DIDIER BONGEYA est un jeune homme à la fleur de l’âge. Sa sœur que nous avons rencontrée à Bruxelles nous a révélé que le jeune homme a 24 ans à peine, il venait d’avoir son diplôme d’état. Issu d’un quartier populaire et d’une famille nombreuse, il a de la famille en Belgique et en Suisse.
Très remontée cette dame qui vit et travaille en Belgique nous a raconté sa révolte face à ce qui arrive à son jeune frère et surtout à l’atmosphère qui règne autour de lui aujourd’hui à l’hôpital général de KINSHASA où il est interné.
Tenez ! Le jeune homme qui a perdu ses deux mains était menacé d’enlèvement par des policiers. Il lui a été promis par un « blanc » de quitter le pays vers l’Allemagne, pour des soins médicaux aux frais du « gouvernement ». Un travail psychologique est abattu pour amener la famille à considérer cet « accident » comme une « opportunité » suivez mon regard… (Louis Michel n’est pas loin). La question est de savoir jusque quand va-t-on prendre en charge ce jeune homme aux mains coupées ? Quelle vie lui réserve-t-on ? Qui va le nourrir, l’habiller ? Le nettoyer ? Combien est-ce que tout cela représente ? Et pourquoi l’Allemagne et la Belgique sont-elles prêtes à prendre en charge ces frais là s’ils ne sont pas responsables?
Didier BONGEYA est l’un de ces martyrs que nous côtoyons sans les voir, avec qui nous vivons sans les reconnaître. Comme les victimes des massacres des chrétiens, les blessés graves de ces massacres des étudiants de Lubumbashi et tous les autres témoins gênants pour les oppresseurs du peuple congolais, Didier va nous être subtilisé pour une prison dorée quelque part avec une rente à vie. Et nous ne pourrons pas le présenter en modèle à nos enfants comme « héros national ». L’objectif inavoué étant de faire croire aux congolais que tous ses héros meurent toujours à la fin.
En sortant de chez lui pour aller marcher, Didier, Raoul, et tous leurs compagnons savaient à quoi ils s’exposaient, tous ces jeunes avaient pleine conscience des risques auxquels ils s’exposaient, exactement comme les jeunes français qui ont résisté au CPE en France. Ces jeunes sont prêts à donner leur main s’il le faut pour empêcher l’ignominie que l’on nous prépare. Et nous que sommes-nous prêts à sacrifier ?
De tels sacrifices ne doivent pas demeurer vains. Le sang qui a coulé de leurs blessures doit être la sève appelée à nourrir le combat qu’ensemble nous menons pour notre bonheur de peuple libre et souverain. Ces sacrifices doivent être le miroir qui reflète à chaque instant les peines que nous endurons et nous donner le courage et la force pour vaincre l’adversité qui s’épaissit autour de nous. Nous devons nous montrer à la hauteur de ces héros anonymes, ces Didier et autres qui nous ont montré la voie à suivre pour que notre cause prévale.
