Vendredi dernier, vers 19 heures, un attroupement particulier au croisement des avenues Bokasa et Kasai dans la commune de Barumbu, attirait davantage des badauds. Sur le lieu, nous avons trouvé un malfaiteur donné pour mort depuis des semestres par les membres de sa famille, qu’interpellaient des policiers. Les limiers du Bataillon de la police d’investigations criminelles tenaient à s’assurer qu’ils n’étaient pas en présence d’un fantôme ou d’un revenant. Jean Bosco Tombolo était bel et bien vivant entre leurs mains, en chair et en os.
(Jrt)
Même les « Colbert » de Barumbu ont fait du grabuge, pour empêcher l’arrestation de ce « ressuscité ». La force étant à la loi, le suspect fut conduit sous bonne escorte à un poste de police proche, en attendant l’arrivée des renforts en provenance de l’Inspection provinciale de la police, ville de Kinshasa.
Mais qui est donc le fameux Jean Bosco Tombolo qui intéresse tant les services d’enquête de la police ?
Chef de bande des cambrioleurs de la chambre forte du ministère des Finances, cet homme est la pièce-maîtresse que traquaient le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa/Gombe, l’inspection judiciaire des parquets, la Direction des renseignements généraux et des services spéciaux de la police et le célèbre Bataillon PIC. Il serait le cerveau moteur du cambriolage au ministère des Finances et on espère de lui des révélations sur la taupe qui livrerait, au niveau du cabinet tous les renseignements sur l’entrée et la sortie des fonds, le mouvement des agents et cadres travaillant au cabinet, la topographie du bureau du comptable et de la chambre forte.
D’autres renseignements espérés concernent la composition du groupe ayant effectué l’opération; des indications précises sur la manière donc le coup a été préparé, avec quel matériel et quelles armes et comment s’est fait le partage du butin.
Jean Bosco Tombolo faisait partie, comme signnalé dans l’un de nos précédents articles, des membres de la bande en fuite.
Voilà pourquoi il intéresse aujourd’hui la justice au plus gaut point.
Une enquête longue mais fructueuse pour la police
Rappelons que seul le chauffeur de la bande fut appréhendé quelques jours après le forfait. Il décrira le scénario de ce cambriolage, depuis le point de ralliement du groupe jusqu’au lieu du partage du butin, avant que la bande se sépare.
Pour Nsembani alias Pablo alias Pajos, tout s’était bien passé.
Au ministère des Finances, ils ont trouvé tous les policiers endormis, ronflant et « inanimés ». Alors qu’il attendait au volant de la jeep, les autres membres du groupe ont fait irruption dans les bureaux et sont ressortis avec des sacs pleins d’argent. Ils se sont tous engouffrés à bord de ce véhicule. Direction : le lieu du partage. Le reste, Nsembani ne saura rien ni du montant perçu par chaque membre du groupe, ni la destination prise après ce cambriolage. Il sait aussi qu’un colis a été réservé aux absents.
C’est grâce à ses aveux que les enquêteurs ont suivi l’itinéraire prise par les malfaiteurs. Cette démarche les conduira aux deux domiciles du chef de bande Jean Bosco Tombolo. Chez la première femme comme chez la concubine, les policiers surprendront des sacs vides du ministère des Finances et quelques bottes d’argent, c’est-à-dire une partie du butin, laissé au titre de frais de ménageChose que les deux dames ont reconnu devant les enquêteurs, avant de révéler que Jean Bosco Tombolo qui se savait traqué, avait traversé le fleuve Congo pour un exil doré à Brazzaville.
Il en est de même du policier Tusevo, le chef de poste et responsable de la garde pour cette nuit du 9 au 10 janvier.
A en croire le chauffeur Nsembani, c’est lui qui aurait servi la nourriture droguée à ses collègues policiers Tambwe, Manzanza, Lofumbwe, Makiadi et Nsumbu, avant de disparaître avec les autres membres de la bande.
Tout deviendra clair comme l’eau de roche
La somme des aveux du chauffeur et ceux que la police obtient du chef de bande actuellement sous verrous, permettra certainement de tisser une seule version des faits, recueillir les concordances et relever quelques mensonges au cas où les deux malfaiteurs envisageaient d’injecter le doute sur un ou plusieurs éléments du dossier.
Une chose demeure certaine. Un cambriolage a été commis au ministère des Finances. Le gouvernement a subi des pertes à la suite de ce vol. Les enquêtes ont été confiées à plusieurs services de l’Etat, la justice et la police. Des investigations ont été menées et ont abouti à l’arrestation du chauffeur Nsembani pour finir aujourd’hui par le chef de bande et peut-être avec ses comparses.
Affaire à suivre !
