Joseph KABILA a « révoqué » le ministre de la recherche scientifique Sylvanus Mushi Bonane depuis ce jeudi 11 juillet 2007. Cette décision aurait été prise suite à un scandale de malversation financière qui concerne une créance de 600,000$ au profit de l’OFIDA… Beaucoup de versions, rien de précis et de clair dans cette affaire. La question que nous nous posons c’est : peut-on révoquer un ministre? Cela ne doit-il pas passer par le parlement? La procédure a-t-elle été public? Ne tombons-nous pas dans l’arbitraire à nouveau? Quid de la présomption d’innocence?
Les ministres ne sont pas des employés ou des fonctionnaires que l’on révoque. C’est une question de dignité, de respect et surtout d’image. Un ministre pris en faute démissionne ou est poussé à la démission. De plus pour la transparence et l’élégance toujours, on passe par une commission parlementaire qui entendra le ministre et tous les protagonistes du dossier afin de donner le plus de transparence à l’affaire. Et selon ce qui sera trouvé, la justice peut être saisi pour qu’elle puisse rendre justice, poursuivre et récupérer les fonds détournés et obtenir le dédommagement de la partie lésé.
Dans un monde idéal, dans un pays normal c’est comme ça que ça se passe. Le but de la justice n’est pas d’humilier, mais de réparer. Ce que nous observons dans ce cas, les termes utilisés, la procédure appliquée… Tout donne l’impression qu’on voulait humilier, faire un exemple, frapper les esprits…
C’est bien! Mais n’est-ce pas de la poudre aux yeux? N’est-ce pas l’arbre qui cache la forêt? N’est-ce pas une opération de markéting sans lendemain? N’est-ce pas un coup médiatique? Toutes ces questions méritent d’être posée et étudiée au regard des différents scandales financier que ce pays connait et surtout au regard du fait que dans toute cette affaire la justice, le parlement semblent tous avoir été ignoré. C’est comme si tout s’est passé entre la présidence et la primature, bref l’exécutif qui règle son linge sale en famille. La séparation des pouvoirs n’a pas été bafouée?
Le détournement, le trafic d’influence sont des pêchés mortels dans la situation congolaise d’aujourd’hui, nous devons le concéder. Et pour faire cesser cela, il faut absolument frapper les esprits, parfaitement d’accord. Mais doit-on en rester là? En appliquant la procédure normale, ne va-t-on pas autant frapper les esprits?
Cette révocation ressemble plus à une opération pour que Kabila démontre que c’est lui le patron, même s’il ne l’est pas au regard du fonctionnement de la démocratie. Le parlement doit se saisir de ce cas, la justice aussi. Ces deux institutions ne doivent pas se laisser déposséder de leurs prérogatives constitutionnelles.
