En démocratie le souverain c’est le peuple. Pour tout démocrate, l’expression du peuple est sacrée ! 300.000 belges sont descendus dans la rue à l’occasion de la marche blanche, le gouvernement a vacillé, les lois ont été changées, des ministres ont démissionné et finalement c’est la majorité qui est tombée.
Après la mobilisation mondiale des congolais du monde entier le 30 juin 2005 pour exprimer leur refus de la formule 1+4 et de ses animateurs ; après le « MOBANGE YA DEMONSTRATION » du 09 juillet 2005 pour les mêmes raisons; le gouvernement congolais dans tout son ensemble se félicite d’avoir contenu les manifestations et évité les pillages, mépris du peuple par un refus d’écouter sa revendication pourtant claire 1+4=0.
La communauté internationale, composée en majorité des dirigeants des pays démocratiques, augmente les fonds alloués au gouvernement désavoué par sa base pour organiser des élections auxquelles ils ne croient pas; mépris de la volonté populaire. « Nous avons trop investi dans ce processus pour admettre qu’il a échoué. Nous ne pourrions pas le justifier auprès de notre opinion publique» C’est ainsi qu’ils choisissent de soutenir une mauvaise solution jusqu’au bout plutôt que de changer de fusil d’épaule quand ils se rendent compte qu’ils se sont trompés.
Tout ceci nous conforte dans l’idée que la lutte pour libérer notre pays sera longue et difficile. Tous ceux qui y entrent avec l’idée d’en tirer des dividendes dès le premier jour doivent comprendre que le pouvoir à partager, des postes ministériels à négocier, il n’y en aura pas avant longtemps. Nous devons faire plus avant d’espérer qu’on nous prenne en considération. Nous ne devons pas compter sur un quelconque soutien de quelqu’un. L’ANC s’est battu 40 ans, les Etats-Unis ont guerroyé et démarché les diplomaties pendant 11 ans pour faire reconnaître leur indépendance, la France a dû batailler quasi contre l’Europe entière pendant des dizaines d’années pour que la République Française soit reconnue. Ce n’est qu’après plusieurs combats et démonstrations de la sorte, ce n’est qu’à la suite d’une lutte acharnée et sans concession que nous aurons la victoire espérée….
Pendant que les « bailleurs des fonds »( = ceux qui prêtent de l’argent aux autres, ce n’est donc pas une aide, c’est un prêt avec des intérêts énormes que nous rembourserons pendant des générations !) négocient avec des irresponsables qui ne représentent qu’eux-mêmes, à 70 Km de BUKAVU, des fils du pays se font brûler vifs dans leurs cases par des militaires étrangers, parqués là par la même communauté Internationale, au vu et au su de la Monuc dont le patron est entrain d’appuyer l’allongement du budget électoral. 39 morts civils (càd hommes, femmes et enfants, paysans) dont le seul crime est d’être congolais, et de vivre depuis des générations dans ces 3 villages que ces rebelles ne convoitent même pas. Des meurtres pour rien comme il y en a des milliers au Congo tous les jours. Que dit le gouvernement ? Que fait la communauté internationale?
Le gouvernement ne dit rien comme d’habitude et méprise la vie de ces gens, la communauté internationale allonge le budget pour les élections, et nos chers intellectuels bien pensants diront que nous devons attendre les élections de 2006 et éviter le désordre, comme il y a un an, ils nous disaient d’attendre les élections de 2005, toujours pour éviter le « désordre ». Les massacres perpétrés ce week-end ne pouvant à leurs yeux être considérés comme du «désordre» parce qu’après coup la FARDC est venue libérer les fameux villages qui ne sont plus occupés que par les vaches et les champs de patates. Assez de mépris ! Le respect se mérite !
Apparemment il faut plus pour que nous méritions de la considération, alors n’hésitons plus, la révolution plus que jamais ! C’est ça qu’il faut. Nous le devons à ceux qui sont partis, nous la devons à nos enfants, nous la devons à nos ancêtres, nous la devons à nos compagnons de lutte tombés à nos côtés depuis le début, nous la devons même à ceux qui n’y croient pas pour paraphraser Jésus qui a dit : «Père, pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font». Beaucoup de nos compatriotes qui soutiennent cette formule le font par naïveté, par peur ou par égoïsme, très peu le font par conviction, alors ils méritent que nous les libérions aussi malgré eux.
