Dans la livraison du journal Le Soir du vendredi 10 août dernier, un billet faisait état de la tranquillité que semblait recouvrer la ville de Kinshasa. La « diagonale » de Philippe De Boeck intitulé « A Kinshasa, la fin de la récréation est sifflée » évoque le changement de décor, le renforcement de la sécurité, l’éclairage publique que connaît Kinshasa. Il souligne le retour des agents de la circulation, les « fameux roulages » qui ne rançonnent plus les automobilistes et s’occupent de la circulation convenablement. Fort heureusement, le journaliste du quotidien a largement laissé la porte ouverte à un doute. En effet, rien ne dit que la capitale congolaise a retrouvé un équilibre digne d’une grande métropole africaine.
« Désormais, plus rien ne sera comme avant ». Cette phrase magique du maréchal Mobutu semble être sorti hier. De jour en jour, rien n’est comme avant dans le grand Congo. Quand il l’avait dit, il avait été ovationné. Seulement, personne n’avait demandé quand si cela allait empirer ou s’améliorer. Un autre slogan a vu le jour : « Finie la recréation ». Il est du président Kabila.
John Numbi serait à la base de ce changement. L’ancien commandant des forces aériennes congolaises aurait la volonté de transformer Kinshasa en un havre de paix. Mon souci n’est pas de lui vouer tout mon potentiel septique. Au contraire, j’aimerai seulement lire les événements d’une autre manière. Si depuis 3 semaines on assiste à des changements fort dans la ville, je me pose simplement la question de savoir si cela durera jusque quand.
Il y a eu plusieurs changements à Kinshasa comme au Congo. Combien de temps cela a duré ? Eclairage public, asphaltage des chaussées, réglementation de la circulation… Tous sont passés pour des sursauts d’orgueil de la part des autorités, en vue de montrer à la population qu’ils sont là.
Les observateurs avertis, en tournant le cube du changement, verront encore une brèche : la répression est le seul moteur du changement. Pas de solution alternative. Si les taximen mettaient deux clients au siège avant des véhicules, c’était pour rentabiliser au maximum le véhicule. On le leur interdit. En compensation ? Rien.
Une fois de plus, la police devrait faire régner l’ordre, quand on sait que la même police est auteur de plusieurs abus sur une population abandonnée à elle-même. Un caractère aussi répressif de l’ordre démontre les croyances des gouvernants. Ils pensent que le peuple congolais devrait vivre sous les coups de bâtons, une population immature dont l’éducation ne devrait passer que par la réprimande. Cela me rappelle une certaine époque d’avant 1960. Vague souvenir.
J’aimerai bien que cet état de changement ne soit plus un mirage, autant que le changement de mentalité dont on parle sans cesse. Mais de qui faudrait-on changer le mental ? Je ne pense pas que ce soit uniquement les agissements population et l’embellissement de la ville qui sont concernés. Les poches des citoyens, le système social, l’Education nationale sont des indicateurs beaucoup plus intéressants qu’embellir une ville. Des mirages, ont a assez d’en voir.
