Honoré Ngbanda vient de publié des images des « négociations ou pourparlers » entre Nkunda et le général John Numbi des FARDC en mars 2007. Le même Nkunda que le président Kabila prétendait ne pas connaitre il y a quelques semaines. Ces images datent du 23 mars 2007. Le 23 mars 2007 à Kinshasa la FARDC était occupé à desarmer les 300 hommes de troupes de Bemba provoquant en passant une vraie hecatombe dans une ville de 10.000.000 d’habitants, sans état d’âme aucune. La vision de ces photos ne peut que révolter les congolais, les vrais. Cette attitude face à un homme que l’on prétend être l’ennemi public n°1, sur qui pend un soi-disant mandat international qui n’a aucun mandat politique, c’est troublant. Ci-dessous la lettre ouverte de Honoré Ngbanda au peuple congolais dans son intégralité.
Les observateurs avertis de la situation politique de la République démocratique du Congo viennent de vivre, durant la semaine qui vient de s’achever, le dernier épisode en date de ce qu’il est désormais convenu d’appeler « le feuilleton de la guerre à l’Est ». Ce feuilleton disions-nous, dont le scénario a été écrit longtemps à l’avance par de puissants lobbies politico- financiers de la maffia internationale, est joué de main de maitre par les « trois frères » rwandais que sont Hippolyte Kanambe dit « Joseph Kabila », Paul Kagamé et Laurent Nkundabatware.
Joseph Kabila, l’usurpateur à la tête des institutions de notre pays, vient en effet d’effectuer un séjour de quatre jours à Goma, dans l’Est de la République pour « évaluer la situation sécuritaire, militaire et politique » de cette partie du territoire congolais. Il y a multiplié des déclarations tonitruantes allant de l’ultimatum jusqu’à donner le feu vert au commandement militaire pour commencer à préparer le désarmement forcé des troupes de Laurent Nkundabatware !
Au bout du compte et après tous ces effets d’annonce, le peuple congolais attend toujours sur le terrain des enjeux, les premiers résultats palpables qui hélas ne viendront jamais! Et pour cause. Dès son arrivée à Goma dimanche 14 octobre, « Joseph » s’était éclipsé discrètement la même nuit pour rencontrer ses frères Paul Kagamé, James Kabarebe et Laurent Nkundabatware à Gisenyi, laissant les congolais de son entourage plongés comme d’habitude dans les distractions nocturnes des hôtels de Goma. Et c’est là que les choses sérieuses se sont dites et les décisions stratégiques ont été prises. Tout le reste qui a suivi n’a été que de la mise en scène et de la poudre aux yeux des congolais ! Nous l’avions signalé au peuple congolais le jour même pour dénoncer une fois encore le double jeu de l’imposteur que la communauté internationale a imposé au peuple congolais.
Dans ces mêmes colonnes également, nous avions une fois de plus souligné le fait que « les trois frères » forment ensemble un triumvirat qui œuvre pour la même cause à savoir l’expansionnisme rwandais à l’Est de la RDC. Les rôles des trois acteurs politiques et militaires sont soigneusement répartis et méticuleusement exécutés dans un scénario bien huilé qui laisse beaucoup de congolais dans le brouillard le plus total. C’est pour cette raison que nous sommes contraint de revenir chaque fois à la charge pour aider le peuple congolais à trouver ses repères dans cette nébuleuse, et à ne pas prendre les mirages qu’on lui présente pour des réalités.
Chaque fois que « Joseph », leur pion central au cœur des institutions de la RDC se retrouve en grande difficulté à cause de la pression populaire, il fait aussitôt appel au joker Laurent Nkundabatware et lui demande de desserrer un peu l’étau à l’Est pour le soulager aux yeux de l’opinion nationale. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le deal est directement suivi d’effets sur le terrain : on commence à enregistrer « l’avancée des troupes gouvernementales » et la « prise » de quelques localités jusque là occupées par les troupes de Nkundabatware. Ces « percées » des troupes des FARDC sont directement relayées et surmédiatisées par les organes de presse à la solde du régime d’occupation sous des titres à la Une du genre « Les FARDC ont le vent en poupe » ou encore « Laurent Nkundabatware lâche du lest devant l’avancée des troupes gouvernementales ». Et voilà, le tour est joué !
