Accusé de sorcellerie, Giress Mutombo meurt, brûlé vif par deux prêtres de l’Eglise Néo- apostolique 715

Liant l’acte à la parole, l’un des deux sortira de la maison pour ramener une bouteille de pétrole qu’ils vont asperger sur les habits de l’enfant avant de mettre le feu. Cette scène macabre s’était déroulée devant son père Thadée Mutombo qui s’était simplement complu à jouer au spectateur passif

Il faut être sans cœur, pour retenir ses larmes devant le corps de Giress Mutombo, 17 ans révolus, élève en première année secondaire, brûlé vif par Martin ét Séba, deux prêtres de l’église Néo Apostolique que son père Thaddé Mutombo avait fait venir à son domicile situé sur l’avenue Kinsaku au quartier III à Kimpese, pour une cérémonie d’exorcisme.
Le jeune Giress était accusé de sorcellerie. Difficile est de comprendre comment un rite d’exorcisme s’est-il mué en crime affreux et comment les prétendus exorcistes sont-ils devenus des criminels patentés.
La petite histoire
A son jeune âge, Thaddé Mutombo eu le petit Giress avec une jeune fille de la commune de Masina à Kinshasa. A la mort de cette dernière, l’enfant était confié à la grand-mère. Plusieurs années après s’être marié, en 2003, Thaddé eut l’idée de prendre l’enfant sous sa responsabilité ; mais comme généralement en pareille circonstance, le séjour de Giress chez son père fut un calvaire.
L’enfant était accusé tantôt d’être sorcier, tantôt d’être voleur. Pour des prunes, Il était souvent privé de nourriture et soumis à toutes sortes de brimades. Chaque fois qu’un membre de famille tombait malade, ou qu’il faisait des cauchemars, la sorcellerie de Giress était toujours et gratuitement mise en cause. La famille Mutombo est tombée au plus bas de la superstition que même les miaulements d’un chat de passage dans la parcelle étaient tenus en suspicion.
Pas plus tard que mercredi 8 mars, Mme Mutombo avait accouché par césarienne et le pauvre Gires en sera non seulement incriminé, mais aussi persécuté jusqu’au plus profond de son être.
C’est ainsi que pour en finir avec la sorcellerie de son fils, Thaddé Mutombo fit venir le dimanche à 22 heures, Martin et Séba, deux prêtres de l’église Néo Apostolique pour une prétendue cérémonie d’exorcisme qui, finalement va se substituer en un meurtre crapuleux.
L’exorcisme érigé en un crime
A l’arrivée des invités, Thaddé Mutombo, son fils Giress et est deux prêtres se sont enfermés dans la maison. Après un semblant de prière, les deux ministres de Dieu qui ne sont certainement pas ce qu’ils prétendent être, se mirent à acculer Giress sous s’inculpation de la sorcellerie. Dieu nous a révélé que tu es sorcier, lâche un prêtre. Et l’autre d’ajouter tu dois avouer pour une absolution, sinon tu vas mourir, mais Giress n’avouera pas sa culpabilité malgré les menaces. L’irréductible opposition de Gires attisa le courroux des bourreaux.
Liant l’acte à la parole, l’un d’eux sortira de la maison pour ramener une bouteille de pétrole qu’ils vont asperger sur les habits de l’enfant, avant de mettre le feu.
Notez que cette scène macabre s’était déroulée devant Thaddé Mutombo qui s’était simplement complu à jouer au spectateur passif. N’est-ce pas là un indice apparent de complicité? L’avenir seul nous édifiera en attendant l’instruction en cours.
Les cris désespérés de l’infortuné alertèrent les voisins qui accoururent au secours du supplicié, dont le corps était déjà la proie d’une flamme rebelle qui n’a pas été facile à maîtriser.
Evacué à l’hôpital, le lundi à 11 heures, Giress, rendit l’âme. C’est le mardi en début d’après-midi que Giress fut conduit à sa dernière demeure.

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