La plainte rendu public hier par nos compatriotes de la Cerco a le mérite de faire sortir le débat sur l’implication de Joseph Kabila dans l’odieux massacre des réfugiés hutus à Tingi Tingi lors de la chute du régime Mobutu, du ghetto dans lequel il était enfermé pour l’amener devant les professionnels qui nous éclaireront une fois pour toute sur la pertinence de ces accusations qui n’entache pas que la personne du « plus jeune chef d’état du monde et premier président élu issu des premières élections libres depuis plus de 40 ans en RDC », mais touche aussi à toute la nation congolaise.
Cette démarche courageuse et salvatrice est une opportunité pour le jeune chef d’état de laver son honneur et faire taire une fois pour toute cette « rumeur » et peut-être aussi toutes les « rumeurs » à son sujet.
Pour obtenir les détails de l’accusation il faut lire l’interview de Bienvenue Mbutu Mondondo dans les lignes de www.congoindependant.com.
En résumé la plainte demande au juge Bruguière (juge français en charge du dossier sur le Génocide Rwandais, mais aussi spécialiste de l’anti-terrorisme) d’enquêter sur le massacre de Tingi Tingi. L’association Cerco qui a dans ses objectifs la défense des Droits de l’homme se porte donc partie civile au nom des victimes de cet ignoble massacre perpétré par les troupes rwandaises sous couvert de l’AFDL.
Mais alors, que vient faire le Président Congolais Joseph Kabila dans cette sombre affaire se demande-t-on?
La réponse à cette question est aussi simple que potentiellement dangereuse. A l’époque nul n’ignore que Joseph Kabila était le second du chef d’état major de l’AFDL James KABAREBE que le juge Bruguière a inculpé pour l’assassinat de Juvénal Habyarimana et que tous les rapports accusent d’avoir exécuté personnellement ce massacre. Il est donc primordial qu’une enquête soit menée pour confirmer ou infirmer l’implication de celui qui va conduire les destinées du Congo pour au moins les 5 prochaines années. Pour rassurer les congolais qui vont devoir le subir, il faudra qu’on nous dise qu’il n’a rien à voir avec cette affaire là. Il faudra que la justice établisse que pendant ce massacre Joseph Kabila second de James Kabarebe, avait pris des vacances prolongés pour aller pêcher des vrais poissons à l’autre bout du pays, et qu’il a appris ce que son chef faisait à la Radio Okapi comme le monde entier. La justice devra donc établir qu’il était tellement choqué qu’il a démissionné de ses fonctions et a écrit personnellement une lettre pour dénoncer ce massacre ignominieux aux autorités du pays et à la communauté internationale…
Malheureusement tout ceci est une fiction, il n’y a aucune trace d’une telle démarche avant, pendant ou après le massacre de Tingi Tingi. La loi du silence a fonctionné tellement bien que l’homme s’est retrouvé en alliance avec les descendant de ces massacrés regroupés au sein des FDLR, afin de combattre ses anciens alliés les rwandais (car entre temps James Kabarebe, le chef d’état major congolais de l’AFDL a tombé le masque et est retourné dans son pays le Rwanda pour exercer les mêmes fonctions qu’au Congo: chef d’état major et son second a repris sa place au sein de l’AFDL).
Toutes ces affirmations seront peut-être balayées par le juge Bruguière « si on le laisse faire… » selon l’expression consacrée.
Ou alors la vérité sera-t-elle sacrifiée sur l’autel des mystérieux « intérêts supérieurs » de la nation ?
Il est dommage que tout ceci se passe après que les congolais aient déjà voté, mais comme on dit mieux vaut tard que jamais. La vérité doit être connue afin que ces millions des morts servent à quelque chose…
