(Christian N. Lembe)
Plusieurs lecteurs de ce journal en ligne, sont de la diaspora. L’intérêt que nous manifestons à la vie socio-politique de notre pays démontre à suffisance un malaise de vivre loin des siens. Dès l’arrivée de grandes vacances, les compagnies d’aviation à destination du Congo se frottent les mains. Des foules énormes débarquent sur le tarmac de N’djili pour rendre visite aux familles.
Néanmoins, il y a aussi une frange considérable qui ne quitte pas l’Occident. 12 ans, 5 ans, voire 20 ans, sans mettre les pieds au bled. Oui, un genre d’aller sans retour. Et pourtant la volonté y est.
Allez au Congo, surtout pour des vacances, nécessite des préparatifs de longues dates. Seul le coût du billet d’avion est près d’un mois de salaire pour les résidents en Belgique. Il faut aussi ajouter les « traditionnels » cadeaux de retrouvailles. Il faut apporter un peu d’Europe en Afrique, souligne-t-on.
Pour ceux qui fuient ce genre de dépense, arrive toujours le moment de le faire. Alors, il en est qui nous revienne avec un air hagard, comme celui qu’avait Moïse en descendant de la montagne.
Mon pays, mon village, ma ville n’est plus ce qu’elle était. Que de changement : le chien du voisin était mort électrocuté. La petite fille d’en face est maintenant mère de 4 enfants, le neveu est aussi grand en taille que soi… De tas de surprises.
Et pourtant cet odyssée est bénéfique pour plus d’un. Se rendre compte que l’on prend un chemin différent de ce que l’on aurait pris si on était resté près des siens. A leur retour, il y a de ceux qui se limitent au constat de désolation. D’autres, plus agguéri s’arme de volonté pour retravailler aux pays. « Notre avenir n’est ici », entendé-je souvent. Où est-il alors ? Au pays ? Alors, s’il faut rentrer au pays, c’est pendant qu’on a encore la force de le reconstruire, et non juste pour aller voir et avoir de quoi raconter à ceux qui n’ont pas fait le voyage avec nous.
