CONFERENCE DE PRESSE de Joseph OLENGHANKOY 122

Après avoir réçu le texte intégrale de la conférence de M. Olenghankoy Joseph président du Fonus et ministre revoqué du gouvernement, nous avons décidé de le publié in extenso dans la section histoire de notre site.C’est une contribution précieuse pour les futurs rédacteurs de l’histoire de cette période que nous vivons.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

Comme promis dans mon message de voux de Nouvel an, me voici aujourd’hui face à vous en vue d’un échange de vérité.

Ce n’est pas un hasard si, mon parti, les FONUS, a choisi ce jour mémorable pour cette rencontre avec les opérateurs du quatrième pouvoir.

Le 17 janvier de chaque année est un triste anniversaire qui nous rappelle l’assassinat de Patrice Emery LUMUMBA, notre héros National, lâchement fauché à fleur de l’âge pour son patriotisme virulent et sa loyauté sans faille envers le peuple congolais.

Le 17 janvier constitue donc une date symbole pour tout Congolais pétri de l’amour de son pays et conscient de sa responsabilité personnelle dans le processus de la stabilisation et de la construction de ce grand, riche et beau pays aujourd’hui à la dérive.

Autant l’assassinat odieux de Monsieur Patrice Emery LUMUMBA a été le couronnement des desseins funestes des ennemis de notre peuple dans sa marche vers la démocratie et la liberté, autant le massacre des compatriotes perpétré à KINSHASA le lundi 10 janvier 2005 par une milice étrangère à la solde des intérêts individuels de Monsieur KABILA constitue, à ne point douter, une preuve patente que l’intolérance, les velléités dictatoriales, les entraves à l’établissement de l’Etat de droit réclamé par notre peuple sont les références d’un régime agonisant en République Démocratique du Congo.

En effet, il vous souviendra que le 14 janvier courant, répondant au mot d’ordre lancé par les FONUS pour observer une journée ville morte, particulièrement à Kinshasa, en hommage aux compatriotes congolais victimes de la barbarie d’une milice, truffée d’éléments Tanzaniens et des Interhamwe, le peuple congolais a obéit totalement et de manière très significative. En prenant cette initiative, au-delà de l’hommage à ces compatriotes tués, la journée ville morte avait valeur d’un referendum populaire. Ainsi, le peuple a désavoué le Président de la Transition en affirmant à la face du monde que mourir n’est rien, mais vivre dans le Kabilisme, c’est mourir tous les jours.

Il est également ici l’occasion de rendre un hommage public et mérité à tous nos Compatriotes qui ont payé de leur vie pour que le Congo se libère de toute sorte d’oppression. Il s’agit notamment du prophète SIMON KIMBANGU, Joseph KASA-VUBU, l’un des Présidents de la République le plus honnête de l’Afrique, Jason SENDWE, Pierre MULELE, Evariste KIMBA, André LUBAYA, des Chrétiens massacrés injustement le 16 février 1992. Nous rendons également hommage à tous nos compatriotes de la Province Orientale, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema, de l’Equateur, de deux Kasaï, du Katanga, du Bas-Congo, du Bandundu ainsi que de Kinshasa, particulièrement les populations de Masina, N’djili et Kimbanseke, qui ont subis le martyr et souffert des affres de la guerre.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

Trahi par ses convictions libérales et nationalistes, Patrice Emery LUMUMBA n’aura guère eu le temps de mettre en application son programme : mutinerie de l’armée en juillet 1960, sécession du Katanga au mois d’août, suivie de celle du Sud-Kasaï, révocation arbitraire et anticonstitutionnelle du Premier Ministre en septembre et, finalement, son élimination physique le 17 janvier 1961.

Plus de 40 années après cet ignoble assassinat, on en est encore à se poser des questions sur l’identité réelle du principal artisan de ce drame. A ce sujet, feu papa NENDAKA, que plusieurs archives pointent du doigt mais qui, jusqu’à sa mort, n’a cessé de clamer son innocence en se qualifiant de bouc émissaire, nous a vivement recommandé, pour connaître la vérité, de tourner nos regards vers la personne à laquelle le crime a profité.

