Le jeune Joseph a choisi de ne plus venir « du tout » à Bruxelles. De ce fait, il a perturbé tous les rendez-vous sollicités par lui-même et negativement entame le peu de credibilite qui lui restait. En effet contrairement à ce qu’on aurait voulu faire croire au peuple congolais, Joseph Kabila n’était pas sur invité par le « gouvernement belge » (en affaires courantes). C’était un caprice du président congolais lui-meme.
Mais voilà que celui que Louis Michel avait érronement appellé « l’espoir du Congo » a subitement changé d’avis suite à la mobilisation générale de « ses compatriotes » résolument opposés à son passage en Belgique, aussi bref soit-il. A cela il faut surtout ajouter le peu d’enthousiasme des politiciens belges à le recevoir selon « son rang »; l’echec subi par ses collaborateurs, ses “amis” ainsi que son épouse qui l’ont précédé pour préparer son arrivée;
la note d’information de la sureté d’état, qui a déconseillé au “Rais” un long séjour à Bruxelles.
Le scénario de Nice se repète. Souvenez que Joseph Kabila était attendu au sommet France Afrique de Nice l’année passée, mêmes causes, mêmes effets. Devant la forte mobilisation des congolais, Kabila préferera décliner l’invitation à la dernière minute et se faire représenter par le president de l’ Assemblée Nationale, Vital Kamerhe fraîchement élu. Situation anachronique car le ministre congolais des affaires étrangeres avait été superbement ignoré.
De quoi a t-il peur ?
Les menaces existeront toujours. Tous les chefs d’ Etats sont menacés. Ce qui justifie toutes les depenses liees a leur protection: services des gardes du corps, service de sécurité rapprochée et éloignée. Pourquoi donc Kabila que l’on dit diplomé d’une académie militaire et brave officier, continue malgré tout d’avoir peur comme ça au Congo et à l’ étranger? De qui et de quoi a-t-il peur au point de choisir de vivre dans la quasi-clandestinité tout le temps?
Cette paranoïa cultivée à la tête du pays depuis l’avénement de l’AFDL a fini par toucher presque toute la classe politique, et bientôt toute la société congolaise. Dernièrement en interrogeant un politicien congolais, nous avons été surpris d’entendre l’homme nous dire qu’à Kinshasa très peu de gens connaissent où il dort. Il déclare dormir à un endroit et en fait dort dans un autre endroit… Nous n’avions jamais connu ça dans ce pays des nonchalants, des bons vivants.
Laurent Desiré Kabila avait déjà l’habitude de fuir son ombre. Il avait une peur permanente d’être empoisonné, il dormait un peu partout, voyageait à l’improviste, bref il vivait dans la clandestinité, cultivant le secret à outrance. Cela lui a-t-il sauvé la vie? Le danger était-il là où il le croyait? A chacun d’y repondre.
Proposition et conseils a Joseph Kabila
Si toi Joseph Kabila tu veux vivre en paix avec toi-même, tu ferais mieux de tenter l’expérience de la démocratie, la justice et la transparence. Ecoutes ton peuple qui ne demande pas beaucoup. Le peuple veut la justice, la sécurité et l’égalité. Affronte le, écoute le, et fait ce qu’il te demande, c’est lui le souverain. Ce n’est pas honteux d’agir selon les voeux du peuple qui, du reste, est propriétaire de ce pays. Si tu ne t’en sens pas capable, ce qui est manifeste au regard de tes choix, il vaut mieux démissionner, ça t’évitera de finir comme ton « daddy ». Babelabela muana muntu, wa mufua wa teleja peba (proverbe luba qui signifie quand un père conseille son enfant, que l’orphelin écoute aussi)
(1)Apoudrer = Il a fui (lingala de kin provient de l’expression “prendre la poudre d’escampette”)
