Comme promis, l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Udps) a organisé hier vendredi 10 mars une marche qui se voulait pacifique. Pour ce faire, afin d’éviter tout débordement et récupération politicienne les responsables de ce parti ont convié un groupe restreint de combattants de la ville de Kinshasa pour participer à cette marche pacifique pour bien la contrôler.
D’après le programme des organisateurs, cette marche devait partir de la Gare centrale avec comme point de chute le siège de la Mission de l’organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (Monuc). Là, devrait être remis un mémorandum sur les ambitions légitimes de l’Udps. En effet, pou l’Udps, il est question d’assainir les milieux politiques en vue d’obtenir des garanties pour l’organisation des élections libres, transparentes et démocratiques.
Ayant à leur tête le secrétaire général du parti, Remy Massamba, les manifestants sont partis de la Gare centrale. Arrivés à la hauteur du siège de la Commission électorale indépendante (Cei), sur le boulevard du 30 juin, situé en face du building administratif de l’Office national des transports (Onatra), ils ont été stoppés net par un peloton d’agents de l’ordre anti-émeutes. Les manifestants de l’ Udps ont tenté en vain de franchir la barrière.
C’est à ce moment que les agents de l’ordre ont usé de la force et se sont saisis du secrétaire général de l’Udps, Remy Massamba. Traîné comme un vulgaire malfrat, ce dernier sera embarqué dans le véhicule de la Police nationale congolaise (Pnc) immatriculé 120 qui a aussitôt démarré en trombe vers une destination inconnue.
Outre le secrétaire général, d’autres personnes ont été arrêtées. Il s’agit des secrétaires nationaux Bomanza et Cosmos Lufundu et d’une quarantaine de combattants. La répression de la manifestation a été excessivement brutale et pour la disperser, les agents de l’ordre ont utilisé du gaz lacrymogène et tiré les balles en l’air. C’est la débandade.
Mais, très vite, les combattants du parti de Etienne Tshisekedi se sont constitués en petits groupes. L’un s’est retrouvé dans les parages du siège central de la Direction générale des impôts (Dgi). Un véhicule de la Cei de passage à cet endroit a essuyé des jets de pierre. Le véhicule a eu les vitres cassées. Le chauffeur de la Cei, qui a senti le danger, a dû appuyer sur l’accélérateur pour sauver sa peau.
La Police nationale congolaise à déployé un effectif impressionnant d’agents de l’ordre au centre-ville pour contrer les manifestants. Ce déploiement était déjà perceptible la veille, la nuit, ainsi que devant certaines ambassades occidentales, dont celle de la France, et dans le périmètre du siège de la Monuc.
Contacté par la presse, l’un des responsables de la Monuc a déclaré qu’ils étaient prévenus de cette marche pacifique qui devrait aboutir par la remise d’un mémo à la Monuc. Mais selon des éléments d’information en leur possession, cette marche pacifique a été « excessivement réprimée », obligeant les organisations des droits de l’homme à s’y intéresser. Des informations parvenues à la Monuc, on déplore, outre l’arrestation d’une quarantaine de participants de l’Udps dont 5 seraient incarcérés à Kin-Mazière tandis que les autres emmenés à l’Inspectorat de police de Kinshasa, le fait qu’un garçon de 9 ans aurait été blessé.
