Lorsqu’il a fallu recréer l’Etat israélien, les juifs sont venus de toute part pour prêter mains fortes à ceux qui sont restés aux pays. A l’instar d’Israël dont la communauté est resté uni par dessus les frontières, le Congo peut-il compter sur ses expatriés ?
La communauté internationale a perçu les signes d’une solidarité des congolais expatriés lors des événements de juin dernier. Dans les grandes villes européennes, des Congolais avait pris d’assaut les grands artères pour crier leur indignation face à la reprise des hostilités à l’Est du pays.
« Nous ne pouvions pas rester les bras croisés. Nous avons marché tous ensemble pour crier notre colère ! » avait dit un jeune congolais expatrié à Londres, à un journaliste de Jeune Afrique l’Intelligent. Cela a suffit pour montrer au monde entier que la diaspora congolaise comptait se mettre à l’oeuvre pour la reconstruction de son pays.
Si aux yeux du monde, les congolais ont de plus en plus un sentiment national, comment le percevoir de la part des congolais entre eux ?
Il est dit, « esika ndaku ezotanga, mopaya ayebaka te ». Entendez par là, « seul les habitants d’une démeure savent là où le toît suinte ». Ayant vécu pendant un moment dans l’hemisphère nord du globe, j’ai longtemps observé comment les expatriés de ces pays contribuent au développement de leur terroir d’origine. Plusieurs processus sont organisés : lorsqu’une entreprise privée crée de l’emploi, l’embauche se fait parmi les fils du pays, par exemple. Il existe aussi la déclaration des biens que l’on possède à l’étranger. Ceci est une démarche reconnu légalement. L’investissement à long terme dans son pays.
A part ses grandes lignes, nous avons d’autres petits faits qui montrent le lien entre les expatriés et leurs compatriotes restés au pays. Ce n’est pas seulement un devoir civique, mais aussi l’amour de la terre d’où l’on vient.
Quant aux Congolais, jusqu’à preuve du contraire, je n’ai aucune preuve tangible qui démontre de la solidarité entre les Congolais à l’extérieur et ceux à l’intérieur du pays. Ici, il est d’abord question d’un apport civique.
Un congolais vivant en France nous a appris le décès de son frère, mort d’une pénible maladie. Son décès était plus conséquence de la négligence dont il a été l’objet. Tant des dirigeants des maisons de santé, que de la famille manquant les moyens nécessaires. C’est ainsi que le frère du défunt a décidé d’écrire une lettre en marge de la journée mondiale contre le sida, aux autorités des organismes internationales pour sa consternation face à la prise en charge de cette maladie dans les pays du sud. Une initiative bien trouvé, n’est-ce pas ? Qu’en serait-il si chacun des frères des morts de la guerre que connaît le Congo depuis 1998 aurait écrit une lettre pour réclamer justice auprès des gardiens internationales de la paix ? Cette vague de lettre sur le script de l’Onu aurait changé les choses, d’une manière ou d’une autre.
Pour revenir à l’événement du 2 juin. Sur la place publique, on a plus l’impression qu’il s’agit des actions réactionnaires, ponctuels. Ce genre d’événement sont souvent classés sans suite. Les différentes associations des Congolais vivant à l’étranger ne sont que les échos disproportionnels des actes posés à Kinshasa, rien n’est à long terme. Lorsqu’il faut travailler avec les frères au pays, on agit dans une visée misérabilistes. Nos frères ont faim, il faut les aider. On donne du pain, au lieu d’apprendre à pêcher à nos frères.
Pour concrétiser ma pensée, j’aimerai que chaque congolais vivant à l’étranger redefinisse ce qu’il en tant par solidarité par rapport aux frères aux pays. Dans une visée pragmatique, et sans trop de comparaison avec ce que font les autres, on devrait trouver nous même les voies de sortir notre pays de la crise. On dit que celui qui a beaucoup voyagé a plus d’expérience que le vieillard assis devant sa case.
Que nos expériences à l’étranger profite aux notres, en profitant à nous même d’abord.
