Jean-Claude Masangu, Gouverneur de la Banque centrale du Congo est pointé du doigt par le Fmi qui critique sévèrement sa gestion
La dernière mission d’évaluation de la gestion des finances publique effectuée par les délégués du Fonds monétaire international (Fmi) aura été a plus difficile depuis mai 2001, date de la reprise de la coopération entre le République Démocratique du Congo et les milieux financiers internationaux.
Au départ de Washington, l’équipe d’experts de Fmi ne se faisait pas d’illusions quant à la situation catastrophique des finances publiques du Congo Démocratique. En effet, depuis septembre 2004, l’économie Congolaise a retrouvé le chemin de l’inflation et de l’instabilité du cadre macroéconomique.
C’est ainsi que dans une première déclaration faite à leur arrivée à Kinshasa, les experts du Fmi ont indiqué qu’ils étaient venus rechercher les faits à l’origine de l’instabilité monétaire et de la hausse des prix.
Leur séjour de deux semaines aura été un chemin de la croix. Les réalités qu’ils ont découvertes les ont laissés perplexes. Mardi 22 février 2005, le Fmi a clôturé sa mission en rendant visite à Jean-Pierre Bemba, responsable numéro un du secteur économique et financier du gouvernement. Jean-Claude Masangu, gouverneur de la Banque centrale du Congo (Bcc), a pris part à la séance de travail.
Avare de déclarations durant leur séjour de travail, M. Briançon, chef de ladite mission, a fait une déclaration à la presse qui résume leur déception à l’état des Finances publiques de la République Démocratique du Congo. « Il y a eu des dérapages importants qui inquiètent. Mais, il appartient au gouvernement Congolais de prendre des mesures correctives nécessaires dans le cadre de la politique budgétaire et monétaire afin de stabiliser la monnaie et juguler l’inflation ».
A en croire diverses sources Congolaises, l’essentiel des difficultés proviendrait de la mauvaise gestion du franc congolais par la Banque centrale du Congo. Les dérapages constatés se situent dans le domaine de la création monétaire qui ne respecte pas les limites prévues par les deux parties.
Jean-Claude Masangu, gouverneur de la Bcc, est pointé du doigt par le Fmi qui critique sévèrement sa gestion. Le problème est que la nouvelle monnaie mise dans le circuit économique, dans le cadre de la planche à billets, financerait plutôt des dépenses extra-budgétaires.
D’après certaines sources officielles, aucune incidence majeure ne pouvait se produire si la monnaie créée pouvait servir à financer les activités de production, à prêter de l’argent à l’Etat ou à soutenir l’investissement. Or, d’après des renseignements puisés de bonne source, la Banque centrale du Congo orienterait l’argent créé vers « autres postes de dépenses » qui connaissent actuellement une augmentation exponentielle.
Ces sont surtout les dépenses d’origine publique, rapportent nos sources, qui contraignent le gouverneur de la Bcc a émettre de la monnaie sans contre-partie économique. Le Fmi aurait constaté par ailleurs que l’échec de la politique monétaire appliquée par les dirigeants de la Bcc rejailli sur le processus de restructuration du système bancaire que pilote cette institution.
En conclusion, des observateurs relèvent que l’actuel gouverneur de la Bcc qui n’obéit qu’à l’autorité du seul Chef de l’Etat aurait sa propre lecture de l’indépendance de la Banque centrale du Congo reconnue par la loi.
D’après diverses sources, Jean-Claude Masangu ferait exactement le contraire des orientations arrêtées par la Commission économique et financière du gouvernement. Raison pour laquelle divers milieux politiques du pays exigent depuis un temps l’organisation d’un audit de gestion de cette banque.