Plus près encore, un autre nationaliste congolais, Président de la République de son état, MZEE Laurent Désiré KABILA a été sauvagement abattu, en plein jour, dans son bureau de travail. En dépit de la cascade des procès organisés autour de cet assassinat, l’identité réelle de son principal artisan demeure cachée.

Ici encore, les Congolais ont le droit de connaître, face à une histoire qui se répète, à qui profite le crime. Dès lors, notre peuple doit demeurer lucide pour ne pas être trompé. Il nous revient d’exiger la réouverture du procès de feu Laurent Désiré KABILA pour qu’enfin la vérité soit portée au grand jour.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

Depuis la mort de notre Héros National et de l’idéal démocratique qu’il incarnait, notre pays a sombré dans le chaos et l’anarchie. Le pouvoir unipersonnel y a élu domicile, avec sa cohorte de conséquences désastreuses.

Aux efforts des forces novatrices de la PERESTROIKA, qui ont suscité un réel espoir en faveur d’un nouvel ordre démocratique mondial, moi, Joseph OLENGHANKOY, j’ai joint les miens. Le peuple congolais en est témoin. Au péril de ma vie, je n’ai ménagé aucun effort pour éradiquer dans notre pays la dictature et les forces de statu quo.

La fuite du Président MOBUTU et le remplacement de son régime par celui de l’AFDL ont constitué un tournant décisif qui aurait permis au peuple congolais de reprendre, enfin, l’initiative de son histoire. Malheureusement, les agendas cachés de ceux qui ont porté Laurent Désiré KABILA au pouvoir n’ont pas facilité les choses. Ce dernier est mort en laissant inachevé le processus de LUSAKA et le pays en morceaux.

Démocrate et nationaliste, faisant de mon pays et de mon peuple mes délices, je me suis personnellement impliqué aux côtés des autres acteurs politiques pour conduire le Congo à la paix, à la réunification de son territoire et à l’instauration d’un nouvel ordre politique voulu démocratique par tous les Congolais.

De Gaborone à Sun City, en passant par Cape Town et Pretoria, j’ai été au four et au moulin. Emu par mon amour profond du Congo et par mon sens élevé des affaires de l’Etat, le Président MASIRE n’a pas hésité un seul instant de me gratifier pour avoir facilité la tenue des travaux du Dialogue Inter-congolais et, partant, la tâche du Facilitateur qu’il était.

Mais déjà aux premières heures de l’amorce de sa facilitation, aussitôt que je sortais d’un emprisonnement de deux ans de la prison de Buluwo, les FONUS se sont retrouvées, aux côtés de l’UDPS et du PALU, parmi les trois principales forces politiques de l’Opposition désignées pour la réunion préparatoire de COTONOU.

Sans fausse modestie, je peux aujourd’hui affirmer que l’homme qui vous parle est un symbole vivant de la lutte de la nouvelle génération politique du Congo démocratique. Mon idéal démocratique et le dur combat politique que je mène en faveur de la liberté et du progrès dans mon pays n’ont qu’une finalité : aider mon peuple à accéder rapidement à un Etat de droit. Cet idéal et ce combat ne sont jamais fondés sur des intérêts égoïstes, dont ils sont l’antinomie.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

Vous devez avoir remarqué que depuis ma seconde suspension de mes charges ministérielles jusqu’à ma récente éviction du Gouvernement de Transition, j’ai observé un grand silence. Ce n’est pas que je me reproche quelque chose ou que j’ai peur de dire la vérité. Il m’a fallu un peu de recul pour une mûre réflexion sur le constat que j’ai fait de mon passage au Gouvernement.

J’ai mis ce moment à profit pour accumuler des documents qui sont autant des preuves sur différents scandales financiers et politiques qui gangrènent le sommet de l’Etat et que je me réserve le droit de rendre public lors de mon adresse populaire du 16 février prochain.

Au seuil de l’exercice de mes fonctions ministérielles, j’ai déclaré mes biens à l’Assemblée Nationale, conformément à l’article 90, alinéa 2 de la Constitution.

