L’armée n’a jamais eu pour mission, au Congo Kinshasa, de servir le peuple.
Tout commença par la force publique de Léopold II, mise en place pour asseoir l’autorité du pouvoir absolu du Roi – Souverain – Propriétaire – Fondateur sur son bien et tout ce qui s’y trouvait dont la population indigène. Toute velléité de résistance ou pas étant réprimé sans pitié par une force publique composé en grande partie par des troupes étrangères (tirailleurs sénégalais, nigerians, ghanéens, mercenaires recrutés dans tout le monde occidental,et quelques aventuriers belges). Cette force publique a été tellement efficace qu’à la fin du régime Léopoldien en 1908, la population de l’EIC avait diminué de moitié.
Le Congo belge qui verra le jour par la suite, maintiendra la force publique en place dans son fonctionnement, dans ses structures et surtout dans son rapport avec les indigènes. évidemment le nombre des mercenaires va diminuer, remplacement progressivement par les belges appâtés par les salaires mirobolants offerts par l’administration coloniale. On peut affirmer sans se tromper qu’avant le Congo Belge fut égal à après le Congo belge du point de vue des indigènes (congolais de l’époque).
La force publique sera utilisé dans la répression de la population et à sa mise au pas, plus qu’à la défense du territoire qui n’était d’ailleurs nullement menacé directement. Evidemment lors des deux grandes guerres européennes, les troupes congolaises seront utilisés dans quelques combats, mais rien de très sexy car d’après les archives, la Belgique a plutôt utilisé les ressources du Congo pour financer sa résistance et contribuer à l’effort de guerre des alliés. D’ancien combattant il n’y en eut pas en aussi grande proportion que dans les colonies françaises.
1960 eyaka te, eye. Lipanda tosengaki, bapesi biso. C’est le général Janssens, qui affirmera aux troupes que rien n’était censé changer au sein de la force publique(Tous les officiers resteront blanc et les troupes nègres!). Affirmation qui déclenchera la mutinerie de la FP et le premier pillage de militaires congolais contre les biens des civils(pilage qui deviendra la marque de fabrique de l’armée congolaise). Mutinerie à la base du depart précipité des belges qui travaillaient au sein de l’administration congolaise.
L’autre conséquence de cette mutinerie sera l’africanisation précipitée de l’armée décidé par le premier ministre Lumumba et réalisé par le chef d’état major Mobutu.
Le rapport avec la population quand à lui n’aura toujours pas changé, de force publique, l’armée deviendra les F.A.C./F.A.Z. Séparation entre l’armée et la police nationale. Rançonner, piller, violer, mater, réprimer resteront les tâches principales de l’armée. Elle restera la grande outil du pouvoir, Mobutu l’utilisera pour prendre le pouvoir et s’y maintenir pendant plus de 30 ans.
L’avènement de l’AFDL ne sera pas l’occasion d’avoir une armée nationale au vrai sens du terme, càd une armée qui est au service d’une nation, du peuple, des institution de la république et as d’un régime ou d’un homme. Les FAZ qui avait formé des tas de cadres à coup des millions sera défait par une horde d’enfants-soldats encadrés par des troupes des FPR (l’armée rwandaise de Kagame). Après les discours de bonnes intentions, la discipline légendaire des « KADOGO », ne résistera pas longtemps aux néons de Kinshasa. Le rançonnement, le pillage, l’arbitraire, le clientelisme reviendront très rapidement.
Très vite cette armée sans hiérarchie, cette armée des commandants atteindra ses limites et moins d’une année après la révolution de l’AFDL, la rebellion recommencera de plus belle, avec à la clé 5.000.000 des morts au moins.
Aujourd’hui, les élections sont passées. La troisième république rêvée par la CNS a vu le jour, imparfaite certe mais elle est là. Joseph Kabila, le président « élu » vient de nommer de remanier toute la structure de commandement de l’armée et de la police nationale.
Un ancien des F.A.Z.; officier formé aux frais de la république du Zaïre, qui a fait toute sa vie au service de l’armée congolaise et qui a choisi de vivre à l’étranger depuis la purge de l’AFDL; que nous avons consulté nous a appris que dans la liste des nommés il y a du tout. Connaissant très bien le nouveau chef d’état major, il nous l’a décrit en ces termes.
Le chef d’état major actuel, le général-major Kayembe Mbandakulu est un officier qui a fait la célèbre école de formation des officiers en France: « Saint Cyr ». très doué, il a fini brillamment ses études avant de revenir au Zaïre à l’époque. Il passera le plus clair de sa carrière sous la deuxième république en disgrâce. Il faisait partie de ces militaires mis en indexe et soupçonné à cause de leur appartenance ethnique, avec des séjours fréquent en prison lors des purges pour des complots réels et supposé. D’après notre consultant, c’est quelqu’un de correcte et de compétent.
Mais cela suffira-t-il pour qu’il puisse réaliser les reformes dont l’armée congolaise à besoin?
Surtout quand on sait que son prédécesseur le général Kissempia n’avait rien à lui envier du point de vue compétence et diplôme. Les militaires sont par définition des exécutants, l’armée c’est la grande muette de la République dit-on. Sous la direction du général Mbandakulu l’armée peut-elle servir de garde fou à toute derive autocratique du régime Kabila comme on serait en droit d’attendre d’elle?
Nous avions vu en 1990, en URSS, l’armée rouge reculer devant le peuple qui refusait le coup d’état du parti communiste contre la démocratie. Plusieurs autres cas existent à travers le monde. Espérons que les nommées d’aujourd’hui n’agiront pas comme des larbins du celui qui les a ms en place, mais comme des hommes d’honneur qui comprennent le vrai sens du serment de l’armée « TOKO WA PONA EKOLO ». Et surtout qu’enfin ils comprendront qu’ils sont là pour servir le peuple et pas pour l’assujettir à un homme ou un regime.
Mas tout cela dépend de la réponse à ces questions:
1/Comment a-ton choisi les nommés?
2/ A-t-on suivi une procédure transparente, démocratique en la matière (par ex. proposition de la hiérarchie militaire, passage à la commission de la défense de l’assemblée nationale et enfin promulgation par le chef de l’état), ou bien est-ce le clientelisme qui a joué?
Si c’est le clientelisme alors, il n’y a rien à attendre de toutes ces nominations, un oeuf de crocodile ne pouvant jamais produire une poule.
Lisez a liste complète des promus afin de savoir qui est qui dans le nouveau régime en suivant ce lien.
