Belgie Barst (Belgique crève):Bourde ou volonté de nuire? 1483

Ce mercredi 13-12-2006, les téléspectateurs de la RTBF ont été surpris d’apprendre lors d’une émission spéciale que le parlement Flamand avait voté à une majorité écrasante l’indépendance de la Flandre… Celui qui annonçait cela n’était autre que le présentateur attitré du journal télévisé Belge, Mr François de BRIGODE. La voix autorisée pour annoncer ces genres d’infos, de plus il avait son air le plus consterné.

La mauvaise nouvelle va se poursuivre durant toute la soirée, tour à tour on verra défiler des personnalités politiques du Nord et du sud de la Belgique. Chacun y allant de son commentaire sur ce cataclysme institutionnel.

La blague sera poussée à son comble lorsqu’on va voir des reporteurs à la grand place d’Anvers filmer la grande fête des nationalistes flamands, des voyageurs d’un tram se faire débarquer à l’entrée de Tervuren sous prétexte que la STIB ne pouvait plus desservir la Flandre… C’était tellement réaliste que le pays tout entier s’est posé des questions existentielles.

Au-delà de l’émoi causé par cet acte, il y a lieu de se poser certaines questions. Du point de vue déontologique, peut-on faire ce genre de chose, sur une chaîne de service public? Ce scénario est-il réaliste? Peut-on le traiter de cette manière là?

L’administrateur général de la RTBF a présenté ses excuses ce matin, la ministre de tutelle a exigé des explications, elle semblait outrée comme la plupart des gens. Des têtes vont certainement tomber, mais une fois l’émotion, il faudra reconnaître à l’auteur de cette idée, qu’il a rendu un service monumental à la Belgique.

Belgie Barst est un slogan qu’on entend depuis trop longtemps, c’est un slogan qu’on tolère depuis trop longtemps. Il fallait que quelqu’un montre à tous ce que cela voulait dire avant que ça n’arrive. La montée en puissance des partis nationalistes en Flandre prouve que la population n’a pas pris conscience de ce que voulait dire ce slogan, et de toutes ses implications. Ce programme diffusé par la RTBF a le mérite de montrer de manière réaliste les implications d’un tel acte.

La coalition au pouvoir en Flandre a comme programme politique d’exiger encore plus d’autonomie pour la Flandre. Elle veut carrément aller au con-fédéralisme. Il n’y a pas d’exemple d’expérience réussi dans cette démarche. On ne passe pas de l’unitarisme au con-fédéralisme sur une seule génération sans risquer l’éclatement du pays. Comme l’a dit un des invités hier, la Belgique fédérale n’a pas encore atteint sa maturité. Il est anormal que 25 ans après l’instauration du fédéralisme, il n’existe pas un seul parti fédéral dans le pays. Tous les partis politiques belges sont communautaires, la démocratie belge est communautaire.

Un électeur ne peut voter que pour les partis de sa communauté, sauf à Bruxelles. Et avec ça, nous avons entendus des personnes reprocher à Bertin Mampaka d’avoir bénéficié du « vote ethnique » alors qu’aucun belge n’a le droit de voter pour un candidat qui n’est pas de son ethnie.

Pour bien illustrer cela dans le contexte congolais, cela donnerait ceci :

Imaginons que chaque parti politique se détermine selon son ancrage ethnique. Par exemple, on aurait l’UDPS pour les lubaphones, l’UDPS pour les swahiliphones, l’UDPS pour les lingalaphones, l’UDPS pour les Kikongophones. Et pareil pour tous les autres partis politiques, MLC, PPRD, PALU…

Un mukongo (qui parle kikongo) ne peut voter que pour des partis Bakongo ainsi de suite. Et alors au parlement chacun parlerait dans sa langue, aux autres de se débrouiller pour le contrer. Chaque groupe défendrait les intérêts de sa communauté et rien que sa communauté linguistique. Chaque groupe aurait son économie indépendante, son gouvernement, son parlement…

Rêve ou cauchemar? Que nous diront-ils? Xénophobe, tribaliste, nationaliste, raciste. Si un congolais propose cette solution pour le Congo, nous pouvons être certains que c’est de cette façon que les Belges vont le traiter. Et nous pouvons être certain qu’il sera combattu à mort (au propre comme au figuré).

Les sages disent qu’avant d’enlever la paille dans l’œil du voisin, occupe-toi d’abord de la poutre qui est dans ton propre oeil. Les politiques belges devraient méditer cela avant de dispenser leurs bons conseils au peuple congolais.

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