La CIA dévoile ses « bijoux de famille » 1922

Le document, baptisé family jewels (bijoux de famille) par la CIA, était attendu par les historiens. Il a été rendu public, mardi 26 juin, et recense les activités illégales de l’agence de renseignement américaine. Pendant les heures chaudes de la guerre froide, la CIA n’a pas hésité à recourir à toutes sortes de « coups tordus » pour lutter contre ceux qui étaient perçus comme les ennemis des Etats-Unis, qu’il s’agisse de régimes adverses ou d’opposants politiques.

20070626 ProjectmockingbirdLes petits secrets de la CIA dévoilés

Le dossier avait été commandé en mai 1973 par le directeur de la CIA de l’époque, James Schlesinger, après qu’il avait découvert l’implication de l’agence de renseignement dans le scandale du Watergate. Jusqu’à présent, seules quelques dizaines de pages, fortement censurées, avaient été déclassifiées. Au cours des années 1970, la presse et des enquêtes parlementaires en ont dévoilé les principaux traits et le scandale avait entaché la réputation des services de renseignement américains, entraîné une réforme de la CIA et du FBI et un contrôle accru de leurs activités par le Congrès.

Le dossier publié mardi contient encore quelques éléments censurés, pour des raisons de sécurité, a précisé un porte-parole de la CIA, George Little. « Le document fournit un aperçu d’une période très différente et d’une agence très différente », a estimé, la semaine dernière, le directeur de la CIA, Michael Hayden, quand il a annoncé la déclassification du dossier.

Objectif : Fidel Castro

Au début des années 1960, la CIA a tenté d’assassiner le président cubain, Fidel Castro, avec des cachets empoisonnés grâce à l’aide d’un membre de la mafia. L’agence avait pris contact, en 1960, avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas, qui avait des relations indirectes avec des Cubains. 150 000 dollars furent proposés mais Roselli refusa l’argent. Six cachets contenant un poison mortel furent livrés à un responsable cubain Juan Orta, qui avait accès à Castro. « Après plusieurs semaines de tentatives, Orta apparemment a eu peur et a demandé à se retirer » du projet, peut-on lire dans le dossier.

Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la « commission des exilés cubains ». Contre 10 000 dollars, il se déclara prêt à organiser l’assassinat. Mais le projet fut annulé après l’épisode de la Baie des Cochons, une tentative ratée d’invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les Etats-Unis. « Verona fut prévenu que l’offre était retirée et les cachets furent récupérés », souligne le dossier.

La CIA s’exonère de la mort de Patrice Lumumba et Rafael Trujillo

Le document détaille également d’autres projets d’assassinats de dirigeants étrangers, dont Patrice Lumumba, père de l’indépendance de la République démocratique du Congo, dans lequel l’agence n’aurait eu aucun rôle.

Dans la mort de Rafael Trujillo, dictateur de la République dominicaine, la CIA n’aurait eu qu’un lien ténu avec les comploteurs.

Surveillance d’opposants tous azimuts

Filatures et mises sur écoute de journalistes américains, de stars comme John Lennon, surveillance de militants antiguerre du Vietnam, ouverture de courriers en provenance et en direction de la Chine et de l’Union soviétique, dont quatre lettres destinées à l’actrice Jane Fonda, cambriolages au domicile d’anciens employés de la CIA, font aussi partie des activités illégales recensées.

La CIA, qui est chargée par Washington de collecter des renseignements et de mener des opérations clandestines à l’étranger mais pas sur le territoire américain, a également financé des recherches destinées à tester les « réactions à certaines drogues ».
avec AFP

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