On aimerait tellement que cela soit vrai. Mais malheureusement la réalité est toute autre et le peuple congolais n’est plus dupe. Les nouvelles qui nous parviennent du front n’ont hélas pas de quoi réjouir le peuple congolais. On parle de dérèglement total de la structure de commandement des FARDC ; de conflits de personnes à la tête des FARDC ; on nous signale même la perte de deux chars de combat tombés dans les eaux sans compter d’autres difficultés d’ordre logistique et opérationnel qui n’augurent rien de bon…
Pendant que nos troupes s’embourbent sur le terrain, « les trois frères » eux en profitent pour tisser leur toile autour de la partie orientale de notre pays et ce par tous les moyens. Pour preuve, les derniers ultimatums lancés par Joseph Kabila à Laurent Nkundabatware peuvent sembler à première vue comme une volonté d’en finir militairement avec ce dernier. Mais selon la stratégie secrète des trois hommes, ce geste apparemment dur est conçu pour appeler l’intervention « prévue » de la Communauté internationale invitant les parties en conflit à la table de négociations politiques en vue de mettre un terme aux hostilités. Ce serait une aubaine et la meilleure des façons pour Laurent Nkundabatware d’obtenir par la négociation politique ce qu’il tente d’obtenir par la voie des armes, à savoir un territoire pour ces frères rwandais dans la province du grand Kivu !
Il est appuyé pour cela par Paul Kagamé, le cerveau pensant de toute cette opération. Dans une interview qu’il a récemment accordée à l’Agence Reuter le 10 septembre dernier, Paul Kagamé ne cache pas son soutien à son frère Nkundabatware en déclarant : « Vous ne pouvez vous débarrasser de ce problème au Congo sans appliquer l’option politique, parce que les causes sous jacentes de ce problème sont principalement politiques. Cet homme, Nkundabatware, que vous l’aimiez ou non, et quelles que soient les erreurs que vous puissiez lui reprocher, a des griefs politiques qui sont légitimes. » Voilà qui est clair comme de l’eau de roche !
Reprenant la partition à son tour, un autre « frère » qui préfère qu’on l’appelle « mwanyamulenge », vient de renchérir dans le même sens. En effet, Monsieur Azarias Ruberwa, pour ne pas le citer, dans un entretien sur RFI le 18 octobre dernier a déclaré : « j’en appelle à la conscience du gouvernement pour régler la condition du Tutsi congolais Nkundabatware, qui est finalement un sous-homme dans sa propre contrée.» C’est nous qui soulignons. Les spectres de l’apartheid et du génocide ne sont visiblement pas très loin !
Après toutes ces déclarations, il faut être faible d’esprit pour ne pas détecter le lien qui unit tous ces « frères » rwandais autour d’un idéal commun contre notre pays. Tout est entrain d’être fait pour préparer l’opinion nationale et internationale aux « négociations politiques » à venir entre le gouvernement congolais et le mouvement de Laurent Nkundabatware. Quel homme sain d’esprit pourrait en effet s’opposer aux négociations pour la paix ? Mais ce qui est à craindre, c’est le but caché visé par ces négociations. Et comme nos voisins savent par expérience que les dirigeants politiques congolais ne préparent jamais les dossiers techniques des négociations politiques, les cas Sun City est encore tout frais dans les mémoires…, chacun peut aisément imaginer la suite !
Plus que jamais donc, le peuple congolais a le devoir sacré de se lever comme un seul homme pour barrer la route à ce sinistre projet, sous peine d’hypothéquer définitivement l’avenir de notre pays en tant qu’Etat et de notre peuple en tant que Nation.
Car de son côté, Joseph Kabila n’est pas en reste. Il s’emploie actuellement à dégarnir la ville de Kinshasa (en proie à une forte grogne sociale ; notamment chez les hommes en armes) en la vidant de tous ses militaires congolais (qui sont envoyés au front à l’Est) pour les remplacer par des militaires étrangers chargés de le défendre en cas de soulèvement populaire ou tout autre mouvement de masse. C’est ainsi que des bataillons entiers des militaires FARDC quittent précipitamment la capitale pour l’Est où ils sont laissés à l’abandon.
C’est pourquoi l’APARECO réitère par ma voix son appel patriotique à tous les militaires congolais, particulièrement ceux de la garnison de la ville de Kinshasa les invitant à refuser d’obéir aux ordres de la hiérarchie visant à les envoyer à l’Est. Le pays compte plusieurs bases militaires à l’Est proches du champ de bataille. Pourquoi dégarnir l’Ouest alors qu’il y a suffisamment de réserves à l’Est ? L’APARECO invite au contraire tous les officiers et militaires congolais de la capitale à se tenir prêts pour soutenir, le moment venu, son peuple en vue d’arrêter ce processus de balkanisation de notre pays, et de mettre un terme à l’humiliante occupation de notre territoire national. Que chacun se tienne donc prêt à rejoindre le camp de la souveraineté et de la patrie en tournant son fusil contre l’occupant et en protégeant nos populations.
Le temps est venu de dresser nos fronts longtemps courbés et de redonner sa dignité à notre peuple.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple !
Paris, le 23 octobre 2007.
Honoré NGBANDA NZAMBO KO ATUMBA
Président National de l’APARECO.
