La Communauté Internationale doit prendre ses responsabilités pour reconnaître ses erreurs en RDC 1232

Dans une déclaration percutante et limpide, les représentants de l’UDPS font une analyse très critique du processus électorale à la suite des événements sanglants survenu après la proclamation des résultats provisoires des élections.
« L’UDPS invite la Communauté Internationale à prendre toutes ses responsabilités pour reconnaître ses erreurs dans le pilotage du processus électoral au Congo. En effet, après l’échec patent dans la réalisation des objectifs de la transition, celle-ci (la communauté internationale) a pris l’option douteuse d’organiser dans la précipitation, pour 450.000.000 US$, des élections à tout prix, en refusant, de manière ostentatoire de tenir compte de l’expertise de l’UDPS, de baliser l’avenir par un consensus préalable entre tous les acteurs politiques congolais qui était pourtant la seule voie raisonnable d’aboutir à une réconciliation nationale et d’assurer la concorde et la sérénité. Aujourd’hui, le peuple congolais récolte le deuil et se retrouve au point de départ du face à face meurtrier des 2 dernières guerres, alourdi du remboursement inutile d’un demi-millard US$ dont les bénéficiaires sont des fournisseurs étrangers d’équipements divers et autres bulletins de votes. L’UDPS est en effet convaincue que si un premier tour d’élections n’impliquant que d’anciens belligérants débouche sur des affrontements du genre que l’on a vus ces derniers jours, a fortiori un deuxième tour au cours duquel il y aura forcément un vaincu pourrait carrément déboucher sur un vaste carnage… »

Communiqué de presse

Le monde entier a assisté pendant 3 jours à une bataille rangée entre les milices armées commises à la protection de messieurs Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Notre parti, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), qui avait prévenu de tels événements au vu de la préparation bâclée, inique et hautement partisane du processus électoral actuel, est fort indignée par ces événements peu honorables et déplore toutes les morts inutiles survenues.

Les événements actuels ne sont que la pointe de l’iceberg d’une gigantesque débâcle d’un processus électoral inique et vicié au départ pour n’avoir pas réalisé les conditions minimales fixées il y a 3 ans au Dialogue Inter Congolais (DIC) de Sun-City en Afrique du Sud, dont notamment : Un recensement général de la population afin de déterminer la vraie carte électorale du pays, la formation d’une armée nationale intégrée et véritablement au service des institutions démocratiques à mettre en place, et non une armée au service d’un seul des anciens chefs de guerre, ainsi qu’un processus électoral juste, transparent et inclusif de tous les Congolais en lieu et place d’une parodie d’élection visant à couronner un vainqueur désigné à l’avance par des parrains étrangers.

En favorisant globalement les chefs de guerre dans la formule gouvernementale inédite du « 1+4 », plus particulièrement Kabila, et en excluant, malicieusement le symbole même de l’opposition politique qu’était l’UDPS et son président national, M. Etienne Tshisekedi, de la gestion de la transition ainsi que du processus électoral, le Comité International d’Accompagnement de la Transition a réussi pendant 3 ans à créer un environnement politique favorable pour son influence et ses interventions de type néo-coloniale. Le gouvernement de transition constitué essentiellement d’anciens belligérants, autrefois armés par des acteurs extérieurs et portés à suivre les injonctions de leurs maîtres externes, était ainsi un terrain propice pour la mise sur pied d’une organisation électorale partisane. Ces mêmes anciens belligérants ont nommé le parlement, la territoriale et la cour suprême de justice, et sont restés, chacun, à la tête de sa fraction armée. Deux de ces fractions armées s’affrontent aujourd’hui. Ainsi donc, ce sont là des institutions publiques cruciales pour le déroulement de la transition et du processus électoral qui sont constituées des partisans politiques au lieu d’être neutres. Le moment de vote venu, ce n’est pas de ces organes et institutions qu’il fallait attendre la transparence. Au contraire, nous récoltons les affrontements meurtriers actuels. Très ironiquement, c’est maintenant, après les crépitements des armes, que les parrains du processus préconisent la concertation et la négociation.

L’UDPS invite la Communauté Internationale à prendre toutes ses responsabilités pour reconnaître ses erreurs dans le pilotage du processus électoral au Congo. En effet, après l’échec patent dans la réalisation des objectifs de la transition, celle-ci (la communauté internationale) a pris l’option douteuse d’organiser dans la précipitation, pour 450.000.000 US$, des élections à tout prix, en refusant, de manière ostentatoire de tenir compte de l’expertise de l’UDPS, de baliser l’avenir par un consensus préalable entre tous les acteurs politiques congolais qui était pourtant la seule voie raisonnable d’aboutir à une réconciliation nationale et d’assurer la concorde et la sérénité. Aujourd’hui, le peuple congolais récolte le deuil et se retrouve au point de départ du face à face meurtrier des 2 dernières guerres, alourdi du remboursement inutile d’un demi-millard US$ dont les bénéficiaires sont des fournisseurs étrangers d’équipements divers et autres bulletins de votes. L’UDPS est en effet convaincue que si un premier tour d’élections n’impliquant que d’anciens belligérants débouche sur des affrontements du genre que l’on a vus ces derniers jours, a fortiori un deuxième tour au cours duquel il y aura forcément un vaincu pourrait carrément déboucher sur un vaste carnage.

Enfin, l’UDPS estime que tout véritable processus électoral devrait augurer d’une ère de participation publique, mettant fin à la prépondérance excessive accordée aux anciens belligérants aussi bien en politique que dans la gestion générale du pays. Elle donnera au moment opportun, par le biais de sa direction politique, son appréciation globale de l’état actuel du pays ainsi que des voies de sortie de la crise.

Ainsi fait à Melrud, Ottawa, Paris, Londres, et Bruxelles ce 25 août, 2006 :

Franklin Kanyinda, Représentant UDPS/Suède
Marc Kapend, Représentant UDPS/Canada
Dr René Mwania Kibanza, Représentant UDPS/France
Phillipe Mandangi, Représentant UDPS/Grande-Bretagne
Dr François Mpuila, Représentant UDPS/Belgique et Luxembourg

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