Sincèrement, je ne suis pas arrivé au Gouvernement les mains vides comme certains qui, quelques années à peine après avoir exercé des charges d’Etat, sont devenus propriétaires d’impressionnantes constructions en Tanzanie et de colossales sommes d’argent planquées dans des banques à Dubaï, en République Sud-Africaine, au Zimbabwe, à Saint Martin, au Cuba, en Tanzanie et en Chine, jusqu’à l’achat imminent de la célèbre résidence NEDERVELAND de Miami, propriété de Michael Jackson, pour environ 1 milliard de dollars américains. (NDLR Obsac : la résidence Nerverland de Michael Jackson est situé en Californie et nous doutons fortement que sa valeur se chiffre à un milliard de dollars US. Des sources sérieuses affirment que si cette propriété était à vendre, ce qui ne semble pas être le cas, son prix oscillerait entre 38 et 75 millions de dollars US)

Les Congolais connaissent la classe politique du pays. Aujourd’hui on m’accuse d’avoir détourné des deniers publics et d’avoir été corrompu. J’ai vainement usé de tous les moyens possibles pour obtenir un débat contradictoire public devant la plénière de l’Assemblée Nationale afin de permettre au peuple congolais d’accéder à la vérité pour autant que là où la Commission BAKANDEJA dirigé par le PPRD, désigne le corrompu, il n’est curieusement pas désigné le corrupteur, outre que la hauteur ou la nature des deniers publics prétendument détournés n’est pas indiquée.

La vérité est que les récentes mesures illégales et inconstitutionnelles de suspension et de limogeage de six Ministres par Monsieur KABILA entrent dans la démarche consistant à saborder sciemment la République en vue de l’affaiblir et la garder dans une situation d’inorganisation permanente pour servir des buts inavoués.

La présomption d’innocence, le droit de la défense, les articles 71, 80, 81, 89, 144 de la Constitution de la Transition sont là autant des principes et dispositions constitutionnelles violés par le Président de la Transition, pourtant garant de cette dernière.

C’est la preuve du complot permanent contre les patriotes congolais, complot destiné à entretenir la confusion dans la classe politique pour maintenir le Congo dans un état chaotique et de faiblesse pour faciliter le pillage systématique de ses fabuleuses ressources.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués invités,

Pour le besoin de l’histoire, la mémoire collective des congolais retiendra que :

Joseph OLENGHANKOY qui, auparavant, n’a jamais exercé des charges publiques, a déclaré ses biens à l’Assemblée Nationale à son entrée au Gouvernement.

Avant même de prendre en mains les dossiers de son Département Ministériel, Joseph OLENGHANKOY a réfectionné et équipé, à ses propres frais, l’ensemble de ses bureaux du Building ONATRA au vu et au su de tout le monde, alors que pour tous ses collègues, les vice-Présidents de la République et les autres institutions de la République, c’est l’Union Européenne et la Banque Mondiale qui ont disponibilisé les moyens adéquats.
Ministre, Joseph OLENGHANKOY a sillonné le monde, en missions officielles, pour la défense des intérêts de la République Démocratique du Congo sans le concours du Trésor Public. Je prends Messieurs les Ministres des Finances et du Budget à témoin.

Ministre, Joseph OLENGHANKOY, comme tous ses collègues touchait un salaire de 2.500 dollars américains, tandis que le fonctionnement de son cabinet était assuré par le Trésor Public moyennant une allocation mensuelle de la modique somme de un million cinquante mille Francs Congolais (environ 2.000 $) à laquelle il devait, de sa poche, régulièrement accorder un supplément.

Il me revient que depuis trois mois, le salaire du Ministre est passé de 2.500 à 4.000 dollars américains. On ne m’a jamais fait parvenir ce salaire.

Cette situation est analogue à celle de la Commission de Suivi. Alors que Monsieur KABILA assurait en personne le paiement des allocations de tous les Hauts Représentants, je n’ai jamais touché les miennes qui se chiffrent à 10.000 $ malgré les multiples promesses qu’il m’a faites à ce sujet. Le vice-Président de la République en charge de l’ECOFIN, le Président de l’Assemblée Nationale, le Ministre du Budget et Monsieur SAMBA KAPUTO peuvent témoigner sur les multiples réclamations que j’ai faites à ce sujet.

