LA RD CONGO REINVENTE L’OPPOSITION POLITIQUE 1909

A ne plus rien comprendre. Le chef de l’opposition sera désormais élu par les parlementaires et aura rang de ministre. Au départ, il n’avait été question que de reconnaître l’existence de l’opposition en conformité avec la Constitution. Les parlementaires ont outrepassés leurs prérogatives avec l’adoption de cette loi qui confinent le Parlement dans un rôle de chambre d’enterrinement des décisions du pouvoir.
L’Assemblée nationale – à majorité kabiliste – a adopté lors d’une session plénière jeudi dernier, par 280 voix sur 300, la loi sur le statut de l’opposition républicaine ou opposition parlementaire en République démocratique du Congo. Elle comporte 30 articles. Cette loi consacre l’existence de l’opposition et définit les prérogatives de celle-ci, ses droits, son champ d’application et les sanctions conséquentes.

lundi 18 juin 2007.

L’opposition est désormais définie en « opposition républicaine ou institutionnelle » dénommée « Opposition parlementaire » et l’Opposition hors des institutions appelée « Opposition extraparlementaire ». Elle sera dirigée par un coordonnateur avec rang de ministre.

Cette loi inique cache mal l’objectif des kabilistes de semer discorde et division dans les rangs de l’opposition naturellement issue des élections. Le dictionnaire définit l’opposition comme un ensemble des partis et des forces politiques opposés à la majorité parlementaire au gouvernement qui en est issu. Elle ne peut ni ne doit être de connivence avec le pouvoir au risque d’être comptable de ses égarements.

Empêcheurs de tourner en rond…

Le pouvoir voudrait museler l’opposition qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Outre le fait de gratifier son chef d’un titre de ministre sans portefeuille, ce nouveau statut de l’opposition prévoit même des sanctions envers les récalcitrants. Le tout est de savoir quel sort réserve-t-on à ces empêcheurs de tourner en rond.

Par cette loi, l’objectif recherché par le pouvoir est sans d’opposer, d’une première part, l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, le leader du MLC et de l’Union pour la Nation à Etienne Tshisekedi qui dirige l’Udps. D’une seconde part, Joseph Kabila aurait convaincu François Mwamba Tshishimbi, le secrétaire général du MLC ( parti de Mr Bemba), de reprendre en son profit, la place laissée vacante par JPB depuis son départ pour leoù, il se fait soigner d’une jambe cassée. Si le parti de Mr Tshisekedi a rejeté l’offre de Joseph Kabila, François Mwamba est disposé à saisir l’opportunité qui se présente à lui. C’est d’autant vrai que le très Kabiliste “L’avenir Quotidien” estime “le climat poli­tique en République démo­cratique du Congo propice à cette loi et qu’elle aurait pour effet de réhausser le prestige d’Etienne Tshisekedi en tant qu’opposant.” avant de poursuivre : “A l’heure qu’il est, tant qu’on n’a pas encore désigné cette personnalité, les protagonistes sont sans conteste, Etienne Tshisekedi pour l’opposition extraparle­mentaire, et Jean-Pierre Bemba pour l’opposition qui siège au parlement. Et d’en­tre les deux, Tshisekedi pren­drait allégrement ce poste même par défaut du fait que le retour de Jean-Pierre Bemba au pays reste hypo­thétique.”

Les kabilistes s’attendaient à la réaction de Tshitshi et ont donc prévus de faire tenir le rôle à François Mwamba plus maléable et fort du soutien de son compère Sesanga ainsi que de celui de Thomas Luhaka, oncle par alliance de Joseph Kabila. Quoi qu’il en soit, on voit mal comment, dépourvu de tout charisme et n’ayant d’existence politique que par la seule volonté de Jean-Pierre Bemba, François Mwamba pourra faire l’unanimité autour de son nom. D’autant qu’il lui faudra affronter les nombreux partisans d’Igwe de Kinshasa et d’ailleurs.

http://www.parti-upr.net/article.php3?id_article=272

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