« La Vsv tire la sonnette d’alarme en faveur de tous les détenus incarcérés sans procès juste et équitable jusqu’à ce jour pour atteinte à la sûreté de l’Etat ». L’ong de défense des droits de l’homme l’a fait savoir vendredi au cours d’un point de presse tenu à son siège de Kintambo par le vice-président Dolly Ibefo sur le thème « Application discriminatoire de la loi d’amnistie ».
La revendication de la Voix des sans voix (VsV) a eu pour prétexte la publication par le ministre de la Justice de la liste de quelque 58 personnes détenues à l’ex-prison de Makala ; lesquelles doivent bénéficier d’une mise en liberté conformément à la loi portant amnistie pour faits de guerre, infractions politiques et d’opinion. L’ong des droits de l’homme constate que plusieurs dizaines d’autres détenus ne figurent pas sur la liste publiée par le Garde des sceaux. C’est ce qu’elle a appelé une application discriminatoire de la loi d’amnistie.
La Vsv indique que, sous de fallacieux, ces personnes croupissent dans les différentes prisons du pays sans qu’aucun procès juste et équitable ne soit organisé pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur les charges qui pèsent sur elles. Plusieurs parmi elles, note la VsV, feraient « l’objet d’une détention prolongée allant jusqu’à deux ans sans que la justice congolaise ne s’en occupe ».
Cela démontrerait, à en croire la VsV, que les droits de l’homme ne font pas l’objet des préoccupations des détenteurs du pouvoir en Rdc. Elle « dénonce également le fait que des détenus soient considérés comme des objets à la merci des dirigeants politiques surtout lorsqu’il est question des affaires qui concernent la personne du chef de l’Etat ». Elle cite plusieurs groupes dont celui de la pentecôte (58 détenus) ; le groupe à feu Victor Digekisa ( 10 détenus), le groupe à Jean Calvin Kandolo (10) et le groupe de Buluwo (13 survivants).
La VsV en déduit qu’il serait difficile, dans ces conditions, de favoriser la vraie réconciliation nationale à quelques trois mois de la tenue d’élections générales. En revanche, elle plaide pour une justice de réconciliation relativement aux résolutions prises par les Congolais à Sun City. Ce qui aurait pour effet de pacifier les consciences et de décrisper le climat politique avant
La VsV estime que la loi d’amnistie devrait être d’application générale et non sélective comme cela serait le cas pour l’heure. Elle a laissé entendre qu’elle a eu des renseignements selon lesquels des noms auraient été rayés de la liste des personnes bénéficiaires de l’amnistie. Cela sous l’instigation de certaines autorités politiques et militaires. Les détenus du pavillon 1 du Cprk seraient le plus concernés par cette discrimination.
Appelé à donner un témoignage sur la complexité de cette situation carcérale, un activiste de la VsV a déclaré avoir fait une descente au Cprk dans le but de prendre connaissance de la liste ou des listes des personnes éligibles à l’amnistie. La réponse a été niet. Tout simplement parce que lesdites listes contenaient des annotations destinées aux seuls responsables de la prison. En conclusion , la VsV invite le ministre de la Justice à accélérer la publication des listes des personnes devant bénéficier sans discrimination de l’amnistie.
Elle demande aux autorités de faire preuve de bonne volonté politique et de ne pas s’accrocher à l’avis de la Cour suprême de justice au risque de la vie des personnes parfois fermement et injustement maintenues en détention.
Par ailleurs, la VsV en appelle à la révision du procès sur l’assassinat de feu le président Laurent Désiré Kabila. Elle a profité de l’occasion pour fustiger l’acharnement orchestré à l’endroit du pasteur Théodore Ngoy pour l’écarter de la course à la présidence de la république.
