Affaire Franck Ngyke : la Cour empêchée de siéger 2096

La Cour militaire de garnison de Kinshasa/Matete, qui statue au degré d’appel sur la cause qui oppose le ministère public et la famille du journaliste Franck Ngyke aux trois assassins présumés condamnés à la peine capitale et à la réclusion à perpétuité au premier degré, n’a pu siéger convenablement le vendredi 21 septembre dernier. Le retard dans l’extraction des prisonniers du CPRK, l’absence d’un membre de la composition et celle de la partie civile, sont autant d’éléments qui ont milité pour cet empêchement. L’audience éphémère du vendredi 21 septembre denier levée est renvoyée à la huitaine.

Prévue à 9h30 vendredi dernier au siège de garnison militaire de Kinshasa/Matete du Camp Riche de Lemba/Echangeur, l’audience publique du procès des assassins du journaliste Franck Ngyke et de son épouse Hélène Mpaka abattus dans la nuit du 2 au 3 novembre 2005, n’a pu commencer qu’à 13h15. Et ce, pour une durée de 10 minutes.

Juste le temps pour le premier président de la Cour, le colonel Nzau, de déplorer le retard dans l’extraction des prévenus du Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK). Une extraction qui pose souvent problème faute de véhicule approprié pour le transport. Généralement, le ministère public à qui incombe cette tâche recourt à la « réquisition » de véhicules des privés.

On se rappellera que pas plus tard que la semaine dernière, dans ces colonnes, édition n° 4129 du vendredi 21 septembre, nous avons épinglé des dérapages liés à cette pratique par les agents de l’ordre public.

Nous réitérons la demande faite en son temps par le président du tribunal militaire de la même garnison, pour l’affectation par la hiérarchie d’un véhicule au service de la Justice militaire pour que les audiences puissent se tenir aux heures prévues. Chacun y gagnerait en termes de temps et qualité du travail.

Ceci est d’ailleurs le souhait des avocats généralement commis «pro deo» à la défense des prévenus, des journalistes reporters que nous sommes et des juges qui tuent solidairement la journée à attendre des prisonniers sous dôme. « Time is money ! », disent les Anglais, bien que flegmatiques.

Signalons que le premier président de la Cour, après avoir déploré ce retard, a constaté également l’absence de personnes citées à titre de renseignants et surtout de l’absence de la partie civile demanderesse de la visualisation des bandes vidéo en rapport avec l’instruction pré juridictionnelle.

Cependant, rien n’a été dit sur l’absence d’un conseiller (juge) de la composition de la Cour. C’est bien plus tard que sa défection, au motif d’une tournée d’inspection administrative à travers la capitale avec sa hiérarchie, nous est parvenue. Une raison majeure pour que rien n’ait pu se faire.

Comme on peut le constater, les responsabilités dans l’avortement de l’audience du vendredi dernier sont très partagées par les parties en présence. L’on ose croire qu’il n’en sera pas le cas le vendredi 28 septembre prochain. A cette date, les devoirs prescrits demeurent les mêmes : audition des renseignants et visualisation des bandes vidéo.

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