Au surplus, alors que les Vice-Présidents de la République touchent plus de 200.000$ (deux cents mille dollars américains), on prétend que le Chef de l’Etat touche 7.000$. En réalité, il touche mensuellement plus de 2.000.000$, le même chiffre lorsqu’il effectue un voyage à l’Etranger et la moitié de ce chiffre lorsqu’il va à l’intérieur du pays. A ces montants faramineux il convient d’ajouter les frais de fonctionnement et les allocations diverses dont le taux avoisine le montant cité ci-haut.

A la lumière de ce que je viens d’affirmer, est-il encore besoin d’en dire davantage pour démontrer que Joseph OLENGHANKOY n’avait pas, avant comme après son entrée au Gouvernement, besoin du Trésor Public ni des Entreprises publiques sous sa tutelle pour avoir de l’argent et mener son combat politique ?

Par contre, le peu de temps qu’il m’a été donné de siéger au Gouvernement de Transition m’a permis de découvrir que Monsieur KABILA est avec les membres de sa famille au centre d’un réseau maffieux dont les tentacules dépassent les frontières nationales. Sincèrement, dans la profondeur de ma conscience, je m’en voudrais toute ma vie d’avoir été Ministre d’un Gouvernement dirigé par Monsieur KABILA tant l’irresponsabilité est criante dans toute sa démarche que je n’avais jamais cessé de la dénoncer à différentes réunions du Conseil des Ministres.

Mes paires de l’Opposition, les Patriarches Antoine GIZENGA et Etienne TSHISEKEDI, m’avaient prévenu et conseillé d’être prudent dans la cohabitation avec ce Monsieur, mais hélas j’ai été trahi par mes propres convictions en me fondant sur la protection divine. C’est ici l’occasion de leur exprimer toute ma reconnaissance. A eux ou à quiconque aura été, consciemment ou inconsciemment, offusqué par mes propos ou mes actes au cours de l’année 2004, je demande pardon.

Ceci est d’autant plus vrai que tous les quatre Vice-Présidents de la République ainsi que les membres de ce Gouvernement sont conscients qu’aussi longtemps que le Congo sera dirigé par Monsieur KABILA, le bout du tunnel ne sera que chimérique. C’est, du reste, cette triste réalité que son Excellence Monsieur le Ministre Belge des Affaires Etrangères avait exprimé lorsqu’il affirmait qu’il n’existe pas d’Etat au Congo.

Je demande à l’Assemblée Nationale de se saisir de cette déclaration et de procéder à la vérification des faits ci-après :

La gestion du Fonds Social de la République présidé par Monsieur KABILA et qui gère des centaines de milliers de dollars financés par la Banque Mondiale;

La gestion des 20 millions de dollars américains alloués par le Trésor Public à la commission ad hoc créée par le Gouvernement lors de l’occupation en juin 2004 de la ville de Bukavu par les troupes insurgées de NKUNDA et MUTEBUSI ;

Le sort des mitrailles de la SNCC dont j’ai refusé le bradage, malgré les fortes pressions exercées sur moi par les envoyés spéciaux de Monsieur KABILA, à savoir son Directeur de Cabinet, le Ministre MBUYU et Monsieur KATUMBA MWANKE ;

La gestion des salons officiels de l’Aéroport International de N’djili, dont l’un a été privatisé, pour ses fins commerciales, par la sour jumelle de Monsieur KABILA, qui, par ailleurs, est dans tous les coups. Tandis que Madame SIFA, prétendue mère de Monsieur KABILA, a imposé au Commandant de l’Aéroport le renouvellement du salon, à l’insu du Ministre de tutelle, par l’achat au prix de 275.000 $ de ses propres meubles entreposés non loin du siège du PPRD et ce, trois jours avant l’arrivée de la forte délégation Sud-Africaine conduite par le Président THABO MBEKI, chose qu’il vous est loisible de vérifier à tout moment ;

