Jusque là nous avons toujours pensé que le ciel est un endroit quelque part où nous irions à la fin de notre vie si nous sommes « gentils ». A l’occasion de la fête chrétienne de l’ascension, qui célèbre justement la montée au ciel de Jésus (avec la motte de terre sur laquelle il se trouvait selon les belles images des Temoins de Jehovah), le pasteur Matthias Gafner a répondu à la question que beaucoup d’enfants et des sceptiques se posent: »Le ciel, où se trouve-t-il? »
Sa réponse nous semble tellement simple qu’elle mérite d’être connu et méditer par tous. La mystification de certaines questions n’aident pas à augmenter la foi des chrétiens, mais à augmenter leur peur (ou crainte) du « noir ». Des réponses simples mais intelligentes aident les gens à rétrouver de l’assurance, à ne pas se laisser mystifier par de marchands de miracles. Mr Gafner affirme tout simplement que le ciel est sur terre, car sans ciel nous ne pouvons simplement pas vivre, la vie serait impossible sur terre, qui dit mieux?
Désiré Katompa
Après un premier regard furtif, on pourrait dire : à l’Ascension, les choses rentrent dans l’ordre. Dieu rentre au ciel et nous restons sur terre. Christ a fait son œuvre. Il est devenu homme et a annoncé son Evangile sur terre. Il est mort, il est ressuscité et maintenant, il rentre au ciel chez son père. Là, il est en sécurité après tout ce qui lui est arrivé sur terre.
Le ciel est partout
Est-ce que Ciel et Terre peuvent vivre après Pentecôte comme avant, côte à côte ? Certainement pas. Le Christ s’est approché de nous grâce à son Ascension et il est plus actif que jamais. Car le Ciel est partout. Les couches d’air du ciel se superposent sur plusieurs milliers de kilomètres, jusqu’à la terre. Nous respirons l’air et vivons de l’air. Le ciel n’est pas un endroit au-dessus du monde. Il touche la terre. Certes, il n’est pas visible, mais nous le sentons et il nous fait vivre. Les couches d’air deviennent même plus denses près de la terre et elles traversent tout ce qui est sur terre. Le ciel est entre les arbres, entre les herbes et les épis du blé des champs. Il entoure les hommes et vit autour d’eux. Si le ciel ne touchait pas la terre, nous étoufferions. Parce que le Christ est monté au Ciel, il est maintenant partout : entre les arbres, dans la forêt, et là où nous ne pouvons voir la forêt à cause des arbres.
Le ciel, ce sont de bonnes relations
La tradition chrétienne nous l’a dit dès le début : le Christ a été élevé par la mort et la résurrection et il est assis à la droite du père. Ceci veut dire que Jésus est entré dans une relation accomplie et heureuse avec son père. Quand un amoureux dit à sa bien-aimée qu’il se sent au septième ciel, alors il vit un moment de bonheur dans cette relation. Dans la prière de Notre Père, nous prions que la volonté de Dieu se fasse, au ciel comme sur la terre. Nous souhaitons ainsi que la volonté de Dieu, déjà accomplie au ciel et source de bonheur, puisse également se réaliser ici sur terre. Les éléments qui nous font de la peine sur terre, comme les médisances, les rivalités ou encore les coups du destin, tout ceci doit être résolu, comme c’est déjà le cas au Ciel, car le Ciel va jusque sur la terre. Nous ne vivons pas dans un espace sans air. La maison de Dieu est à côté de la nôtre.
Le ciel vient sur la terre
Nos tentations d’enfants, comme celle de vouloir s’envoler depuis le tabouret de la cuisine en agitant nos bras, ont échoué. Cela nous a fait beaucoup de peine et nous avons dû apprendre que nous ne pouvons pas voler par nos propres moyens. Ce sont ces choses simples et parfois élémentaires que nous devons aussi apprendre dans la religion. Nous ne pouvons pas, par nos seuls moyens, arriver à une relation heureuse avec Dieu. Malgré cela, le Ciel ne nous est pas fermé. Dans sa prière d’adieu du soir, dans l’Evangile de Jean, Jésus prie Dieu de faire un avec lui. « Je suis en lui et lui est en moi », c’est ainsi que cela devrait être. Nous sommes attirés par cette bonne relation. « Comme au Ciel, aussi sur la Terre », cette relation se fait dans le secret. Nous respirons le ciel en permanence. Il entre dans nos poumons, dans notre sang. A travers le cycle de la Nature, il entre aussi dans les plantes et les animaux. Le ciel traverse et remplit tout ce qui vit.
Si seulement nous pouvions mieux voir ce ciel, juste en face de nous! Peut-être devrions-nous mieux exercer nos yeux. Car dans tout ce qui vit, le ciel est présent. Dans la lapine qui nourrit ses petits. Sur le visage des enfants qui courent. Dans le vieillard qui est assis sur un banc. Le souffle de Dieu entre et sort dans tout être vivant. Tout vit grâce à la proximité de Celui qu’on pense être loin de nous.
Merishausen, Ascension 2007 Matthias Gafner
Texte traduit de l’allemand par
Heidi Stahel-KABANGU
