La vice-première ministre et ministre de la justice belge s’entretient avec des congolais 351

07 juillet 2005 – Ce mercredi 6 juillet 2005, de 10h15 à 10h50, madame Laurette ONKELINX, Vice-première ministre et ministre belge de la Justice a reçu une délégation de congolais, représentant différentes associations et partis politiques qui avaient organisé la marche du 30 juin. Cet entretien faisait suite à une petite manifestation que les congolais avaient faite mardi, devant le cabinet de la ministre, réclamant la libération des détenus politiques congolais en Belgique. En effet, à l’issue de la grande marche du 30 juin, des congolais avaient été interpellés par la police. Une semaine après, les organisateurs ne savaient toujours pas combien de personnes avaient été arrêtées, combien avaient été libérées. Devant rendre des comptes à la communauté, les organisateurs avaient été obligés de demander une audience auprès de la ministre de la justice.

Les services de la ministre avaient tenté en vain de convaincre les congolais, soit d’être reçus à trois ou quatre par un collaborateur de la ministre, soit de revenir le lendemain. Conséquence : tapage. Les congolais avaient préparé déjà une lettre qui fut remise aux services de la ministre. Aux environs de 12h, la ministre ONKELINX apparaît dans la rue. Souriante, elle sert la main de tous les manifestants, au grand dam des services de polices arrivés en renfort, et cherchant déjà à déloger les compatriotes de Lumumba. Un dialogue s’engage sur le trottoir. Les congolais posent leur problème : la libération des prisonniers politiques congolais. Oui, pour les congolais, les détenus n’auraient jamais été arrêtés s’ils n’avaient pas participé à une manifestation politique. La ministre promet aux congolais de s’informer sur le dossier et fixe un rendez-vous pour le lendemain à 10h15.

Ce mercredi, d’entrée de jeu, la ministre informe les congolais que certains problèmes posés dans la lettre des congolais ne sont pas de sa compétence. Néanmoins, en tant que vice-premiere ministre, elle ne manquera pas de servir de courroie de transmission entre la communauté congolaise et le pouvoir fédéral. Quant au problème des détenus, la ministre donne aux délégués congolais les informations qu’elle a pu recueillir :

– Il y avait eu 20 arrestations. Dix administratives et dix judiciaires. La plupart des détenus avaient été relâchés le jour même ou le lendemain.

– A ce jour il n’y a plus qu’ un détenu, et qui aurait dû déjà être relâché en ce jour, n’eurent été certaines lourdeurs purement administratives.

Après l’intervention de la ministre, quelques délégués congolais prennent la parole pour essentiellement dépeindre la situation du Congo et ses implications ainsi que la nécessité du pouvoir fédéral belge de s’impliquer plus sérieusement dans la résolution de la crise congolaise. Ci dessous un large extrait de la lettre transmise à la Ministre belge de la justice :

« …Des manifestants ont été arrêtés. Certains ont été relaxés, d’autres sont toujours sous les verrous. Avant la manifestation, nous avons eu des contacts avec des services officiels dont la police. Après la manifestation, nous n’avons plus d’interlocuteur devant nous.

Devant fournir des informations aux familles des détenus ainsi qu’à toute la communauté, nous avons décidé de nous adresser à vous. Les manifestants étant venus chacun anonymement, nous ne sommes pas en mesure de savoir qui est détenu, qui ne l’est pas. Ce flou crée un climat d’énervement dans la communauté.

Vous le savez Madame la Ministre, depuis le 30 juin 2005, la République Démocratique du Congo notre pays est devenu une grande prison où la population est muselée, torturée et même tuée par un pouvoir sans légitimité ni légalité. La communauté congolaise vivant à l’étranger ne peut pas comprendre que ses membres deviennent des prisonniers dans un pays démocratique, alors qu’elle se bat pour que le Congo ne soit plus une prison.

C’est pour cela qu’ au nom de tous les congolais vivant à l’étranger, nous entreprenons auprès de vous cette démarche. La communauté congolaise voudrait :

– obtenir suffisamment d’informations sur la détention de nos compatriotes incarcérés, puis leur libération. Pour notre communauté, ces détenus, sont des prisonniers politiques. Car, n’eut été l’existence au pays d’un régime totalitaire et inhumain, ces compatriotes n’auraient pas grossi les rangs des détenus en Belgique

– que vous attiriez l’attention de vos collègues du gouvernement sur la situation politique actuelle du Congo : depuis le 30 juin, ce gouvernement déjà très impopulaire, a perdu toute légalité. Et tout ce qu’il entreprendra n’engagera en rien le peuple congolais, mais bien les individus actuellement au pouvoir. Même l’actuel Ambassadeur n’a plus qualité pour engager la République.

– que vous soyez notre interprète auprès du gouvernement fédéral pour que la situation du Congo soit abordée dans l’urgence et sans tabou, en prenant soin d’être résolument du côté de la population qui n’a jamais autant souffert. Le peuple congolais veut d’urgence les élections, mais sans le « 1+4 »

– que vous disiez à vos collègues du gouvernement ceci : si le gouvernement belge prend une position claire et nette dans le problème congolais, L’Union Européenne suivra, les Etats-Unis suivront, et les bandits qui sont au pouvoir à Kinshasa s’inclineront. Et toute tergiversation du gouvernement belge conforte le pouvoir en place, tout en jetant les soixante millions de congolais dans un désespoir toujours plus grand. »

Prochaine action déjà rendue publique de la communauté congolaise de Belgique :

Une messe en mémoire des victimes du 30 juin, le dimanche 17 juillet à 10h30, à la paroisse saint Roch de 1000 Bruxelles.
Mais avant cela, une conférence de presse sera donnée pour annoncer la liste des actions prévues ainsi que leur cadre d’organisation.

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