Bruxelles, 19 mars 2006
Ce samedi 18 mars 2006, les militaires congolais en exil ont rendu public une déclaration par rapport à la situation politique au Congo.br>
DECLARATION DES MILITAIRES PATRIOTES CONGOLAIS
Nous, Militaires Patriotes Congolais réunis en congrès à Bruxelles ce 18 mars 2006,
Conscients du bilan négatif de la gestion de notre pays en particulier ces dix dernières années et de ses conséquences néfastes sur le bien être social du peuple congolais et du développement de la République Démocratique du Congo ;
Considérant que cette mauvaise gestion s’est accompagnée de la destruction méchante des institutions vitales de l’Etat depuis l’agression en 1996 de notre Patrie par la coalition internationale utilisant comme alliés et complices nos voisins africains, les pays, institutions, organisations et personnalités de la Communauté Internationale dont certains pays occidentaux qui ont porté l’OVNI AFDL et les institutions nationales qui en ont découlé au pouvoir dictatorial, irresponsable et prédateur ;
Constatant que cette agression et ses conséquences ultérieures ont engendré une crise multidimensionnelle sans précédent dans le monde au 21è siècle. Parmi les plus graves :
des millions de morts parmi nos concitoyens ;
la destruction totale du pays, de son Armée et des forces de sécurité ;
l’insécurité et la pauvreté généralisée;
Considérant que suite à l’Accord global et inclusif de Sun City, une transition a été mise en place avec un système inédit de gouvernance au sommet de l’Etat.
Considérant que le gouvernement de transition issu de cet Accord a reçu pour missions entre autres :
offrir au peuple congolais une Armée nationale républicaine capable d’assurer sa défense, celle de son territoire et de ses institutions et la paix dans la Sous-région des Grands Lacs ;
organiser des élections démocratiques crédibles ;
Constatant qu’aucune des missions n’a été accomplie notamment en ce qui concerne la défense nationale, l’instauration d’un Etat de droit , la sécurité des personnes ,des biens et du pays;
Constatant que la destruction de l’armée et l’absence de l’unité de commandement au sein des factions et composantes politico-militaires ont favorisé l’émergence des crimes et délits divers dont : l’arbitraire, la violence multiforme, l’occupation et le pillage organisé de notre pays;
Constatant que la formation d’une armée en République Démocratique du Congo, RDC, se heurte à des agendas et calculs occultes des hauts responsables nationaux qui en confient le destin et, donc, celle des congolais aux étrangers dont les intérêts sont parfois en contradictions avec ceux de la RDC ;
Considérant que sous tous les cieux la formation d’une armée obéit à une politique nationale et à une philosophie unique seules capable d’imprimer l’unité, l’esprit de corps, le sentiment patriotique etc. et ne peut être abandonnée entre les mains des étrangers ;
Considérant que nos divers avis et démarches jusqu’aux plus hautes sphères de la république pour la question militaire et l’exclusion d’une frange importante des éléments très compétents des ex-Forces Armées Zaïroises, ex-FAZ, Tigres et autres groupes reconnus par l’Assemblée nationale congolaise se sont heurtés et se heurtent jusqu’à présent à la surdité irréductible des hauts responsables nationaux qui préfèrent prêter une oreille docile aux étrangers ;
Considérant que l’exclusion et/ou l’exil des anciens militaires ex-FAZ, Tigres et Maï-Maï patriotes ne peut être accepté ni se poursuivre encore longtemps dans la perspective de la paix et la réconciliation nationale ;
Considérant que cette exclusion relève d’une volonté machiavélique délibérée de ne pas mettre sur pied une armée républicaine digne des nations modernes, capable de défendre notre pays et de le faire respecter et qu’en cela, les autorités politiques et militaires actuels continuent à priver notre pays d’une véritable armée ce qui hypothèque dangereusement son avenir ;
Constatant que les diverses unités « brassées » par ceux qui croient donner des leçons aux ex-FAZ n’échappent pas à des comportements intolérables dans une armée classique comme par exemple l’indiscipline, les refus d’ordre, des mutations, les mutineries, viols, vols, extorsions et les exactions diverses envers les populations civiles qu’ils sont censés protéger et défendre ;
Etant donné que le processus électoral exige la mise en place de l’armée nationale devant garantir les résultats des urnes et assurer la défense de l’Etat, de la population et des nouvelles institutions ;
Conscients de la lourde responsabilité qui nous incombe en tant que militaires bien formés avec le denier public et les sacrifices de notre population, quant à la défense de notre pays, sa population et ses institutions,
Décidons ce jour:
De réunir nos groupes, forces, intérêts et ambitions au service de la défense du peuple congolais et des intérêts des militaires ex-FAZ, Tigres, Mai-Mai-patriotes et consorts.
