La Démocratie Chrétienne, D.C., présente ses condoléances les plus émues aux centaines de familles Kinoises endeuillées par les balles et les obus tombés sur les maisons du centre des affaires de la Gombe ainsi que dans les quartiers périphériques le 22 et 23 mars 2007, pendant les folles journées au cours desquelles la ville de Kinshasa, capitale de la RDC, à été plongée dans la violence, dans l’anarchie et la violation gravissime des droits fondamentaux des ses habitants, menacés dans leur intégrité physique et dans la sécurité de leurs biens par ceux-là mêmes qui sont censés assurer leur sécurité, conformément à la constitution en vigueur dans notre pays.
La capitale de la RDC a été encore une fois traumatisée par des affrontements meurtriers qui ont jeté un grave discrédit sur les institutions de la troisième république, à cause de l’utilisation précoce et disproportionnée de la force et l’exposition à un grave danger de milliers de foyers de Kinois et des étrangers vivant dans la capitale congolaise.
La Démocratie Chrétienne, en tant que force de l’opposition politique, ne peut que constater avec préoccupation que ces événements extrêmement graves surgissent seulement quelques semaines après la répression violente d’une manifestation au Kongo Central, qui a causé la mort de centaines de congolais et contre laquelle elle avait déjà manifesté son indignation en alertant l’opinion publique congolaise sur la dérive autoritaire dans le chef des « élus » d’un processus électoral vicié et profondément fallacieux.
La Démocratie Chrétienne souligne avec indignation que les premiers 100 jours de pouvoir du nouveau exécutif se caractérisent par l’instrumentalisation des FARDC pour des répressions violentes qui ont couté la vie à centaines de civils congolais, alors que l’action du gouvernement actuel, plutôt que mobiliser les forces positives et constructives des citoyens vers la reconstruction et le développement, se caractérise par une inertie générale et une manque de vision politique ainsi que pour l’accentuation de dangereuses fractures géopolitiques artificiellement entretenues entre les citoyens d’un même pays : Est contre Ouest.
La Démocratie Chrétienne continuera à dénoncer toute politique menée « contre le peuple » plutôt que « pour le peuple » et à perpétuer inlassablement son action mobilisatrice en faveur de l’émergence d’une véritable démocratie représentative en République Démocratique du Congo.
A cet effet, le directoire national de la Démocratie Chrétienne dénonce la gestion calamiteuse des relations de politique étrangère tel que prônées jusqu’à présent par l’exécutif congolais, qui manifeste une attitude de « vassalisation » envers certaines puissances régionales au détriment des intérêts supérieurs de l’Etat Congolais. Cette attitude étant porteuse de frustrations et conflits entre les peuples, elle constitue une dangereuse menace contre la paix qui risque de plonger la RDC – encore une fois dans son histoire – au centre de conflits inter régionaux dont notre pays constituerait le champ de bataille, alors que le respect de l’équilibre établi par le Traité de LUSAKA en 1999 permettrait à notre pays de préserver la paix et la stabilité indispensables pour lancer sa reconstruction économique.
Dans cette optique, les membres du Directoire National de la Démocratie Chrétienne demandent aux animateurs de l’actuel exécutif de tout mettre en œuvre afin de lancer effectivement le redressement économique de la RDC plutôt que continuer à promouvoir des actions aboutissant à la destruction des insuffisantes infrastructures économiques encore existantes, et cela afin de sauvegarder la sécurité des biens et des personnes, le droit à l’information et à la libre expression et protéger les congolais d’une paupérisation galopante et généralisée en préservant et améliorant les infrastructures de base qui permettent l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à l’éducation des jeunes ainsi qu’ aux soins de santé primaires.
En effet, notre interpellation est consécutive au malheureux constat, ces derniers mois, d’une détérioration accentuée de la qualités des services primaires offerts aux citoyens ainsi qu’un abandon des infrastructures routières, une désorganisation accrue des services publics, un ensemble d’indicateurs socio-économiques qui contredisent manifestement l’engagement programmatique du gouvernement orienté vers le lancement immédiat des « chantiers de la reconstruction » complètement invisibles sur le terrain et substitués, bien au contraire, par les chantiers de la « destruction », de la violence, de « l’abandon », dans un climat d’affrontement belliqueux et une politique générale de marginalisation et musèlement de l’opposition politique qui ne peut qu’augurer aucune avancée significative sur le plan de la protection des droits de l’homme ainsi que la sauvegarde des droits civils et politiques des congolais.
Fait à Kinshasa le 01/04/2007
Freddy Kita
Secrétaire National de la Démocratie Chrétienne, D.C.
Chargé de la mobilisation
http://dc.supersite.fr
