Dans un communiqué l’association Journaliste en danger (JED) dénonce « la bavure » symptomatique qui a eu lieu ce samedi après le défilé du 30 juin à Kisangani contre un journaliste.
Symptomatique de quoi? Du regime autoritaire qui s’est installé en RDC. Le journaliste Ernest Mukuli filme le retour à pied du président depuis le balcon des studios de RTA (chaîne de télévision qui l’emploi), la sécurité l’aperçoit et elle est prise de panique. Une fois le cortège passé, 5 sbires monte quatre par quatre les marches du bâtiments, et sans rien dire à personne se mettent à passer à tabac le jeune homme à l’interieur même du studio… Panique, peur, ou fuite en avant face à ce qui apparait aux yeux des professionnels de la sécurité comme une defaillance des services?
Sachant que leur patron allait faire le trajet de retour à pied selon un itineraire connu, cette milice privée aurait dû inspecter et poster des gars à eux devant chaque immeuble. En effet depuis l’assassinat de JF Kennedy une telle erreur n’est plus admise. Il faut inspecter chaque immeuble, chaque appartement situé sur le parcours afin d’éviter qu’un sniper s’y embusque pour abattre le président.
Quel est la faute du journaliste là-dessus? En quoi est-ce que le rouer de coup allait empêcher l’assassinat du chef de l’état si ce journaliste avait été un sniper? La sécurité est encore entre les mains d’amateurs, voilà pourquoi au lieu de securisé le pays, ils insecurisent tout le monde (les citoyuens et les autorités). Face à des tels comportements comment voulez-vous que la securité de la population soit garantie? La sécurité pour être efficace doit être préventive pas retroactive.
Je vous invite à lire le communiqué de la JED dans son intégralité.
Un journaliste d’une radiotélévision catholique violemment passé à tabac par des éléments de la sécurité présidentielle à Kisangani
Journaliste en danger (JED) proteste énergiquement contre le passage à tabac de Ernest Mukuli, journaliste à la Radio Télévision Amani (RTA) propriété du diocèse de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale, au Nord-Est de la RD Congo , samedi 30 juin 2007, en marge des festivités marquant le 47° anniversaire de l’Indépendance de la RD Congo.
Selon des informations parvenues à JED, cinq personnes, habillées en veste, ont fait irruption dans les studios de la station, vers 13h00, à la recherche du journaliste qu’ils auraient aperçu au balcon du bâtiment abritant la radio entrain de filmer le passage à pied du président de la République accompagné d’une foule immense, vers son domicile juste après le défilé.
Ayant reconnu le journaliste, ces hommes qui n’avaient pas décliné leurs identités, se sont mis à le rouer des coups devant ses collègues, et à le traîner ça et là dans les studios et sur le plateau de la télévision, le sommant de leur présenter le macaron d’accréditation qui lui donnait le droit de couvrir la manifestation. Par la suite, ils se sont emparés d’une des caméras de la télévision qu’ils ont emmenée à une destination inconnue.
Interrogé par JED, mardi 03 juillet 2007, sur l’identité de ses agresseurs, Mukuli a déclaré que les hommes qui sont arrivés au studio de la chaîne étaient venus à bord de l’une des deux Jeeps de la Garde Républicaine (GR) qui circulent à Kisangani, et qu’il avait reconnu l’un d’entre-eux pour l’avoir rencontré le matin sur les lieux du défilé.
Le journaliste a aussi déclaré que toutes les démarches entreprises, depuis, pour récupérer le matériel emporté sont restées vaines jusqu’à ce jour.
« La Garde Républicaine soutient que les hommes qui ont opéré doivent appartenir à d’autres services spéciaux tels que la DEMIAP ou l’ANR (Ndlr : services des renseignements militaires et civils) et que la caméra n’est jamais arrivée à leur bureau » a confié Mukuli.
JED demande au gouvernement de retrouver les auteurs de ces actes et de les sanctionner car il est inadmissible que des hommes en armes violent le temple de l’information qu’est un studio de radio et de télévision et y passent à tabac des journalistes.
En outre, JED constate qu’il devient de plus en plus difficile pour des journalistes, étrangers et nationaux, de filmer ou de photographier des scènes banales de la vie dans certaines villes du pays sans se retrouver entourés par une meute des services de sécurité qui exigent des ordres de mission même à des journalistes congolais.
JED demande avec insistance à toutes les institutions de la République issues des élections de concrétiser par des actes leurs engagements en faveur de la démocratie et de la liberté d’expression tels que ratifié dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques.
JOUNALISTE EN DANGER (JED)
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