Nous avons reçu par un e-mail anonyme le récit dégoûtant de l’agression physique qu’ont subit Mr She Okitundu et ses compagnons devant les studios de OBETV. Nous tenons à préciser à l’intention de tous ceux qui pensent que nous sommes mêlés à ce déplorable incident, que de tels actes sont à condamner avec force autant que les assassinats de journalistes et de citoyens qui ont lieu quotidiennement au Congo autant que l’attaque surprise et public d’une partie de l’armée congolaise contre la résidence privée d’un vice président en exercice, autant que les arrestations arbitraires des shégués qui protestent contre leur conditions de vie misérable, autant que l’utilisation disproportionnée de la force contre des manifestants pacifiques à Kinshasa et sur toute la république. La paix est le fruit d’un arbre qui s’appelle aussi la paix. Et cet arbre pousse sur une terre qu’on appelle la Justice et s’arrose avec l’égalité des droits des uns et des autres. Chercher la paix, chercher la tolérance sans ces deux éléments indispensable c’est une demagogie dangereuse.
Quand des personnes sages demandaient un coup d’arrêt, une pause au processus de transition et/où électorale afin d’en corriger les imperfections et ainsi permettre de baliser le terrain pour mettre tout le monde ensemble, définir des règles justes, apaiser les tensions et inclure tout le monde. La réponse donnée par ceux qui se plaignent aujourd’hui de tout et de rien a été péremptoire : NON. Le chef de l’état ira même déclarer depuis BUKAVU ou GOMA, je suppose sur conseil de la victime dont nous déplorons le sort aujourd’hui, « qu’il n’avait plus le temps pour des palabres et arrangements entre politiciens, les élections rien que les élections ».
Ce qui se passe aujourd’hui, le climat exécrable que vivent les congolais, l’agressivité exacerbée, la tension à couper au couteau qui est vécu partout où se trouvent des congolais, les menaces proférées par-ci par-là sur les militaires de l’Eufor, tout cela n’est rien d’autres que les conséquences de « les élections rien que les élections ».
Monter des congolais contre d’autres congolais, comme cela fut le cas avant le premier tour et tout le long de la transition ne pouvait qu’aboutir à une situation pareille. « Etant donné que nous sommes tous congolais, étant donné que nous sommes tous des hommes, nous ne pouvons pas accepter passivement qu’un groupe de congolais décident en notre nom sans que nous n’ayons un mot à dire ! ». Refuser de comprendre cela a étét un mauvais choix politique, une très mauvaise stratégie. La même qui a amené les américains dans une impasse en Irak. Les battus choisissant de mener une autre forme de lutte plutôt que s’avouer vaincu.
La diaspora pour des raisons diverses et contradictoires ne votera pas. Un parti aussi grand que l’UDPS pour des raisons aussi diverses que contradictoires, autant internes qu’externes ne participe pas à ces élections. Plutôt que répondre par un mépris hautain et généralisé à toutes les suggestions et solutions proposées pour régler le problème, si la communauté internationale (Louis Michel en tête) et le pouvoir de Kinshasa (Kabila en tête) avait choisi l’ouverture, l’apaisement, l’écoute, la considération et surtout de ménager les susceptibilités, on aurait pu corriger le tir. On n’en serait pas réduit aujourd’hui, à pleurer sur le sort réservé à She Okitundu ou sur les vies des centaines de victimes de l’affrontement inutile entre Kabila et Bemba, principalement les riverains de la résidence de Bemba et du rond point FORESCOM, morts pour rien !
Il y a un peuple au Congo. Le Congo n’est pas un pays occupé seulement par des militants des multiples partis politiques, ni des dirigeants des institutions publiques et ou cadres. Le peuple congolais a pris conscience de ce qu’il est, il sait désormais faire ses choix en âme et conscience. Il a une opinion désormais et il est grand temps que tous commencent à en tenir compte. Ce peuple ne veut plus que quelqu’un parle en son nom sans mandat. Il a apprit, depuis le temps, à s’exprimer tout seul et clairement. Tant que tous n’apprendront pas à lui accorder sa place de souverain primaire pendant les trois minutes que dure le vote pour chaque citoyen, il y a à craindre que ce qui s’est passé à ‘Londres ne soit que le prelude à une longue serie d’actes barbares de ce type à travers le pays et le monde. Nous continuerons à déplorer et à condamner toutes violences. Mais nous ne dirons jamais à notre peuple de se laisser faire.
LA RESISTANCE EST UN DEVOIR SACRE ET INALIENABLE !
