La diplomatie : un art que le ministre des affaires étrangères Karel De Gucht ne semble toujours pas maîtriser à la perfection. La preuve avec ce qui ressemble fort à un nouvel impaire de la part de ses services, à l’occasion de la nouvelle visite qu’entame le ministre au Congo. Le ministre a en effet fait distribuer dans l’avion à tous les participants au voyage de surprenantes biographies des principaux dirigeants congolais.
Ces biographies s’apparentent plus à une collection de ragots. Le dossier révèle ainsi trois hypothèses concernant la filiation de Joseph Kabila, dont celle qui met en avant une possible naissance d’un premier mariage de la mère du président congolais avec un Tanzanien. La biographie du vice-président Azarias Ruberwa n’est pas non plus des plus tendres: « Politiquement, il est victime de ses origines, qui le font passer aux yeux de certains de ses compatriotes, en particulier à Kinshasa, pour un ‘Rwandais' ». « Les supputations, proférées à l’égard MM. Kabila et Ruberwa, n’auraient guère d’importance s’il ne s’agissait que de brouillons rédigés par un stagiaire et destinés à rester confidentiels. Le problème, c’est que ces textes ont été distribués à toute la délégation et, on peut en être certain, communiqués aux responsables congolais », note Le Soir, pour qui ces propos pourraient créer un nouvel incident diplomatique.
La publication d’un article du journal ‘Le Soir’ mentionnant des biographies contestables de plusieurs dirigeants congolais a provoqué la colère du Premier ministre belge Guy Verhosftadt. Le porte-parole du chef du gouvernement, Didier Seeuws, a adressé une protestation au quotidien. Selon ‘Le Soir’, l’ensemble des participants au voyage que le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a entrepris hier en République démocratique du Congo (RDC), journalistes compris, ont reçu un dossier comprenant des biographies des principaux dirigeants congolais, « qui s’apparentent plus à une collection de ragots ».
Ce dossier révèle ainsi trois hypothèses concernant la filiation du président Joseph Kabila, dont celle qui met en avant une possible naissance d’un premier mariage de la mère du président congolais avec un Tanzanien. La biographie du vice-président Azarias Ruberwa n’est pas non plus des plus tendres: « Politiquement, il est victime de ses origines, qui le font passer aux yeux de certains de ses compatriotes, en particulier à Kinshasa, pour un ‘Rwandais' », ajoute le journal. « Les supputations, proférées à l’égard MM. Kabila et Ruberwa, n’auraient guère d’importance s’il ne s’agissait que de brouillons rédigés par un stagiaire et destinés à rester confidentiels. Le problème, c’est que ces textes ont été distribués à toute la délégation et, on peut en être certain, communiqués aux responsables congolais », note ‘Le Soir’, pour qui ces propos pourraient créer un nouvel incident diplomatique.
Interrogé ce matin par la presse belge, M. De Gucht s’est montré peu loquace, affirmant seulement qu’une telle note « cela ne se peut pas, c’est une faute de l’administration ». Dans l’entourage du Premier ministre, on accuse l’envoyée spéciale du quotidien à Kinshasa de savoir quelles conséquences la publication du contenu d’une telle note pouvait avoir sur les relations belgo-congolaises. Celles-ci avaient déjà été affectées en octobre dernier après que M. De Gucht eut déclaré: « j’ai rencontré au Congo peu de responsables politiques qui m’ont laissé une impression convaincante. « Ici (à Kigali), il y a au moins un Etat. Au Rwanda, on s’efforce de gérer (le pays) de manière correcte ». Il avait tenu ces propos d’une visite à Kigali, après être passé par Kinshasa, dans le cadre de sa première tournée africaine en tant que ministre des Affaires étrangères.
Un mois plus tard, le président Joseph Kabila président Joseph avait refusé de le rencontrer lors d’un sommet régional en Tanzanie, en réplique à ces propos. Il avait fallu l’intervention personnelle du Premier ministre, qui avait appelé M. Kabila au téléphone et convoqué l’ambassadeur de RDC à Bruxelles, pour circonscrire cette crise naissante.
La journaliste du ‘Soir’, Colette Braeckman, a pour sa part expliqué qu’elle n’avait écrit cet article qu’après avoir appris que ce document, dont elle savait qu’il n’était destiné qu’à une diffusion restreinte, était entré en possession de responsables de la présidence congolaise par une voie qui restait inexpliquée et qu’il pouvait dès lors causer un incident diplomatique.
