Ce lundi 6 novembre 2006 de 14h00 à 16h15, des congolais ont assiégé l’entrée de la RTBF, la radiotélévision belge francophone. Motif ? Protester contre une information diffusée dans le journal parlé de 8h00 ainsi que dans le dossier de la rédaction. Cette information donnait des tendances carrément partisanes du dépouillement des résultats de l’élection présidentielle congolaise.
Dès la diffusion de l’information, les coups de fil et les sms ont commencé entre congolais de Belgique. Ceux-ci suivent attentivement tout ce qui se dit et se diffuse dans les médias et sur Internet à propos des élections au pays. En moins d’une heure, toute la communauté était alertée.
Jean-Claude Mutombo de l’ARP téléphone alors à la rédaction de la RTBF pour leur signifier que l’information livrée sur le processus électoral violait la loi congolaise. On lui répondra : « La RTBF n’y est pas tenue »
Face à cette attitude, les Congolais se passent le mot. Vers quatorze heures, un premier groupe arrive devant l’entrée principale de la radio belge. Le but est simple, rencontrer des responsables de la rédaction afin de protester contre ce traitement discriminatoire et tendancieux de l’information. Et si possible rencontrer celui par qui le scandale est arrivé : le journaliste François Ryckmans.
La position des congolais était simple : Etant captée à Kinshasa, comme les médias congolais que la HAM suspend en cascade en cas de violation de la loi électorale, la RTBF était tenue au même devoir de réserve.
Autant que les compatriotes au pays, les Congolais de Belgique sont également sous tension par rapport à la transparence souhaitée du décompte des voix. C’est donc par des quolibets que le siège de la RTBF a lieu.
L’agent de l’ordre qui va porter la doléance des congolais à la direction revient bredouille. Pas d’audience. Le boucan à l’entrée n’était pas pour arranger les choses.
Dans l’entre-temps la police de la zone Evere-Schaerbbek-Saint Josse Ten-Noode déploie progressivement des véhicules dans le quartier. Elle prend beaucoup de précautions pour que les manifestants restent sur le coté afin de ne pas perturber le passage des véhicules qui rentrent dans l’enceinte de la RTBF.
Les journalistes et agents de la radio belge qui entrent et sortent à pied de l’enceinte se font le plus discrets possible, évitant de croiser le regard des manifestants.
Après quelques négociations avec la police, les Congolais décident enfin de lever le siège. Encore un peu, ils auraient tous été arrêtés ou évacués de force. Cela se sentait.
Capitulation ? Nenni ! Repli stratégique pour réussir la pression jusqu ‘au jour de proclamation des résultats.
Car, pour les Congolais de Belgique, la RTBF et certains politiques belges roulent pour le Président sortant. Et l’actuelle campagne médiatique n’est qu’une manœuvre préparatoire pour un hold-up électoral via un forcing et si nécessaire, appuyé militairement en cas de nécessité.
La RTBF sera-t-elle en mesure de donner une information contraire ou de changer l’opinion des congolais de Belgique ?
Bruxelles, le 6 novembre 2006