Un avion de type GRUMMAN 159 Gulfstream appartenant à la Société privée de Monsieur KABILA, immobilisé à l’Aéroport International de N’djili, est loué à la République et au profit de la Présidence au prix mensuel de 550.000 $ US, qu’il ait volé ou pas ;

Les multiples enlèvements d’urgence effectués à l’ONATRA et à l’Aéroport de N’djili à la demande de l’Intendant de Monsieur KABILA ou encore de sa maison militaire, soi disant dans l’intérêt des services de la Présidence, alors qu’en réalité ils trafiquent ces enlèvements au travers des arrangements avec des opérateurs économiques moyennant des espèces sonnantes pour leurs intérêts partisans et ainsi renflouer les caisses du PPRD au préjudice du peuple Congolais. Des rapports lui ont été transmis à ce sujet;

La fondation KABILA est en réalité un service parallèle à l’ANR dont elle s’accapare des fonds destinés à son fonctionnement, et plus grave même le fonds destinés à l’ANR sont détournés par les membres du Cabinet sous le regard complice de Monsieur KABILA;

Les ponctions répétées d’énormes sommes d’argent des caisses des Entreprises Publiques sous tutelle du Ministère des Transports et Communications opérées par Monsieur KATUMBA MWANKE, Chargé des Missions de Monsieur KABILA;
Il est un fait probant que la Régie des Voies Aériennes « R.V.A. » servait de pompe à finances à Monsieur KABILA et à son parti politique qu’il m’avait été donné de suspendre deux mandataires chargés de leur servir depuis bien fort longtemps et de les mettre à la disposition de la justice autour d’une affaire de détournements de 600.000 euros dont enquête en cours. Ce qui a placé le parrain KABILA dans tous ses états jusqu’à envoyer sa milice réinstaller de force deux prédateurs du patrimoine d’une Entreprise Publique.

Au lendemain de ma désignation à la tête de ce ministère, j’ai évincé un élément des Forces Armées irrégulièrement placé à la tête de la Direction de l’Aéronautique Civile pour servir leurs intérêts privés. C’est par ailleurs, pour arrêter ce pillage des biens de l’Etat que dès mon entrée en fonction, j’ai pris mes responsabilités pour refuser la mise sur pied d’une Haute Autorité de l’Aviation Civile dépendant de la Présidence en lieu et place du Ministère des Transports et Communications et destinée à détourner la redevance aérienne de la RVA au profit de Monsieur KABILA et du PPRD.

En violation de l’article 3 alinéa 2 de la Constitution, Monsieur KABILA et certains de ses collaborateurs détournent les attributs du pouvoir et de la puissance publique à des fins personnelles en vue de s’approprier des biens appartenant aux Entreprises Publiques. Tel est le cas de la maison, sise au croisement des avenues Batetela et Pumbu dans la Commune de la Gombe appartenant à la SNCC et qui abrite le siège du PPRD ou celle de l’ONATRA qu’occupe Monsieur Henri MOVA sans payer les loyers. Le propriétaire s’en est toujours plaint;

Un scandale digne d’un film de Western est celui vécu curieusement au soir de la journée du fameux coup d’Etat attribué au Major Eric LENGE. C’est curieusement au cour de cette confusion que deux avions atterrissaient à l’Aéroport International de N’djili pour chargement de vingt deux malles de billets de banques en devises dont Monsieur KABILA seul connaît la destination;

L’existence de plusieurs sociétés privées créées avec le fonds de la République tant à Kinshasa qu’à Lubumbashi, appartenant à Monsieur KABILA et à sa soeur jumelle ou à Monsieur KATUMBA et qui s’appuyant sur le trafic d’influence, ne paient aucune taxe de l’Etat.

A l’occasion de notre prochain grand meeting populaire d’autres révélations sur ce même secteur et d’autres seront livrées au public et ce, à l’aide des documents audio-visuels et écrits. Ainsi la Communauté Internationale et les bailleurs de fond auront la nausée d’un régime, prédateur à volonté.

En organisant la rencontre de ce jour avec vous, j’ai tenu à restituer la vérité au peuple congolais, à lui donner la raison fondamentale de mes difficultés actuelles avec Monsieur KABILA, au demeurant connue de tous les membres du Gouvernement. C’est la mission officielle que j’ai reçue de celui-ci de négocier le retour au pays des Officiers Généraux, supérieurs et subalternes ainsi que des soldats ex-FAZ disséminés à travers le monde.