A cet effet, nous avons décidé :
de nous placer résolument du côté du peuple congolais, d’appuyer sa lutte pour la libération et de l’exhorter à résister davantage contre l’oppression ;
de soutenir nos compatriotes des forces politiques démocratiques non armées, les Eglises ainsi que les amis de notre peuple qui luttent contre la bêtise et oeuvrent pour l’émergence d’un nouveau leadership d’excellence en R D Congo.
de dénoncer et condamner tous les crimes commis sur notre territoire national dont les auteurs connus ou supposés devront être traduits en justice pour crime de guerre et crime contre l’humanité ;
d’œuvrer pour la protection et la pérennisation des intérêts du peuple congolais en réclamant et obtenant la mise sur pied d’une armée Républicaine digne et capable de défendre l’intégrité territoriale, les biens et les personnes, capable aussi de relever le défi des guerres incessantes ainsi que de l’occupation de notre pays par les forces étrangères ;
d’obtenir du gouvernement et des institutions de la république, la reconnaissance des droits des militaires congolais et groupes reconnus par l’assemblée nationale (Cfr loi n° 04/23 du 12 décembre 2004) à leur réintégration sans condition dans la nouvelle armée dont ils constitueront le socle.
d’obtenir des institutions gouvernementales et parlementaires nationales présentes et futures, la prise en considération des droits des militaires en activité, ceux des orphelins, veufs, veuves, handicapés et mutilés de guerre ainsi que ceux des militaires exclus arbitrairement de leur carrière;
Exigeons :
Le respect du militaire congolais dans sa personne et dans son travail notamment :
La mise à disposition des militaires en missions des moyens nécessaires pour l’accomplissement correct de leurs missions, équipements adéquats, renseignements, logistiques permettant d’éviter de les placer en situation de vivre sur la population ou de commettre des exactions et autres délits ;
La protection du militaire contre des missions abusives le contraignant à enfreindre la loi et la discipline ou le forçant à commettre des crimes de guerre.
La revalorisation de la carrière du militaire et de ses conditions sociales, salaire, logement, soins de santé etc. afin de le mettre à l’abri des comportements de survie contraires à la loi et à la dignité militaire.
Demandons aux militaires congolais :
de s’abstenir d’exécuter des ordres intempestifs, criminels et illégaux qui minent la démocratie;
de refuser l’usage abusif et excessif des armes et autres moyens violents pour réprimer abusivement nos compatriotes civils qui sont nos propres parents, frères ou sœurs, notamment de s’abstenir de tirer sur eux à l’occasion de l’exercice de leurs droits démocratiques et leurs revendications légitimes ;
de protéger, encadrer nos populations et d’organiser, leur résistance contre les tueries perpétrées par des forces étrangères ;
de refuser d’adhérer à des composantes politiques ou d’aller perpétuellement en guerre les uns contre les autres sous l’instigation des politiciens «chefs de guerre de circonstance» qui sont de vrais prédateurs irresponsables utilisant votre sang et votre savoir professionnel pour défendre et imposer leurs intérêts égoïstes. En fait, c’est vous qui tombez au front, c’est notre population qui meurt et c’est eux qui en profitent au détriment de la communauté nationale.
Demandons à l’Organisation des Nations Unies, à l’Union Européenne et à l’Unité Africaine :
de cesser de soutenir l’insoutenable ;
de s’abstenir d’envoyer un nouveau contingent des militaires étrangers dans notre pays sachant qu’il s’y trouve déjà une présence militaire trop importante par rapport aux besoins réels alors que le peuple congolais a besoin d’une armée nationale bien équipée ;
de réserver le financement onéreux de cette nouvelle expédition à la refondation de la future armée nationale congolaise sur des bases plus saines et plus solides.
De ce qui précède, décidons ce jour:
De nous mettre ensemble en tant que patriotes militaires afin de parler d’une seule voix et obtenir la restauration d’une Armée nationale respectueuse des valeurs et étiques militaires garante de la sécurité et de l’intégrité de notre pays.
De charger l’Union des Patriotes Militaires Congolais en tant que plateforme et organe d’expression des tous les militaires de notre pays :
d’assurer la coordination et le suivi de nos actions,
de prendre les contacts et toutes initiatives nécessaires avec nos frères d’armes à travers le monde et en RDC en vue de mettre sur pied l’ensemble des actions nécessaires à notre objectif à savoir l’avènement en RDC d’une armée nationale républicaine constituée de tous les militaires ex-FAZ, des Tigres, Mai –Mai patriotes et autres.
Nous lançons à cet effet un appel solennel à tous les militaires et hommes en armes professionnels congolais en activité ou en exclusion notamment les ex-FAZ, les Tigres et les Maï-Maï patriotes de refuser catégoriquement la logique des composantes politico-militaires qui mine l’unité et la sécurité de notre pays. Nous les exhortons à nous unir pour qu’ensemble nous contraignons nos institutions afin qu’elles dotent notre pays d’une Armée nationale républicaine moderne bien équipée capable d’accomplir dignement ses missions. C’est à ce prix et à ce prix seulement que notre pays et nos populations seront sauvés.
Fait à Bruxelles, le 18 mars 2006
Pour l’UPMC :
-Méd-Col Lusadusu Nkiambi, Président
-Lt – Col Pharm Prof Mbela Tulu, Vice-Président / Porte-Parole
Pour le BES :
-Léopold Henri Tita, Ir
-Paulin Kabuya Mulamba
Pour l’Am Efoïstes :
– Ngolu Ngweli – Mbiti Odon Jean-Marie, Coordonnateur Général
