Dans le cadre des prochaines élections présidentielle et législative prévues le 30 juillet 2006 en République Démocratique du Congo, RDC, l’agence catholique Dia a mené une mini enquête sur terrain en vue d’estimer le coût de la campagne électorale pour promouvoir des candidats. En définitive, selon cette enquête, les candidats à la députation réunissent presque 100.000 dollars américains pour leur campagne.
Dans la répartition le constat est que pour avoir une chance de gagner dans la capitale, les candidats louent des panneaux publicitaires sur les grands axes routiers de Kinshasa moyennant 1500 dollars américains par mois ( information donnée par la Rfi). D’après des renseignements pris auprès des décorateurs, les candidats à la députation nationale se font jusqu’à 3.000 affiches dans leur circonscription élective. Des imprimeurs d’une société de la place ont révélé qu’un exemplaire en couleur de l’affiche de format A4 se négocie à 5.000 franc congolais, équivalent à 11 $ dollars américains. D’autres formats plus grand tels aux dimensions : 80 /50, 30/40, 50/30 coûtent par pièce entre 20 $ et 30 $. Les décorateurs ont aussi avoué confectionner de milliers des banderoles couvrant l’étendu des circonscriptions électorales, alors qu’ une banderole revient à 9 $ américains. Dans la rubrique des investissements quelques candidats ont loué des stades et des salles pour la tenue des meetings ( plus ou moins cinq fois), et mobilisé des charrois automobiles.
L’issu de l’enquête a aussi montré que les personnes sans ressources régulières et autres désœuvrés, candidats, éprouvent beaucoup de difficultés à opérer sur terrain car ils affrontent le suffrage sans grands moyens financier. Les résultats de cette enquête à mi-parcours de la campagne révèlent que la plupart des candidats connaissent des difficultés liées au financement de cette activité hormis apparemment ceux qui sont membres de l’Exécutif. Cet aspect est particulièrement perceptible à travers les médias. Un nombre restreint a littéralement confisqué l’espace audiovisuel au vu du nombre imposant des spots publicitaires en leur faveur (ministres en fonction, députés en place et gouverneurs en fonction) à l’opposé d’autres qui sont quasi absents.
Opinion critique
Depuis le lancement officiel de la campagne électorale le 29 juin 2006, des voix s’élèvent dans le milieu intellectuel de la capitale Kinshasa, critiquant le genre des financements de la campagne électorale 2006. D’après certains économistes approchés par l’agence Dia, les sources de financement demeurent jusqu’à présent opaques et les partis politiques ne parlent pas des techniques utilisées pour la collecte de fonds destinés à cette campagne 2006. D’après ces intellectuels, les partis concernés financent la campagne électorale de leurs membres, d’autres par le jeu d’alliances en créant un partenariat avec des bailleurs de fonds internationaux, ou encore par le biais des candidats nantis qui financent leurs alliés selon certaines conditions. D’après un économiste professeur d’université qui s’est entretenu le 13 juillet 2006 avec un journaliste de l’agence dia, les candidats qui travaillent dans les Institutions étatiques n’ont pas droit à un quelconque financement, leur campagne serait battue par le fonds propre soutiré normalement dans leurs rémunération.
Le fait que certains candidats soient dans l’incapacité de le faire prouve d’après des hommes politiques de la classe politique radicale congolaise qu’il existe une relative disproportion des moyens mis en jeu pour une campagne. D’une part, la campagne électorale est menée selon le modèle des Etats occidentaux pour les candidats nantis et d’autre part elle est financée selon le système D par des politiciens pauvres (des sans professions et des personnes n’ayant pas assez de soutien financier), a l’africaine a raillé un professionnel des médias. La même classe politique a dénoncé l’existence d’impairs dans l’utilisation des deniers publics pour des fins autres que celle prévue initialement. Pour les gens de la rue il est difficile de distinguer entre les moyens légitimes dont les gouvernements ont le droit de se servir à des fins légales et à des fins partisanes. Il est aujourd’hui difficile de distinguer entre une activité de routine et une activité de campagne.
Appel à la sanction des mauvaises pratiques
En conclusion de cette enquête, beaucoup des zones d’ombres demeurent sur les indications, la nature et la hauteur des financements. Lors du point de presse hebdomadaire du 12 juillet 2006, la mission des Nations Unies au Congo/Kinshasa, Monuc, a répondu à la question liée aux impairs dans la gestion de la chose publique durant la période électorale. Elle a affirmé que le peuple congolais est le seul souverain primaire qui devra sanctionner le cas des impairs par un vote de défiance pour punir les personnes concernées.