Choqué par le mauvais traitement que le Président de la Transition-commandant suprême de nos Forces Armées a infligé à certains de ces compatriotes, qui ont accepté d’abandonner leurs familles dans des conditions précaires pour venir, grâce à ma médiation, répondre à l’appel de la patrie, j’ai adressé une sévère lettre à Monsieur Joseph KABILA.

Dans cette lettre, dont vous pouvez avoir la copie, j’ai qualifié d’inadmissible son attitude à l’égard de ces vaillants compatriotes soucieux de participer à la réconciliation nationale, à la pacification du pays et à la réforme de nos forces armées, pour mettre un terme définitif aux agressions répétées du Rwanda.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Mais, à quelque chose malheur est bon. Mon éviction du Gouvernement, et en réalité pour ce motif précis, complète la liste des présomptions que j’ai toujours eues à charge du Président de la Transition sur son éventuelle collusion avec les forces d’agression. En effet :

De son vivant, le Président Laurent Désiré KABILA avait mis en place des structures fiables pour requinquer notre armée et relever le défi rwandais. A sa mort, son successeur, Monsieur Joseph KABILA, a mis toutes ces structures en veilleuse et démobilise l’armée nationale.

Disposant d’une armée désorganisée, non brassée, non équipée (même en viatique), le Chef Suprême de nos Forces Armées, parfaitement au courant de la situation, n’hésite pas d’envoyer celles-ci au front du Kivu. La finalité de ce genre de décision est d’envoyer ces soldats, pourtant vaillants, à la boucherie et d’offrir le spectacle désolant de leur fuite devant l’ennemi.

En violation de l’esprit et de la lettre de l’Accord Global et Inclusif ainsi que de la Constitution de la Transition, Monsieur KABILA s’est spécialisé dans l’art de diviser les Composantes et Entités, notamment l’Opposition Politique, la Société Civile, les Maï-Maï, le RCD/N, le RCD/ML, voir même le MLC et le RCD ; il tente de les désorganiser en débauchant directement ou par l’intermédiaire de Messieurs KATUMBA MWANKE, SAMBA KAPUTO et autres certains de leurs membres ou en imposant les membres du PPRD aux différents postes de responsabilité au sein du Gouvernement, des Services des Renseignements et de Migration ainsi que de la territoriale, de la diplomatie et des Entreprises Publiques sous couvert de celles-ci. Cette situation se pose avec plus d’acquitté à la Composante Opposition Politique que Monsieur KABILA instrumentalise à volonté. Ce n’est pas Monsieur Z’AHIDI Arthur NGOMA, Vice-Président de la République, qui peut me contredire : la Composante Opposition Politique est devenue un appendice du PPRD par la volonté d’un homme, Joseph KABILA, qui ne connaît ni le pays, ni son peuple encore que ce dernier ne le connaît pas non plus.

Il est notoirement connu que c’est bien Monsieur KABILA qui arme les Interhamwe et les entretient sur le territoire congolais. Cette alliance qui ne profite pas au peuple congolais sert toujours de prétexte aux attaques rwandaises pour prolonger sa vie politique.

En dépit des turpitudes militaires de Monsieur KABILA, j’atteste sur la foi de mon honneur que, Signataire de l’Accord Global et Inclusif au même titre que les autres Composantes et Entités au Dialogue Inter congolais, je me battrai pour que les ex-FAZ se trouvant à l’intérieur ou à l’extérieur du pays retrouvent leurs droits et leur dignité de citoyens Congolais. C’est pourquoi, à ceux là qui ont subi l’humiliation de la part de Monsieur KABILA de suite de ma médiation, je dois sincèrement leur demander pardon dans la mesure où n’étant pas Dieu, je ne pouvais réaliser, un seul instant, que j’embrassais le diable. Ce même diable qui a autant mis à l’écart, en leur dépouillant de fonctions effectives, les vaillants généraux nationalistes qui ont travaillé avec MZEE Laurent Désiré KABILA.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Distingués Invités,

Le Président de la Transition renforce la désarticulation de l’Etat par des turpitudes juridiques déconcertantes.

