Deuxième tour de l’élection présidentielle : Les faiseurs des rois ne peuvent rien pour Kabila 1235

Dans la période pré et post-électorale, certains médias pro Kabila se sont lancés dans une véritable campagne de conditionnement psychologique de l’électorat congolais. Au premier tour, comme de parfaits débutants, ils ont bruyamment salué le ‘‘vote’’ de la presse occidentale en faveur de leur candidat et acclamé les mises en gardes maladroites de l’Eufor contre les contestataires d’une victoire imaginaire. Pris pour du pain béni, l’ouvert soutien de l’occident officiel à leur candidat a pourtant constitué à l’ouest, la lame de fond du ralliement autour du ‘‘Muana Congo’’.

Aujourd’hui, à tout Seigneur tout honneur, l’attention de la presse kabiliste se focalise sur Gizenga en qui elle trouverait une affinité idéologique avec leur candidat. La dernière visite du patriarche au président sortant est exploitée d’une manière tellement orientée que cette presse hypothèque gravement son crédit pourtant si précieux dans l’exercice du métier.

Il devient évident pour l’opinion que ces médias PPRD et alliés se sentent plus à l’aise dans le militantisme que dans le journalisme, ce dernier reposant avant tout sur les faits, et non sur la propagande ni sur l’imprécation. Quand on met tous ses œufs à raz le bord dans un seul panier, on trouve difficilement après de la place pour la déontologie et le sens de l’honneur.

Il est vrai que Gizenga est allé voir Kabila, mais il est aussi vrai que le même jour, il a également rendu visite à bemba. Il est surtout vrai que le patriarche n’a fait de déclaration de soutien en faveur de l’un ni de l’autre. Les medias pro Kabila qui ne parlent que de la visite rendue à Kabila, vont jusqu’à voir une alliance Kabila-Gizenga. Si juste une visite suffit pour tisser une alliance, au nom de cette même logique bien spécieuse, les médias pro Bemba ne peuvent-ils pas aussi célébrer une alliance Bemba-Gizenga ?

Hier, ils ont été arrogants au point de crier sur tous les toits qu’ils passeraient au premier tour. A tous leurs adversaires, Gizenga compris, était exhibé Kisanola, (le coup de brosse) trouvaille d’un art de qualité plus que discutable, sortie des laboratoires des musiciens à cours d’inspiration.

Des pasteurs et prophètes du ventre ont même été mis à contribution, pour prophétiser, à l’aide du prénom « Joseph » et du chiffre « 7 », cette victoire au 1er tour qui s’est révélée n’être que du vent.

Dieu n’ayant pas été favorable, les kabilistes, réputés pour avoir de la suite dans les idées, se tournent maintenant vers ses « saints ». ‘‘Saint Antoine Gizenga’’ est le plus courtisé. On met dans sa bouche même des paroles qu’il n’a jamais prononcées. On oublie qu’il a plus de 80 ans et que les vieux avaient été déclarés morts politiquement par des moussaillons parricides aux dents longues, au nom d’une ténébreuse nécessité d’un discutable renouvellement de la classe politique.

On joue à fond le baratin lumumbiste alors qu’on a fait la pluie et le beau temps au pouvoir sous le label kabiliste. Pauvre Lumumba ! Un véritable fond de commerce politique ! Ceux qui, même pour tousser, demandent la permission à Michel, Barrozo et Ajellose, se déclarent, sans sourciller, lumumbistes ! Il doit retourner dans sa tombe, ce cher « Saint Patrick de Katako’’.

Ensuite vient « Saint » François-Joseph Mobutu Nzanga. On va fouiller dans le passé pour lui trouver des raisons pour lesquelles il serait opposé à Bemba. Il ne peut, nous raconte-t-on, qu’être proche de Kabila, à cause de son idéologie de l’unité nationale. Ils y vont très fort les kabilistes ! Après s’être déclarés lumumbistes, les voilà à deux doigts de se convertir au mobutisme, pourvu qu’ils restent au pouvoir. Ça doit en avoir bouché un coin à « Saint Joseph Désiré Mobutu Sese Seko », le père de l’autre, dans sa tombe marocaine.

Comme on ne sait jamais de quel ‘‘saint’’ peut venir le secours, pragmatiques, les sociétaires de l’AMP frappent aussi à la porte de « Saint » Oscar Kashala, mais sans conviction, car on sait que ce dernier n’a pas beaucoup de vertu personnelle et qu’il devrait son score, non seulement à sa verve, mais surtout à l’absence de Etienne de Limete, le « saint » patron des politiciens congolais.

Mais, même avec une foi qui déplacerait les montagnes, une prière que Dieu en personne n’a pas exaucée, le serait-elle par ses « saints » ?

« Saint Antoine Gizenga », pour un précaire poste de premier ministre, prendrait-il le risque de donner une consigne de vote qui pourrait entraîner sa désacralisation auprès des membres de sa secte mystico-religieuse, qui l’attendaient plutôt comme président ?

L’opinion se souvient que Gizenga a piqué une ‘‘sainte’’ colère au premier tour de l’élection présidentielle face aux bruits de ralliement à Kabila, contre espèces sonnantes et trébuchantes. Selon le flair du Vieux Lion Pende, ces bruits ne pouvaient être répandus que par le PPRD et son candidat contre qui l’intelligentsia du PALU sortit une bréviaire dans laquelle le milieu présidentiel fut présenté comme source de tous les maux congolais.

Le patriarche serait-il aussi versatile et/ou crédule au point de croire à la conversion, le temps d’une élection, à l’évangile de la bonne gouvernance et de la démocratie, de ceux à qui il a donné naguère un zéro pointé ?

Ou, ainsi que le laissent encore entendre des bruits persistants, serait-il tant à la recherche de 800.000 dollars américains pour retaper une de ses maisons détruites par Mobutu qu’il convolerait en ‘‘justes’’ noces avec quiconque casquerait le premier ? Voudrait-il finalement se retirer de la politique avec tous les honneurs d’apparence qui vont avec le titre de premier ministre, quelles que soient les conditions ? Serait-il otage d’une bande des jeunes cadres du PALU aux ambitions démesurées qui tiendraient à tout prix à ‘‘vendre’’ le vieux au plus offrant pour occuper des strapontins du pouvoir, même au prix de la crédibilité du Lumumbiste ?

Au premier tour, dans notre Bandundu chéri, ceux qui étaient tentés de voter pour un candidat autre que le vieux gourou, et surtout pour le candidat AMP, ne se sont-ils pas entendu avertir : ‘‘Kana nge voter mutu ya nkaka, ke ta mona yandi na mpimpa’’ (si tu votes quelqu’un d’autre, tu le (Gizenga) verras la nuit) ? Ou encore plus grave : nge ta kauka fioti fioti (tu vas sécher petit à petit) ?

Amer, un ami candidat député pour le compte d’un autre parti à Bulungu natal a juré de ne plus rien envoyer à ces ‘‘ingrats’’, après que même ses propres témoins lui aient avoué avoir voté pour le candidat du parti du ‘‘Mbuta qui n’a jamais remis les pieds chez lui depuis 1958’’.

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