Consacrer un ouvrage à l’accueil de l’étranger dans la situation actuelle, quel défi !
Les critiques ne manqueront pas de se manifester. Les uns proclameront: « La barque est pleine », parce qu’ils se sentent agressés par leurs concitoyens dans leurs refus d’acueillir l’étranger, qui a son tour les accusera de ne pas défendre leur cause.
Aborder un tel thème exige donc à la fois beaucoup de retenue et d’impartialité, aussi qu’un véritable engagement.
L’ouvrage que l’auteur par modestie a nommé « essai » répond à ces exigences.
J’ai fait la connaissance du Dr Musuvaho Paluku dans les années 1979-1982 durant lesquelles j’ai enseigné comme professeur d’Ancien Testament à la Faculté de Théologie Protestante de l’Eglise du Christ au Zaire, à Kinshasa. Musuvaho Paluku se manifesta comme un étudiant zélé, animé d’une saine ambition. Il apprit l’hébreu, s’intéressa surtout à l’étude de l’Ancien Testament, puis alla à Bruxelles, où il a obtenu son doctorat en théologie.
L’auteur ne se situe pas en marge comme spectateur de l’actualité de son pays, la République Démocratique du Congo. Il a lui-même vécu les événements tragiques de son pays, qui ont contraint des milliers de compatriotes à l’exil.
Ayant trouvé une demeure en Belgique, où il a réussi grâce à Dieu et à sa persévérance à s’adapter à sa nouvelle situation, il exerce à présent le ministère d’aumônier auprès des réfugiés africains dans ce pays. Il participe à leur lutte pour l’obtention d’un permis de séjour et leur apporte le réconfort pour facilité leur intégration dans cette socièté.
Cet essai, différent et unique, est parmi la littérature consacrée à un tel sujet. L’auteur fonde son argumentation sur le message biblique, en particulier sur le commandement « tu aimeras l’étranger comme toi-même » (Lévitique 19:33-34) comme norme de la relation humaine. En effet, ne sommes-nous pas tous des étrangers sur une terre qui appartient au seul Seigneur ?
De cette norme, il tire les conséquences éthiques ainsi formulées à la page 97: « Le modèle biblique de l’accueil de l’étranger est l’hospitalité, l’amour fraternel, l’acceptation de la différence, le dialogue, la reconnaissance mutuelle, valeurs qui favorisent l’épanouissement des relations et constituent une chance pour une vie harmonieuse »
Mais l’auteur est assez réaliste pour savoir qu’un tel rêve ne se réalise pas à court terme. Puisque cette harmonie souhaitée demande des sacrifices, que les hommes n’aiment pas faire, le chemin à parcourir sera long et difficile; toutefois comme le déclare l’apôtre Paul dans son épitre aux Philippiens 3:16: « Seulement au point où nous sommes parvenus, avancons ensemble ».
Cet essai nous lance un défi. Je le recommande chaleureusement, car sa lecture constitue un enrichissement.
Copyright: Tu aimeras l’étranger comme toi-même; Musuvaho Paluku, 2004
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