Jamais été aussi mauvais 2068

Lettre d’un habitant du Nord-Kivu : « La situation sécuritaire n’a jamais été aussi mauvaise depuis 1990. Le niveau de chaos et d’insécurité est nettement supérieur et bien plus dangereux qu’en 1991, 1992, 1994, 1996 et 1998 » , soit les dates de troubles importants dans la région, les deux dernières représentant le début des deux guerres du Congo.

« Il y a 30000 militaires totalement hors contrôle, sans commandement réel et impayés, auxquels il faut ajouter 20000 à 25000 membres des groupes armés non officiels (Nkunda, Repaco, Maï Maï Lafontaine, Maï Maï Jackson, FDLR etc…), qui pillent, tuent, violent impunément sous le nez de la Monuc » (Mission de l’Onu au Congo). « C’est très choquant et révoltant ».
A titre de comparaison, « dans la même zone, en 1996 (début de la première guerre du Congo), il y avait maximum 6 000 DSP » (Division spéciale présidentielle, troupes d’élite de Mobutu).
L’auteur de ces lignes évoque encore un « chaos indescriptible » sur les routes « avec une multitude de barrages incontrôlés », sans compter « les assassinats » qui « se multiplient pour des raisons souvent liées à des conflits d’intérêts ou commerciaux ».
Par ailleurs à Genève, le Haut commissariat aux réfugiés de l’Onu, qui s’occupe de 25000 à 35000 Congolais passés en Ouganda pour fuir les violences au Nord-Kivu, indique que « parmi eux, beaucoup ont été victimes de viols et de tortures ». Les atrocités commises « dépassent l’imagination ».
« Nos équipes ont aussi reçu des informations sur des massacres de civils » , a ajouté le porte-parole, Ron Redmond.
Selon ce dernier, « des colonnes de déplacés se dirigent vers le camp de Muganga, à 15 km de Goma. Les conditions y sont désespérées, les déplacés s’entassent dans des huttes peu solides ». (avec Belga)

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