A titre de preuve, je retiens notamment la violation par Monsieur KABILA de la résolution de la Commission de Suivi interdisant aux ex-belligérants d’administrer les provinces qui étaient sous leurs occupations.

En effet , pour garder le Gouvernorat du Katanga, il permettra au RCD de gérer le Nord-Kivu. Ce qui a permis la pose de jalons de la situation qui sévit aujourd’hui dans cette partie de la République qui échappe au contrôle du Gouvernement d’Union Nationale. Sur ce point précis, je prends à témoin Monsieur le Vice-Président de la République Azarias RUBERWA.

Encouragé par ces malheureux précédents, le Président de la Transition est allé de violation en violation, trahissant par le fait même le serment qu’il a prêté de respecter et de faire respecter la Constitution. Autant qu’il verse avec facilité dans la violation systématique de la Constitution, il demeure aussi évident que Monsieur KABILA n’a aucun sens du respect de la parole. En outre, le pays qu’il prétend diriger l’est réellement par Monsieur KATUMBA MWANKE et SAMBA KAPUTO et que lui n’est, en réalité, qu’un chargé de missions dont ces derniers profitent de ses limites pour le dresser soit contre d’autres Katangais, soit contre les Congolais en général.

En effet, s’il est vrai que la Constitution ne peut comprendre tous les détails, il est aussi vrai que les détails qui manquent dans la lettre de la Constitution peuvent se trouver dans l’esprit de celle-ci. Selon l’esprit de la Constitution de la Transition, le Gouvernement de Transition est un Gouvernement des Composantes et Entités au Dialogue Inter Congolais. Aussi, aux termes de l’article 89 de la Constitution, sont-elles seules habilités à proposer la nomination et la révocation des Ministres et des vice-Ministres.

L’initiative de nomination et de révocation appartenant aux Composantes et Entités au Dialogue Inter-Congolais, le Président de la Transition devrait, dans la pratique, porter à leur connaissance les griefs mis à charge des membres du Gouvernement issus de leurs rangs respectifs, et leur laisser l’initiative des mesures conservatoires à prendre ou des sanctions à infliger.

Suspendre, de son propre chef, un membre du Gouvernement, comme l’a fait le Président de la Transition, et obliger par la suite, à sa Composante ou à son Entité de pourvoir à son remplacement équivaut à révoquer ce membre du Gouvernement en violation flagrante des deuxième et quatrième alinéas de l’article 89 de la Constitution de Transition. Mais aussi en violation flagrante des alinéas 2 et 3 de l’article 144 de la même Constitution, car, s’agissant des fonctions de Ministre ou de Vice-Ministre, celles-ci prennent fin également, selon les textes pré rappelés, par une condamnation pour haute trahison, détournement de deniers publics, concussion ou corruption.

Dans mon cas, je n’ai jamais été condamné. Pire, la procédure constitutionnelle de ma mise en accusation devant la Cour Suprême de Justice est loin d’être engagée.

Prétendre que le Président de la Transition a suspendu un Ministre soupçonné par lui, de détournement, en embrouillant l’Assemblée Nationale pour permettre, en l’absence de la démission de celui-ci, son remplacement, c’est faire de l’amalgame et semer délibérément la confusion. En effet, la démission d’un membre du Gouvernement pour besoin d’enquête est une décision volontaire et non une obligation légale. Suspendre un Ministre dans les conditions sus évoquées et obliger par la suite, à sa Composante ou à son Entité de pourvoir à son remplacement c’est violer intentionnellement la Constitution.

Par ailleurs, si l’occasion de dire la vérité sur les raisons de mon limogeage du Gouvernement était donnée à Monsieur Z’AHIDI Arthur NGOMA, Vice-Président de la République, l’opinion comprendra que seule une motivation mesquine a guidé la démarche de Monsieur KABILA.

Cette dérive totalitaire est contraire à l’esprit et à la lettre de la Constitution et de l’Accord Global et Inclusif en même temps qu’à l’idéal démocratique pour lequel je me bats et me battrai toute ma vie durant.

