Samedi 2 Avril 2005: A la suite des braquages multiples des véhicules de transport des marchandises et des passagers sur la route Butembo-Goma, des braquages qui ont résulté en des pertes énormes en vies humaines et en capitaux, les opérateurs économiques usagers de la route Butembo-Goma avaient crier leur ras-de-bol par une marche de colère le lundi 28 mars dernier à Butembo…
Le lendemain de la marche de colère, le Président de la FEC/Butembo (Fédération des Entreprises Congolaises) Mr Polycarpe NDIVITO a fait le déplacement de Goma pour remettre en personne la plainte des opérateurs économiques usagers de la route Butembo-Goma au Gouverneur Serufuli dont les milices sont supçonnées de perpétrer les massacres et les braquages décriés par la FEC/Butembo. C’est en réponse à cette plainte des commerçants que AMISI TANGO, Commandant de la Huitième Région militaire est arrivé à Butembo où il a annoncé la création d’un convoi militaire qui opérera entre Butembo et Goma pour sécuriser les automobilistes.
Pratiquement, ce convoi consiste en ceci: Chaque jour, il y aura une heure fixe de départ de Goma vers Butembo et vice-versa. Les automobilistes partant de chacune de ces deux villes feront un convoi des véhicules des civils parsémés des jeeps des militaires pour dissuader les assaillants d’attaquer. Cela veut dire qu’on ne peut plus aller à Goma ou à Butembo quand on veut à moins qu’on prenne ses risques.
Cette pratique en usage au Nord de l’Ouganda depuis des années a déjà démontré ses limites car les assaillants souvent collaborent avec les autorités militaires. Ces autorités affectent pour les opérations d’escorte de convoi les éléments indésirables qu’ils veulent éliminer, et avec consigne les assaillants tirent sur eux avant d’emporter les biens des valeurs leur indiqués par leurs complices de l’escorte.
Et dans le cas du Nord-Kivu, un convoi de ce genre se révèle même très dangereux pour des militaires venant de plusieurs factions et qui se regardent comme chiens et chats. Plusieurs militaires contactés à Butembo dès l’annonce de ce convoi craignent que ce convoi ne soit la stratégie inventée par Serufuli pour immoler les soldats non rwandophones sur l’autel de sa milice du TPD.
La sécurité du Nord-Kivu passe par le désarmement de toutes les milices, le brassage des armées de tout le Congo et non seulement celles du Nord-Kivu et la restoration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national.
L’opération initiée ce matin par la MONUC en Ituri, dans le mesure où elle désarme aussi bien les milices Lendu que les Hema, est celle qu’il faut initier au Nord-Kivu pour désarmer les milices de Serufuli, de Nkundabatware, de Mutebusi, les Nalu de l’ADF, les Banyangole du Graben, les Mai-Mai non signataires de l’Accord Global et Inclusif de Sun City, etc.(Kakule Mathe, Butembo)
