Le bilan de la catastrophe aérienne de Kinshasa ne cesse de s’alourdir. A présent on parle de près de 60 décès et des dizaines de blessés suite à la chute d’un avion Antonov sur le quartier populaire de Kimbanseke. L’avion Antonov après avoir perdu son hélice au décollage, a atterri sur des logements pour enfin exploser au beau milieu de la route. Après un débat houleux au parlement, au cours de laquelle il a été question d’une interpellation du gouvernement et même d’une commission d’enquête pour dresser un audit de la situation générale du transport aérien au Congo, une suspension de séance a été décidé afin de permettre aux députés d’aller se rendre compte de visu de la situation.


Nous avons été surpris d’entendre un communiqué de la présidence annonçant que Joseph Kabila avait décidé de « révoquer » son ministre du transport. Cela ressemble fortement à une fuite en avant. De plus pourquoi se précipiter à le « révoquer » alors qu’il doit répondre de sa politique et donner des explications sur ce qui s’est passé? En tout cas révoquer ou pas le gouvernement doit répondre devant le parlement sur sa politique dans le transport aérien, et quels indemnisations peuvent attendre les victimes.
Reformer le transport aérien, envisager le problème dans sa globalité et surtout en tenant compte de l’importance capital de ce moyen de transport pour un pays comme le Congo, sans infrastructures routiers fiables.
D’après les témoignages reçu du Congo, la fréquence des catastrophiques est fort élevé en RDC. Pas plus tard que la semaine passée, à Manono un avion était tombé, avec comme d’habitude la perte des vies humaines. Mais comme ça se passait en province, rien, pas de réaction, pas de sanction, pas de deuil national…
Un document publié par la prosperitéonline.net indique clairement que le ministre révoqué par Joseph Kabila hier ne peut-être tenu pour le seul responsable de cette catastrophe. Dans ce document que nous reprenons in extenso, il est clair que le ministre de transport était mis sous pression par son collègue de la présidence au nom des intérêts économiques. Et celui-ci dans sa réponse argumente sur le principe de précaution et des considérations humanistes. Quand est-ce que le vent à tourner? comment -est-ce qu’on en est arrivé à laisser partir cet avion de malheur? Il faut une enquête parlementaire.
Un état de droit c’est tout ce qu’il faut pour que les choses changent dans ce pays. n’eut été la liberté de la presse, n’eut-été la pluralité de la presse un tel document aurait été impossible à obtenir et rendre public, nous aurions tous lynché le ministre de transport et les vrais responsables s’en sortirait encore héroïquement. Préservons la liberté, la pluralité et surtout la liberté de la presse.