Je dois, du fond de mon cour, lancer un appel aux intellectuels congolais pour les inviter à renoncer à soutenir l’indéfendable. En affirmant que le Président de la Transition qui verse dans la violation intentionnelle de la Constitution est le nôtre, la responsabilité qu’ils endossent est immense et le jugement de l’histoire sera sévère s’ils ne prennent garde dès à présent.

Voilà aussi pourquoi les Députés des FONUS s’apprêtent à déposer dès la prochaine session de l’Assemblée Nationale une proposition de loi organique définissant la procédure de destitution du Chef de l’Etat pour haute trahison conformément à l’article 141 de la Constitution de la Transition.

En attendant, je demande aux instances habilitées de me déférer devant la justice avant la fin de ce mois de janvier. Pour accélérer le processus, je me rendrai volontairement dès le mardi 18 janvier 2005 à 11 heures au Parquet Général de la République. La presse est conviée à participer à cet événement.

Mesdames et Messieurs de la presse,

Distingués Invités,

Les élections constituent le point focal de toute la démarche de la transition, car elles seules, permettront à notre peuple de reprendre rendez-vous avec son destin par la légitimation des Institutions de la IIIème république ainsi que des animateurs de celles-ci.

En effet, elles constituent la voie sine qua non par laquelle, de par la confiance qu’elle va recréer, passe obligatoirement la renaissance du CONGO.

Ceci est d’autant plus vrai que notre peuple l’ayant certainement perçu et réclamé depuis longtemps, doit être conduit devant les urnes le plus rapidement ainsi que le veut les prescrits de la Constitution de la Transition.

Au demeurant, pour s’opposer à toute prolongation, j’annonce que, de concert avec le peuple congolais, d’autres Partis et Associations, la pression sera maintenue et accentuée pour obtenir la tenue des élections avant le 30 juin 2005 pour autant que le peuple veut se débarrasser, par voie démocratique, d’un homme dont il ne veut accorder la moindre seconde de survie à l’expiration de cette échéance, car il a largement démontré ses limites.

A cet effet, j’en appelle à toutes les forces politiques et sociales de notre pays de taire leurs divergences pour nous concentrer à une tâche noble : Extirper le ver qui est déjà dans le fruit avant qu’il ne le détruise complètement.

Je profite de l’occasion pour exprimer toute ma compassion et mes condoléances à nos frères et sours de l’Est du pays qui continuent à croupir sous le joug de l’occupation entretenue avec la complicité interne de certains animateurs de la Transition.

Que ces compatriotes trouvent ici tout le soutien des FONUS qui ne se départiront jamais de leur amour pour le CONGO unifié, rassurant tous les voisins, fort de notre véritable richesse qu’est la diversité culturelle partagée avec neufs frontières.

C’est ici également le moment de rappeler d’énormes sacrifices consentis par des Etats amis tels que les Etats-Unis, la France, la Belgique, la Grande Bretagne, le Canada, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, le Gabon, la République du Congo, . ainsi que les institutions internationales comme l’O.N.U., l’Union Européenne, l’Union Africaine, sans oublier l’implication personnelle de certains chefs d’Etats et des gouvernements tels que les Présidents Jacques CHIRAC, THABO MBEKI, OLESEGUN OBASANJO, OMAR BONGO, Dénis SASSOU NGUESSO, Edouardo DOS SANTOS, pour ne citer que ceux-là ; mais aussi ce digne fils d’Afrique qu’est Son Excellence Monsieur KOFFI ANNAN, Secrétaire Général des Nations-Unies. Ces efforts ne peuvent être compromis par des intérêts partisans d’individus ou groupe d’individus.

De tout ce qui précède,

Considérant que l’article 3, alinéa 1er de la Constitution de la Transition dispose « Tout congolais a le droit et le devoir sacrés de défendre la nation et son intégrité territoriale et de faire échec à tout individu ou groupe d’individu qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution » ;

Considérant que l’édification de la dignité humaine constitue un investissement pour lequel, à travers des siècles, des nombreuses personnalités o

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