Voici une correspondance particulière qui nous est tombé dernièrement:
« Il nous revient de Kinshasa, que le parti des lumumbistes unifiés (PALU) affiche un comportement indigne et très peu démocratique en RDC et spécialement dans la capitale, kinshasa. Le parti du premier ministre impose une véritable dictature en RDC pire que le MPR. Tous les jours des cellules de ce parti se réunissent dans différents coins de la république autour des photos du premier ministre.
Les membres du PALU obligent les mamans des marchés, les policiers des communes, les jeunes chegués à chantonner des hymnes en l’honneur de leur président et racontent des histoires héroïques de GIZENGA et passent leurs temps à critiquer TSHISEKEDI et BEMBA.
Chaque matin de 6:00 à 9:00, la même scène se répète, comme un rituel ; des foules se regroupent autour des effigies de GIZENGA ( commandées à Bruxelles auprès de l’ambassadeur Jean-Pierre Mutamba) et des centaines des gens chantent en sa gloire, des chroniqueurs relatent les hauts faits de ce dernier et expliquent aux passants les cinq chantiers de joseph kabila ainsi que l’implication de GIZENGA dans la réalisation de ces projets et personne ne peut s’opposer au risque d’être arrêté et transféré en prison.
Ils oublient de dire aux congolais que GIZENGA n’a ni lu, ni écrit depuis 46 ans et qu’en cultivant la haine envers les vrais leaders de l’opposition, la population qui n’est plus naïve les attend au tournant. Ce monsieur est à la tête d’un gouvernement pléthorique et budgétivore qui n’a encore rien fait de palpable depuis sa mise en place.
Après 32 ans de MOBUTU et plus de 10 ans de KABILA, les congolais n’ont plus besoin de dictature. Nous avons été aux élections pour qu’une ère nouvelle voit le jour .
Monsieur GIZENGA, vous vous engagez dans une voie dangereuse »
D’après cette correspondance particulière de Mr Paulin KAMATE, depuis un certain temps les partisans de Antoine GIZENGA, le premier ministre actuel de Joseph Kabila, ont instauré un veritable culte en la personne de leur leader charismatique. Cette ferveur a toujours existé au sein du PALU, le fait nouveau c’est la provocation vis à vis de tous ceux qui ne partagent pas leur ferveur, plus particulièrement les combattants de l’UDPS. Quand nous disons fait nouveau, c’est un peu exageré car la rivalité a toujours été vive entre le PALU et l’UDPS. Ces deux partis politiques revendiquant chacun le leadership de l’opposition.
S’il y a deux mouvements qui se sont illustrés pendant la dictature de MOBUTU et lui ont mené une opposition frontale de l’intérieur, c’est bien l’UDPS et le PALU. Dans les années 80,l’UDPS mènera beaucoup d’actions de terrain dont un meeting réprimé dans le sang en plein place KASA VUBU à Kinshasa. Sans oublier ni négliger de nombreuxses actions individuelles et spectaculaires à travers le pays. Le PALU de son côté mènera aussi des actions qui vaudront à ses combattants de goûter le « ngondo » de la DSP. L’une des plus spectaculaires sera la marche sur le boulevard du trente juin, menée par la célèbre Mme Mpakassa qui a maintenu le flambeau du PALU sous la dictature.
Au moment de la libéralisation de la vie politique du CONGO, les deux mouvements revendiqueront les dividendes de cette victoire d’étape. Au charisme de TSHISEKEDI, les combattants du PALU opposaient le mystérieux pouvoir de GIZENGA…
Les rencontres entre les deux leaders sont à compter sur les doigts de la main. Pourtant, les deux partis ont leur siège dans la commune de LIMETE, les deux chefs habitent la même commune de LIMETE (ils ont même été quasi voisins à une époque, jusqu’à la destruction de la résidence de GIZENGA par la garde prétorienne de MOBUTU pour des raisons à ce jour inexpliquées).
Il faut à la vérité dire que tout ou presque oppose les deux hommes. Idéologiquement TSHISEKEDI ne s’est jamais présenté comme lumumbiste et n’a jamais appartenu à cette mouvance, l’UDPS est un parti démocratique et fédéraliste affirmé. Le PALU s’est toujours afiché comme nationaliste unitariste et lumumbiste. De plus, la main mise de GIZENGA sur le PALU était incontestable alors que l’UDPS avait une structure moins personnel avec un directoire, un collège des fondateurs… (bien sur aujourd’hui l’UDPS a évolué vers une organisation assez personnel comme le PALU, beaucoup des membres vouant un véritable culte à la personne du président national).
Les événements qui nous sont décrits ici dans cette correspondance, n’ont rien à voir avec l’idéal que ces hommes ont défendu durant des années. Ces comportements ne font que renforcer la conviction de beaucoup d’observateurs que la démocratie au Congo n’est pas pour cette génération qui pourtant a tant payé pour son émergence.
Il ne faut pas s’engager dans le combat politique pour défendre un homme, quel qu’il soit, mais pour défendre des idéaux, des principes, un système de gestion du pays et surtout ses propres intérêts! On ne peut pas se trahir soi-même, alors qu’un homme aussi droit soit-il finira toujours par vous « trahir », vous oublier ou changer de position sans vous demander votre avis. Attachons-nous aux projets politiques, plutôt qu’aux
hommes.
