Bruxelles, le 8 mai 2006
Comme annoncé depuis plus de trois mois, la deuxième édition du congrès mondial des congolais vivant à l’étranger a bel et bien eu lieu à Bruxelles, du 5 au 7 mai 2006 autour du thème : « Fin de la transition en RDCONGO et élections, quelles solutions ? »
À l’issue des travaux, un certain nombre de prises de position et de décisions ont été prises. Les voici :
1.la transition prend définitivement fin le 30 juin 2006.
2.Il est nécessaire que des négociations politiques aient lieu avant, afin de mettre sur pied un gouvernement restreint et provisoire des secrétaires généraux de l’administration publique comme pouvoir organisateur de véritables élections dans notre pays. Les négociations politiques doivent impliquer toutes les forces vives de la Nation afin de recréer un cadre légal pour la gestion du pays.
3.la consultation doit s’étendre aussi à toutes les forces vives des congolais vivant à l’étranger
4.la refonte de l’actuelle CEI
5.la mise sur pied d’une manière consensuelle d’une commission électorale élargie pouvant continuer, rectifier et réajuster le processus électoral. La durée de sa mission ne dépassant pas celle du gouvernement provisoire.
6.pendant cette courte période de 90 jours les secrétaires généraux seront chapeautés par le Président du sénat
7.Le droit de vote étant garanti pour tout citoyen, les Congolais de la diaspora doivent de facto être enrôlés et enregistrés afin d’obtenir leur carte d’électeur qui fait office de carte d’identité provisoire.
8.la recommandation est faite à la communauté internationale de veiller à la régularité des élections en prenant en charge la formation et les traitements des magistrats appelés à juger le contentieux électoral
9.le rappel à la CEI et à la communauté internationale qu’il ne leur appartient pas de prendre l’initiative d’interpréter les lois en vigueur en RD Congo.
10.la dénonciation de l’envoi de troupes étrangères en RDC
11.la désapprobation des propos contenus dans le communiqué du ministre des Affaires étrangères belge daté du 1er mai 2006
12.la désapprobation des propos du Ministre de l’Intérieur belge relatif à l’immigration en provenance de la RDC
13.la mise en circulation d’une pétition contre les deux ministres belges.
14.l’impérieuse nécessité que tout candidat à la Présidence de la République soit effectivement congolais de père et de mère.
En dehors de ceux-ci d’autres points ont également été débattus sans aboutir à un consensus de tous les congressistes à savoir :
01. En cas d’entêtement des animateurs actuels, le plébiscite d’ Etienne Tshisekedi comme leader de la révolution, après au préalable avoir recueilli son avis et celui de son parti.
02. consulter les militaires pour des décisions finales
03. celui qui organise les élections ne doit pas participer
04. la création d’ un TPI pour le Congo
MESSAGES DES ETATS-UNIS
Deux messages importants ont été envoyés par des compatriotes vivant au Etats-Unis. En voici des extraits :
Celui de Ben KALALA au nom des Patriotes Congolais d’Atlanta dit ceci :
« Nous encourageons le leadership des forces vives à envisager la reprise du pouvoir en RDC par tous les moyens nécessaires.
Nous continuerons à inonder les instances juridiques, politiques, des droits de l’Homme, dans les
pays qui nous hébergent avec les lettres, photos d’atrocités des guerres, mémos, sit-in etc.
Nous veillerons à ce que les acteurs de la transition , aussi longtemps que leur porte restera fermée aux requêtes des forces vives du changement, ne puissent se permettre de sillonner les pays où nous vivons;
Que chaque Congolais puisse joindre un groupe associatif de son choix, qui lutte pour le changement en RD Congo. Les problèmes qui prévalent au Congo nous concernent tous, si nous affirmons notre appartenance à la Nation Congolaise… »
Jacques Matanda ma-Mboyo Kudia-Kubanza depuis Washington lui dit ceci :
« Nous, participants au Congres mondial des congolais vivant a l’étranger, exigeons que soient levés, sans délai et sans préalables, les obstacles mis à la rencontre et aux négociations de la classe politique congolaise sous les auspices du Président de l’Union Africaine, son Excellence Monsieur Denis Sassou Ngwesso, Président de la République du Congo-Brazzaville.
« Faute de lever ces obstacles avant la date du 30 juin 2006,- la résistance congolaise se sentira libre d’emprunter l’exemple historique de la résistance sud-africaine et euro-americaine visant à paralyser le fonctionnement de l’Appareil de l’Etat terroriste, criminel et esclavagiste en place dans notre pays … »
LA CONSULTATION DES CONGOLAIS LIVRE SES SECRETS
En prévision de ces assises, la coordination du congrès avait lancé une large consultation des congolais sur l’évaluation de la transition.
Son dépouillement donne les tendances suivantes :
sur les 25 rubriques de la gestion du pays, la cote des actuels dirigeants a varié entre zéro et 4 sur dix. Parfois des cotes négatives sont apparues. Explication des participants :La situation du congolais a reculé par rapport au jour du départ de Mobutu.
les rares cotes qui approchent le 5/10, on les retrouve dans la liberté de la presse
les partis qui reviennent souvent dans l’évaluation sont l’UDPS de loin en tête, puis tous ceux-ci qui sont cités au moins une fois : PALU, DC, ADECO, MPR, MLC, PPRD, RCD GOMA, MNC-L.
les points les plus importants dans le profil du candidat présidentiel sont : La nationalité, la non-implication dans le pillage et les assassinats, le niveau d’études qui doit être au moins universitaire.
les candidats présidentiables les plus cités sont :
Etienne TSHISEKEDI loin en tête, et ceux qui sont repris au moins une fois :
Antoine GIZENGA, ZAHIDI NGOMA, LUNDA BULULU, MUKAMBA Jonas, Laurent MONSENGWO, Guy LUMUMBA, Oscar KASHALA, PAY PAY, Joseph KABILA, Jean-Pierre BEMBA.
la CEI est cotée en dessous de la moyenne
En cas de présence à la tête du pays des actuels animateurs après le 30 juin, ceux-ci Seront considérés comme des putschistes.
les objectifs de la transition n’ont pu être atteints au delà de 20%
la coopération internationale devrait être diversifiée, avec un grand désaveu de la Belgique
ESSOUFFLEMENT DE LA DYNAMIQUE DE BRUXELLES ?
Il est à noter qu’un certains nombres d’associations de Belgique militant pour le changement ont été soit absentes, soit sous-représentées. Bouderie ? Divergences de vue par rapport aux objectifs ? Positionnement ? Tendance à ne pas reconnaître le travail des autres ?
Cela a comme conséquence que la participation à ce deuxième congrès a été faible par rapport à la première édition. Ce qui poserait le problème de la représentativité de l’opinion de tous les congolais vivant à l’étranger.
Pire, la dynamique de Bruxelles qui a été longtemps en Occident le fer de lance de l’opposition au pouvoir en place semble s’essouffler. Pourra-t-elle se reconstituer pour le cap du 30 juin comme ce fut le cas l’année dernière ?
COUACS DANS L’ORGANISATION
Il sied de noter aussi que l’organisation de cette année a été timide. Ainsi, les travaux prévus à l’auditorium 500 du Brussels Expo ont eu lieu dans la salle de conférence de l’Hôtel Belmont pour deux raisons : un contretemps dans la location du lieu, et aussi le fait que la salle aurait pu paraître trop grande par rapport au nombre de gens qui se sont physiquement déplacés.
Rendez-vous en 2007 pour une troisième édition ?
