Kabila en Belgique : un petit-déj’ lundi matin, cela suffira… 2090

Les relations bilatérales entre la Belgique et la République démocratique du Congo ne se sont jamais apparentées à un long fleuve tranquille. Et l’organisation de la visite du président Kabila en Belgique, en pleine période de crise politique, ne fait pas exception à la règle.

Ainsi, dans ce jeu diplomatico-politique à plusieurs bandes, a-t-on appris jeudi soir que l’arrivée du Président sur le territoire belge était repoussée de vendredi matin à dimanche (voire lundi). C’est que, placé devant « un manque d’enthousiasme » de la part de certains de ses interlocuteurs belges, M. Kabila a choisi de ne faire que transiter brièvement par la Belgique en chemin vers les Nations unies, ont indiqué plusieurs sources ministérielles belges à  » La Libre ». Il ne rejoindra donc pas son épouse, qui séjourne actuellement en Belgique, avant dimanche. Lundi matin, le président congolais devra se contenter d’un petit-déjeuner de travail avec le gouvernement en « affaires courantes ». Il sera ensuite reçu par le Roi à 9h30.

« C’était outrageant ! »

A l’arrivée sur le tarmac belge, « personne, de rang ministériel, n’avait été prévu pour accueillir le président congolais à sa descente d’avion ce vendredi à six heures du matin », indique-t-on. Averti via les services du Haut représentant européen Javier Solana (!) du risque pris en limitant à ce point le protocole d’accueil, les autorités belges devraient corriger le tir d’ici à dimanche… « C’était outrageant pour un chef d’Etat », relève-t-on. « On allait, à coup sûr, froisser la sensibilité du président congolais. Est-il un chef d’Etat ou pas ? »

Le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht (Open VLD) en « affaires courantes », fort occupé à bâtir la prochaine coalition gouvernementale, avait pourtant fait revenir dare-dare l’ambassadeur en poste à Kinshasa, Johan Swinnen (étiqueté CD & V), afin de veiller aux détails de la visite présidentielle en Belgique.

Le changement de date de la visite présidentielle aura des dommages collatéraux : l’annulation de certains contacts que Joseph Kabila devait avoir vendredi avec des responsables de

la Communauté française. Ainsi la ministre des Relations internationales Marie-Dominique Simonet (CDH) a-t-elle dû annuler un point presse. Quant aux ministre-président de la Communauté française et de la Région wallonne, Marie Arena et Rudy Demotte (PS), ils devront se faufiler afin de trouver une place dans l’agenda de Kabila dimanche. Rappel : la République démocratique du Congo est l’invitée d’honneur des festivités de la Communauté française cette année …Mis en ligne le 21/09/2007

Si Francophones et Flamands n’ont pas toujours été sur la même longueur d’ondes à l’heure de tisser des liens avec la RDC – les Flamands étant plus enclins à dénoncer la mauvaise gouvernance congolaise, le Palais Royal a, cette fois, également joué un rôle dans l’enthousiasme modéré qui accompagne la visite de M. Kabila en Belgique. L’attention du Roi Albert II est requise par la crise politique que traverse la Belgique.

Ainsi, lundi, alors qu’il recevra Kabila, le Roi devra prendre la décision d’élargir (ou pas) le mandat de l’explorateur royal Herman Van Rompuy. Et, se souvient, un observateur, « Mobutu avait proposé ses bons offices en pleine période de crise des Fourons. On aurait l’air malin si Kabila faisait de même aujourd’hui. »

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