Chronique de la vie kinoise à quelques jours du 30.06.2005 335

L’insécurité bat son plein à Kinshasa où il ne se passe plus un jour sans qu’on ne signale une attaque à main armée suivie de mort d’homme. Le phénomène «Kata-Kata» fait que les Kinois désertent désormais rues et avenues à chaque coucher du soleil pour se réfugier dans leurs maisons alors qu’approche la date du 30 juin

KINSHASA. Un conducteur de taxi de notoriété, judoka de renom, à Binza Delvaux vient d’être abattu. L’homme était le président d’un groupe de taximen exerçant dans le quartier.

Sur avenue Prince de Liège, un corps de femme décapitée (voir photo) a été retrouvé, son corps vraisemblablement découpé à la machette – d’où, l’expression «Kata-Kata» en lingala (coupez-coupez), comme si la personne avait été dévorée par un fauve. Selon les Kinois, un tueur en série ou des tueurs en série serait (seraient) lancé(s) dans la Capitale et n’épargneraient pas la vie des personnes.

À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite alors que les images de cadavres faisaient les choux gras des chaînes de télévision privées montrant des familles éplorées, et jurant de se venger… Aucune visite d’aucun ministre n’a été non plus enregistrée à ce jour comme si la population avait été abandonnée à elle-même.

La mort du chef taxi de Binza-Delvaux, mercredi dernier, a été généralement attribuée aux «tenues noires» (GSSP), par la population. Le marché de Binza Delvaux a été déserté, aucun commerçant n’ayant eu le courage de se présenter sur les lieux et il ne faisait pas bon, a-t-on rapporté, d’être militaire à Delvaux.

Les jeunes s’étaient en effet organisés pour organiser une «chasse au soldat».

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