L’ouvrage « La responsabilité des intellectuels dans la crise en Rd-Congo » de Freddy Mulumba Kabuayi wa Bondo a été au centre d’un débat enrichissant le vendredi 15 juin dernier à l’Alliance belgo-congolaise de Kinshasa. Bob Ntumba a succinctement résumé l’ouvrage, un réquisitoire sévère contre les intellectuels qui partagent la responsabilité de la crise congolaise avec les politiques.
«J’ai écrit cet ouvrage pour susciter le débat », a déclaré Freddy Mulumba l’auteur, avant l’ouverture du débat. Et de poursuivre : « 47 ans après l’indépendance, le pays est au fond du gouffre, dans la misère, la désolation. On doit s’interroger, avec tout ce que l’on a comme intelligentsia. On doit se dire la vérité, sans porter des gants, même si cette vérité dérange ». L’auteur de l’ouvrage a affirmé que les intellectuels ont failli à leur mission d’éclairer la population. Bien au contraire, ils ont menti à cette population et cette dernière n’a plus d’estime pour eux.
Répondant à plusieurs questions de l’assistance, Mulumba Kabuayi a soutenu que la culture d’attendre l’aide extérieure est notre malheur, car elle consacre notre dépendance. « Nous sommes incapables de nous gérer, et nous attendons que l’extérieur nous vienne en aide. Nous devons mettre fin à cela du fait que le monde actuel est celui des affaires. Le Congo démocratique doit se préparer afin de ne pas retomber dans une néo-colonisation », a-t-il martelé. Freddy Mulumba a proposé la relecture de l’histoire du pays pour prendre des bonnes solutions aux regards des enjeux réels de la mondialisation.
S’attardant sur la question ayant trait à la dimension spirituelle de l’intellectuel africain, et particulièrement congolais, Freddy Mulumba a démontré que les grandes civilisations à travers le monde ont d’abord des valeurs spirituelles solides. Mais en Afrique, la sorcellerie tue la société, au lieu de la développer. Par ailleurs, a laissé entendre l’orateur, une confusion règne dans l’acception de l’élite intellectuelle et l’élite politique. Et on oppose l’intellectuel au politique. L’homme politique considère l’intellectuel comme l’opposant. C’est dangereux, car le travail de l’un est coplèté par celui de l’autre. « C’est pendant de moments difficiles que les élites émergent. Et si tout était facile, la vie n’aurait pas de sens », a-t-il attesté.
Répondant à une question pertinente sur la tendance générale à l’irresponsabilité de l’élite congolaise d’accuser la communauté internationale dans la crise congolaise, Freddy Mulumba a été formel : « La responsabilité de la crise en Rd-Congo est partagée. Les intellectuels congolais ont leur part de responsabilité ». Le sénateur Mosengo a, dans sa contribution au débat, soutenu qu’il ne se pose pas un problème de l’intellectuel individuel. Cette question doit être perçue sur le plan collectif. Car cet intellectuel évolue dans un environnement socio-politique et économique dégradant. Enfin, l’auteur a demandé à ce que les jeunes nourrissent des grandes ambitions pour le pays.
