans le Sud-Kivu

La premiere phase va se realiser sans aucune forme de proces, sous le seul pretexte de faire chasse aux miliciens armes hutu (Interhamwe) et aux ex-Far qui destabilisent le Rwanda a partir du Nord-Kivu. L’occupation des villes de Goma et Butembo constitue la phase la plus decisive, suite a l’eventuelle resistance armee des autochtones. La realisation de la deuxieme phase du plan est dependante de la reussite de la premiere phase. Le « transfert tranquille « dans le Sud-Kivu est proportionnel a la resistance calme de l’elite de cette partie du Kivu, face a l’hegemonie tutsie dans la region des grands lacs. Cette phase est realisable en 3 etapes:

L’objectif tutsi dans les villes de Bukavu et d’Uvira est de faire de ces villes des villes les moins bantoues possible.

Cette deuxieme phase de la tutsisation du Kivu. montagneux se realisera en 3 etapes:

1. L’inondation dômographique dans le Sud-Kivu.

2. La separation physique entre les parties tutsies et celles habitees par les autochtones.

3. Le demantelement de l’entite non tutsie dans la province, plus particulierement dans les villes de Bukavu et d’Uvira.

Les deux premieres etapes seront realisees en cooperation avec le pouvoir de Kinshasa, qui organisera l’immigration des tutsis du Rwanda, Burundi, Ouganda, Somalie et eventuellement de l’Ethiopie vers la « Terre promise ». Ainsi sera payee la facture de guerre pour le Rwanda de Paul KAGAME (accords de Lemera). Pour financer cette colonisation tutsi, une banque appelee « banque d’implantation tutsie dans le Kivu » sera installee a Kigali, avec sa maison mere dans la ville de Kampala (Ouganda). Elle va financer les constructions des logements pour Tutsis dans le territoire occupe et, sous forme de credit, le commerce et l’administration des colons. Le plan prevoit: 600.000 constructions de logement pour la periode de 1999 a 2004. En cette annee, on prevoit alors organiser des elections municipales et pour le parlement en cooperation avec le pouvoir de Kinshasa. C’est alors que le Kivutien autochtone, devenu minoritaire, comprendra qu’il a perdu la partie. Alors on passera a la troisieme etape, le « transfert tranquille » proprement dit.

Cette etape constituera simplement a decourager les Kivutiens autochtones de vivre chez eux. La nouvelle administration, principalement ou totalement tutsie, leur interdira(loyalement), la construction de logements pour rendre la cohabitation (devenue alors dangereuse) impossible, soit en acquerant leurs maisons. On etablira des permis de residence, qui ne seront attribues aux Kivutiens autochtones que s’ils arrivent a remplir certaines conditions, dont la plus rude, necessaire et suffisante sera de prouver que son centre de vie se trouve dans le Kivu depuis 5 ans au moins. Or, dans le cadre du decouragement, on aurait amene un nombre considerable a immigrer a l’interieur du territoire congolais, plus particulieement vers la province orientale (ex-Haut Zaire) et vers la capitale, Kinshasa. Cette operation serait organisee par le pouvoir de Kinshasa dont particulierement les ministere de la Reconstruction et de l’interieur. Ces gens ne sont plus en mesure de remplir les conditions de se reinstaller sur le sol du Kivu Montagneux occupe. D’autres qui n’auraient quitte la province pourront ne pas s’averer capables de remplir ces conditions par manque de preuves suffisantes: par exemple, les factures d’electricite et d’eau… Ils seront loyalement deloges de leur residence ou on leur retirera le simple droit de se retrouver dans des villes administratives, telles que Bukavu, Uvira ou Goma.

La premiere variante du plan est prevue pour une duree d’une annee, allant de 1998 a 1999, tandis que la seconde couvre le reste de temps de realisation du plan.

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