BRUXELLES : DERNIER HOMMAGE DE LA COMMUNAUTE CONGOLAISE AU CARDINAL ETSOU 1507

La cathédrale Saint-Michel & Gudule de Bruxelles a été prise d’assaut par près de 1200 personnes venues rendre un dernier hommage à l’archevêque de Kinshasa, le cardinal Frédéric Etsou, décédé à Leuven le samedi 6 janvier dernier.

A 9h50 quand les cloches sonnent, il n’y a presque plus de places assises à l’intérieur. Le corbillard contenant le corps de l’archevêque de Kinshasa est parqué devant la grande entrée. Tout autour de la cathédrale, des policiers en civil et en tenue sont postés, assez discrètement.

Le protocole est impeccable. Surtout celui de la famille, à l’œuvre depuis les veillées organisées à l’église saint Boniface le lundi et le mardi.

La mercédès CD N 689 de l’ambassade du Congo garée plus bas a emmené le numéro un de la diplomatie congolaise en Belgique. Oui, à l’intérieur, Jean-Pierre Mutamba, ambassadeur et Jean-jacques Mbungani consul à Anvers sont assis au premier rang. La famille est, elle aussi devant, à gauche.

La grande cathédrale de style gothique soutenue par des colonnes de un mètre cinquante de diamètre, est éclairée par des dizaines de projecteurs de 1000 watts. La lumière qui pénètre par les vitraux complètent légèrement l’éclairage. Car dehors, il n’y a pas de soleil, le ciel est gris.

Des dizaines de caméras numériques et appareils photos digitales sont là pour immortaliser l’événement : ce sont des particuliers d’une part, mais surtout les journalistes congolais qui diffusent les informations sur différents sites Internet des congolais, et envoient aussi des images aux télévisions de Kinshasa. Ce qui permet d’entretenir le cordon ombilical entre le pays et ceux qui ont décidé de vivre ailleurs.

Les Congolais d’Europe peuvent être fiers d’avoir maîtrisé le cinquième pouvoir qu’est désormais l’Internet via les supports numériques.

A part les deux longues rangées du public, dans l’aile gauche de la cathédrale se trouve une soixantaine de membres du clergé catholique. Et en face d’eux une chorale congolaise. Comme c’est l’habitude désormais, les chansons seront en français ainsi que dans les quatre langues nationales du Congo. L’acoustique de l’édifice est leur complice en rendant le climat très pathétique.

A 10h08, la procession des officiants s’ébranle : neuf évêques et évêques auxiliaires conduits par le primat de Belgique, le Cardinal Daneels..

Le cercueil du cardinal Etsou est introduit dans la basilique par quatre agents des pompes funèbres ayant tous dépassé la cinquantaine si pas la soixantaine. Tout de noir vêtus : Souliers, pantalons, manteaux, cravates sous une chemise bleu ciel. Sur le cercueil est posée une effigie du cardinal Etsou.

En ouverture du culte, le cardinal Daneels souhaite la bienvenue à la famille, aux évêques auxiliaires, aux prêtres, au peuple de Dieu et à tous ceux qui se sont déplacés.

Ensuite, d’une voix calme et posée, il donne le sens à accorder à la célébration : rendre grâce à Dieu en reconnaissant que nous sommes pécheurs.

Il brosse le portrait du cardinal en tant qu’homme de Dieu d’une part, et en tant qu’humain ensuite. Pour le deuxième point, il préfère laisser l’essentiel du travail aux gardiens de la mémoire que sont les historiens. Certaines des qualités du cardinal ne peuvent pas être tenues sous silence : la patience, l’écoute sans compter les moments de souffrance qu’il a dû traverser et qu’il a dignement assumé.

Il ne s’empêchera pas néanmoins de parler du grand rôle qu’a joué le cardinal Etsou dans la transition d’une église missionnaire à une église locale congolaise ainsi que celle du Congo vers un état de droit. Il rappellera l’anecdote arrivée au cardinal Malula quand il fut chassé de sa résidence par le pouvoir et qu’il fut accueilli par Etsou.

En définitive, il nous revenait à nous qui étions là dans la cathédrale de rendre grâce au seigneur pour tout ce qu’il a accompli à travers son serviteur Etsou.

Et de recommander à l’assistance : « Le cœur des participants devrait être dans la joie. Etre dans la tristesse n’est pas chrétien. »

A 11h17, la messe prend fin. A l’issue du culte, Monseigneur N’Landu prendra brièvement la parole pour remercier l’auditoire, surtout la communauté congolaise de Belgique pour son dynamisme, son implication et sa spontanéité.

Sur demande de la famille, il n’y aurait pas de cortège pour accompagner le corps à l’aéroport. Le décollage aurait lieu à 20h00 par un vol privé.

Le cercueil du cardinal Etsou rentrera dans le corbillard sous une forte protection. Des dizaines de bouquets de fleur seront mis dessus. Moment très pathétique, la difficile séparation. Des pleurs.

Une heure après le départ du corbillard, des centaines de congolais seront toujours sur le parvis de la cathédrale, n’ayant ni la force, ni le courage de se disperser.

Oui, les Congolais d’Europe se sentaient vraiment orphelins. Comme des brebis, ils avaient perdu leur pasteur.

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